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Rechute réellement ? Vous ne pouvez pas dire qu'on ne vous avait pas prévenu... ; )

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François Hollande veut croire que le "retournement économique" est sur les rails malgré les à-coups de la
conjoncture. © PASCAL POCHARD-CASABIANCA / AFP

La stagnation de l'activité économique enregistrée de janvier à mars fait douter de la prévision de croissance du gouvernement pour 2014.

Politiquement, le coup est rude pour François Hollande. Alors que le président vient d'annoncer que le "retournement économique arrive", l'Insee annonce que la croissance française au premier trimestre a été... nulle. Bien sûr, économiquement, le chef de l'État se doit d'être optimiste et de parler de l'avenir, car la confiance des agents économiques est un élément indispensable à une véritable reprise. Sauf qu'en attendant, la parole présidentielle paraît de moins en moins crédible pour les Français, qui vivent la conjoncture au jour le jour.

À première vue, l'annonce de l'Institut de la statistique et des études économiques n'est pas une catastrophe. Dans sa dernière note de conjoncture publiée en mars, il tablait sur une maigre progression de la richesse nationale de 0,1 % de janvier à mars. Que ce chiffre tombe à zéro n'est pas en soi très significatif. D'autant qu'il pourra encore faire l'objet de révisions à l'avenir, comme c'est souvent le cas. "Cette croissance nulle s'inscrit en contrecoup de la progression de 0,2 % au 4e trimestre 2013, dopée par les achats anticipés et les changements divers de la fiscalité du début de l'année. Elle porte aussi la trace des températures hivernales inhabituellement douces qui ont pesé sur les dépenses d'énergie", relativise ainsi Helène Baudchon, économiste au sein du département de la recherche économique de BNP-Paribas.

Une consommation des ménages en fort recul

Si des éléments temporaires ont joué, l'étude des différentes composantes de cette stagnation "réserve quelques surprises qui laissent une impression défavorable", prévient aussi la spécialiste. Sur les trois premiers mois de l'année, quasiment tous les moteurs de l'activité ont viré au rouge. La consommation des ménages s'est repliée de 0,5 %, un mouvement plus important que celui attendu par l'Insee. Le contrecoup de l'anticipation, fin 2013, du malus automobile au 1er janvier 2014 et du déblocage anticipé de l'épargne salariale de 2013 était certes prévisible, mais le décrochage est net. "La baisse de la consommation fait plus qu'effacer la croissance observée au quatrième trimestre", relève Fabrice Montagné, à la recherche économique de la banque Barclays.

La chute de l'investissement des entreprises est de même ampleur, à 0,5 %. Au total, avec le recul de l'investissement des ménages (logements) et des administrations publiques, le repli atteint 0,9 %. Quant aux exportations, leur progression ralentit fortement (+ 0,3 %), alors que les importations progressent.

Il n'y a guère que la consommation de la sphère publique et la reconstitution des stocks des entreprises, notamment de produits pétroliers raffinés, pour tirer l'activité. "Hors stocks, le PIB français chute de 0,6 % au premier trimestre", s'alarme l'économiste Marc Touati, dans une note de "réaction à chaud". "C'est clairement un mauvais chiffre", confirme Fabrice Montagné, d'autant que le rebond des stocks reste mal expliqué. La stagnation de l'activité peut être d'autant plus mal interprétée que, dans le même temps, le moteur allemand a tourné à plein (+ 0,8 %), ce qui aurait dû aider.

Une prévision de croissance menacée ?

Reste à savoir si le mauvais chiffre français du premier trimestre peut compromettre la prévision de croissance du gouvernement pour 2014 de 1 %, sur laquelle il a basé sa capacité à ramener le déficit à 3,8 % du PIB. Pour le ministre des Finances Michel Sapin, c'est sans surprise encore atteignable : "1 %, c'est le chiffre que tous les observateurs donnent. La prévision du FMI pour la France, c'est 1 %, donc nous sommes dans des chiffres qui sont parfaitement des objectifs raisonnables." Marc Touati fait preuve de beaucoup moins d'optimisme. Le directeur du cabinet Acdefi estime qu'"une performance d'environ 0,8 % est plus probable".

Dans une note publiée mardi, le cabinet d'études sectorielles Xerfi s'alarmait d'ailleurs de voir que "des secteurs entiers restent en marge du redressement ou s'enfoncent", comme le BTP. "La construction neuve de logements ne cesse de plonger et s'est rapprochée du plancher des 320 000 mises en chantier en mars (cumul sur les douze derniers mois), son plus faible niveau depuis février 1999." Beaucoup incriminent les velléités de l'ex-ministre du Logement, Cécile Duflot, d'encadrer les loyers.

De mauvais augure alors "qu'il faudrait désormais à peu près 0,4 % par trimestre pour arriver à 1 %, ce qui signifie un rythme de croissance du PIB plus élevé qu'aux trimestres précédents, ce qui impliquerait un changement de régime qu'on ne voit pas venir", prévient Fabrice Montagné.

 

Source : Lepoint.fr

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