0.0 of 5 (0 Votes)
Temps de lecture : 1 min

Comme on l’avait prévu, et on vous en parlait hier, fort de la montée des prix des matières premières, les récents succès tunisiens et égyptiens irradient jusqu'en Algérie et au Yémen, enfin plus généralement dans les pays méditerranéens. Les manifestations étant interdites en Algérie en vertu de l'état d'urgence en place depuis 1992, cela fait dix ans que les Algériens n’avaient pas marché de concert sur Alger (décidément ils sont patients !). Vous pouvez suivre (en information complémentaire) la marche presque en direct, grâce à un de vos ‘frères’. Algérien, internaute dévoué, kaskeetahamra (si vous croyez encore descendre de néanderthal il faudra vous faire à l’idée). À ce sujet, ne manquez pas Marine Le Pen Vs Jean-Luc Mélenchon demain 14 février 2011 sur BFMTV). Bouteflika n’avait plus le choix et a dû se limiter à faire ‘encadrer’ de 26,000 policier les 10,000 manifestants ! Avec le même mot d'ordre (français !) que les Égyptiens : Bouteflika « Dégage », les Algériens se sont donc regroupés place du 1er-Mai. C’est alors que Me Ali Yahia Abdenour, président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme, bien qu'âgé de 83 ans, s’est vu molester par les policiers, alors qu’il était prié de « rentrer chez lui », ce qui a provoqué chez lui un malaise. Les manifestants ont donc été contenus et le FIS (bien que dissous) représentant  la tendance islamique, c’est aussi joint bruyamment au cortège et on été embarqués. On notera plus de 400 arrestations, dont des femmes et des représentants de la presse étrangère. Le pouvoir conscient de la gronde qui veille et de la chape de plomb qui étouffe l’Algérie (à la manière d'une Cocotte-minute) a annoncé la levée, dans un avenir proche, de l'état d'urgence.

ALGER (AP) — Plusieurs milliers de personnes ont défié la police et bravé l'interdiction de manifester samedi à Alger, se rassemblant place du 1er-Mai pour crier leur besoin de démocratie et de liberté. Aspirations portées par la chute, la veille, de l'autocrate égyptien Hosni Moubarak, un mois après celle du Tunisien Zine el Abidine ben Ali.

Ce qui aurait dû être une marche pacifique, à l'appel de la Coordination nationale pour le changement démocratique(CNCD), s'est ainsi transformé en rassemblement, à cause d'une armada policière déployée à Alger et à sa périphérie, dès le petit matin: les manifestants, 10.000 selon les organisateurs, 1.500 selon des sources policières, ont été cantonnés à la place du 1er-Mai, point de rendez-vous d'où devait s'ébranler la marche, en direction de la place des Martyrs, soit un parcours de cinq kilomètres.

Me Ali Yahia Abdenour, président de la Ligue algérienne de défense des droits de l'homme, bien qu'âgé de 83 ans, a été la première personnalité de la Coordination à arriver sur place. Aussitôt, il est encerclé par une escouade de policiers qui tentaient de la convaincre de "rentrer chez lui".

"Vous ne nous empêcherez pas de manifester, votre armada policière ne nous impressionnera pas", ripostait vivement le vieux militant des droits de l'homme, prenant dans la foulée un coup sur la main avant de faire un malaise. "Un peu de respect pour son âge", a lancé, furieux, le numéro deux de la Ligue, Me Moustapha Bouchachi. Entre-temps, les manifestants ayant réussi à échapper aux barrages successifs dressés sur les routes menant vers Alger arrivaient par petits groupes place du 1er-Mai, aux cris de "Bouteflika dehors !", "non à l'Etat policier !".

Face à la foule qui grossissait, la police s'était déployée en cordon circulaire pour empêcher les manifestants d'avancer. "Y 'en a marre de ce pouvoir !", "Algérie libre et démocratique", "pouvoir assassin!", scandaient les manifestants face au cordon de policiers retranchés derrière leurs boucliers.

Les plus déterminés ont été interpellés et embarqués dans des fourgons cellulaires vers les commissariats du Champ de Manoeuvres et de Cavaignac.

Au cours d'un point de presse improvisé, Ali Yahia Abdenour a fait état de "plus de 400 arrestations, dont des femmes et des représentants de la presse étrangère".

A ses côtés, Saïd Sadi, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), lance : "26.000 policiers pour empêcher une marche pacifique, cela témoigne non pas de la force, mais de la peur du pouvoir qui est aux abois. Nous allons continuer à manifester, à défier ce pouvoir jusqu'à ce qu'il tombe".

