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Al Nostra 18 03 2016

Au sein de l’opposition syrienne, le nom de Jamal Maarouf suscite des commentaires diamétralement opposés. Certains sont reconnaissants à cet ex-ouvrier du bâtiment, qui commanda le Front des révolutionnaires syriens (FRS), une brigade rebelle modérée, d’avoir été le principal artisan de « la deuxième révolution syrienne », à savoir l’expulsion des djihadistes de l’Etat islamique (EI) des provinces d’Idlib, de Hama et de la ville d’Alep, en janvier 2014.

D’autres, vouent aux gémonies ce chef de guerre de 41 ans, éphémère favori de l’Arabie saoudite et des Américains, qui a sali l’image de la révolution et contribué à affaiblir son bras militaire, l’Armée syrienne libre (ASL), en se livrant à des exactions dans les régions sous son contrôle. Depuis son exil forcé en Turquie, à l’automne 2014, suite à l’écrasement de ses troupes par le Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaida, Jamal Maarouf était resté quasiment silencieux. Le Monde l’a rencontré en janvier dans une banlieue du sud de la Turquie où il réside.

Le Monde – Avez-vous gardé des contacts avec l’Arabie saoudite et les Etats-Unis qui vous ont armé et financé pendant un temps ?

Le MOM [la cellule de soutien aux rebelles, installée en Turquie, sous l’égide des services secrets américains] a cessé tout soutien le jour où j’ai fui en Turquie. Depuis, je n’ai plus eu de contact avec les Américains et les Saoudiens. A vrai dire, ils m’ont complètement lâché. Ils savaient que j’étais assiégé par Nosra. J’ai appelé le MOM et j’ai demandé des bombardements sur les positions de Nosra, en leur fournissant des coordonnées GPS. Mais ils n’ont pas réagi. Seule la Turquie a facilité ma fuite, en ouvrant la frontière sur mon passage.

Quels types de soutien receviez-vous du MOM ?

Un soutien financier essentiellement. De juillet à octobre 2014, on a reçu chaque mois la somme de 250.000 dollars, à diviser entre 4500 combattants, soit environ 50 dollars par personne. Le soutien militaire était plus faible. Ils nous fournissaient des balles principalement. On avait déjà des armes, qui provenaient pour l’essentiel des entrepôts du régime, dont nous nous étions emparés. Nous avons reçu une seule cargaison de missiles anti-tanks TOW [livrés par l’Arabie saoudite, avec l’assentiment de la CIA]. Il y en avait dix. L’offensive contre l’EI, en janvier 2014, a été menée sans le moindre soutien international. Pas une seule brigade de l’ASL n’a pu rééditer ce que nous avons fait à cette époque. Car aujourd’hui, l’ASL est sous la coupe de Nosra.

Que voulez-vous dire ?

Les chefs actuels de l’ASL sont obligés de composer avec Nosra, qui prélève une partie de l’aide humanitaire et militaire qui leur est envoyée. Les leaders de Nosra leur laissent les missiles TOW car ils ne sont pas bêtes. Ils savent que s’ils les saisissent, les livraisons cesseront aussitôt.

Et ils ont besoin de ces missiles pour détruire les tanks du régime. En gros, Nosra dit à l’ASL où et comment les utiliser. Les principaux chefs de l’ASL, comme Farès Bayoush et Ahmed As-Saoud [le chef de la « divison 13 », dont les bases à Maaret Al-Nouman ont été récemment saisies par Nosra] sont obligés de se faire tout petits. L’ASL est terriblement handicapée, mais c’est toujours mieux que rien.



Source : news360x.fr

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