Face à la foule augmentant en nombre, la police a alors reçu l'ordre d'intervenir, tentant de fractionner des groupes de manifestants pour mieux les maîtriser.

Un groupe d'une vingtaine de jeunes pro-gouvernementaux, venus des cités entourant la place du 1er-Mai, se mettent quant à eux à lancer d'autres slogans : "Bouteflika n'est pas Moubarak !", "Armée et peuple sont avec toi, Bouteflika".

Ali Ben Hadj, ancien numéro deux du Front islamique du Salut (FIS, dissous), arrivé sur la place, entouré de centaines de manifestants criant avec lui, "le système doit tomber!, le système doit tomber!", a été arraché par des policiers qui l'ont poussé dans le fourgon cellulaire.

Vers 13 heures, les manifestants ont commencé à se disperser, alors que les leaders de la Coordination avaient déjà quitté les lieux pour un rendez-vous avec la presse.

"Au-delà du chiffre, cette manifestation est une réussite, cela fait dix ans que les gens n'ont pas pu marcher à Alger, le mur psychologique de la peur est tombé, il faut maintenant savoir entretenir cette dynamique pour la faire aboutir à la chute du régime", a estimé Ali Rachedi, ex-premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS).

Et Me Bouchachi d'ajouter : "Nous allons continuer à nous battre, l'exemple nous est donné par nos frères tunisiens et égyptiens".

Les manifestations sont interdites en Algérie en vertu de l'état d'urgence en place depuis 1992, et dont la levée est une des premières revendications des manifestants. Cette marche intervient à un moment clé: le vent de révolte et de renouveau qui souffle sur le monde arabe a déjà fait tomber, en un mois, deux autocrates installés au pouvoir depuis des décennies. Un mouvement qui réveille les espoirs de démocratisation en Algérie, où la tension est forte depuis début janvier, marqué par cinq jours d'émeutes contre la hausse des prix alimentaires. Après avoir annoncé la baisse des prix du sucre et de l'huile, le pouvoir, craignant la contagion tunisienne, a annoncé la levée, dans un avenir proche, de l'état d'urgence.

Ce dernier avait été instauré lors de la décision, prise par l'armée en janvier 1992, d'interrompre le processus électoral législatif pour empêcher la victoire des islamistes du FIS. Une décision qui déclencha l'insurrection, plongeant l'Algérie dans une décennie sanglante de guerre civile et de massacres, qui fit quelque 100.000 morts, et dont le pays peine à se remettre. AP

Source : Nouvel Obs

Vous aimez ce que vous lisez ? Notre travail est gratuit et indépendant, mais il a un coût. Vous pouvez nous soutenir librement grâce à un don via Tipeee ou PayPal. Si vous ne pouvez pas nous aider financièrement (ce que je peux comprendre parfaitement), vous pouvez partager les articles sur vos réseaux sociaux, et parler du site autour de vous. Merci à celles et ceux qui rendent tout cela possible.

Informations complémentaires :

 

Partager sur les réseaux sociaux

Publier 0Nombre de partages sur X
0Nombre de partages sur X
Partager 0Nombre de partages sur Facebook
0Nombre de partages sur Facebook
Partager 0Nombre de partages sur Linkedin
0Nombre de partages sur Linkedin
E-mail 0Nombre de partages sur Email
0Nombre de partages sur Email
WhatsApp 0Nombre de partages sur Whatsapp
0Nombre de partages sur Whatsapp
Télégramme 0Nombre de partages sur Telegram
0Nombre de partages sur Telegram

1000 Characters left


 

Vous appréciez Crashdebug.fr ?

Pour nous soutenir, vous pouvez nous aider à financer ce serveur :

Faire un don ponctuel via paypal

Faire un don ponctuel ou mensuel via Tipeee

Ne perdez rien de notre actualité, rejoignez-nous sur Twitter (X), Youtube, ou Facebook ou encore Telegram (pas de filtrage algorithmique), avec la censure de Google, nous avons plus que jamais besoin de votre soutien.

Tous les commentaires publiés sont sous la responsabilité de leurs auteurs respectifs. Crashdebug.fr ne saurait être tenu responsable de leur contenu ou orientation.

Vidéo bloqué qui ne se lance pas ?

Comment nous contacter ?

Vous avez des questions ?

Merci,

Sites ami(e)s