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Le président turc semblait avoir enrayé, samedi 16 juillet au matin, la tentative de coup d’État par l’armée.

Les affrontements auraient provoqué la mort d’au moins 265 personnes. Plus de 2800 militaires ont été arrêtés par les loyalistes.

Update 18.07.0216 : (Blacklistednews.com)

Turquie 16 07 2016
Des partisans du président Recep Tayyip Erdogan samedi 16 juillet sur un tank de l’armée qui avait pris position
sur un des ponts sur le Bosphore à Istanbul. / YASIN AKGUL/AFP

Ce samedi matin 16 juillet au matin, la Turquie s’est réveillée KO, après une nuit particulièrement confuse, et un premier bilan très lourd : au moins 265 morts parmi les loyalistes et les putschistes, et plus de 1 000 blessés.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan semblait avoir repris la main samedi matin après une tentative de putsch sanglante de militaires rebelles à laquelle se sont opposées des forces loyalistes et des dizaines de milliers de personnes descendues dans les rues du pays.

> À lire aussi : Tentative de coup d’État en Turquie

Le premier ministre Binali Yildirim a indiqué que 2 839 militaires avaient été arrêtés en lien avec cette tentative qu’il a qualifiée de « tache » sur la démocratie turque. Un hélicoptère militaire a atterri samedi matin à l’aéroport d’Alexandroupolis, en Grèce, avec à son bord huit hommes qui ont demandé l’asile et été arrêtés. La Turquie a émis dans la foulée une demande d’extradition concernant ces huit hommes, qui pourraient être les instigateurs de la tentative de putsch.

Fethullah Gülen pointé du doigt

Pour le président turc, l’origine de cette tentative de putsch ne fait pas mystère : ce sont les « forces parallèles », comme est ainsi désignée la nébuleuse gravitant autour de l’imam Fethullah Gülen, ancien allié du président turc devenu son ennemi intime.

Ce samedi matin, alors que le flou règne encore sur la situation politique dans le pays, les rues d’Istanbul ont totalement été désertées par les piétons, tandis que certains commerces ont préféré baisser le rideau, en attendant de voir comment la Turquie se remettra de sa première tentative de putsch depuis des décennies.

> À lire aussi : Quand la Turquie vivait au « temps des coups d’État »

Pour la première fois, l’armée turque, qui a déjà par le passé déposé des gouvernements civils, a éclaté en deux camps divergents. Le putsch raté a été dénoncé dès le début par l’ensemble des partis politiques, y compris par l’opposition à Recep Tayyip Erdogan.

Réunion du Parlement

Les députés turcs se sont réunis en urgence samedi matin, alors que le Parlement a été touché à de nombreuses reprises par des tirs dans le courant de la nuit. Le palais présidentiel et d’autres bâtiments officiels ont également été visés par des tirs, parfois à l’arme lourde.

> A lire. Erdogan accentue sa mainmise sur le pouvoir en Turquie

Vendredi soir, c’est d’abord par une valse intrigante d’hélicoptères dans le ciel stambouliote, vers 22 heures que les Turcs ont constaté une situation anormale qui se profilait. Quelques minutes plus tard, l’annonce de la fermeture des deux seuls ponts reliant les rives asiatique et européenne de la métropole turque par des militaires confirmait le caractère extraordinaire de la situation.

Rumeurs

La machine à rumeurs s’est emballée rapidement, jusqu’à ce qu’un premier communiqué, émanant d’un « Comité pour la Paix », soit diffusé sur le site Internet de l’État-major de l’armée.

Le groupe de militaires putschistes annonçait avoir pris le pouvoir dans le pays, afin « d’assurer et restaurer l’ordre constitutionnel, la démocratie, les droits de l’Homme et les libertés et laisser la loi suprême du pays prévaloir ».

Alors que tous les Turcs étaient scotchés à leurs écrans, l’image, irréelle, du président Recep Tayyip Erdogan est apparue sur la chaîne d’information continue CNN Türk. Le chef de l’État, contacté sur son lieu de vacances, et interrogé via l’application FaceTime sur un téléphone qu’a présenté un journaliste devant l’écran, a invité « le peuple à descendre dans les rues, se rendre sur les places, dans les aéroports ».

Confrontation

Les traits tirés, le président turc a minimisé l’importance numérique du groupe de putschistes. Une confrontation directe avec les éléments putschistes, et un test de la popularité du président.

> À (re) lire : En Turquie, une rupture à la tête du gouvernement

De fait, des milliers de personnes sont descendues dans les rues à Istanbul, Ankara et le reste du pays. De retour à Istanbul, le président turc a été accueilli en héros par une foule de supporteurs qui ont littéralement envahi le terminal.

Jusqu’au petit matin, des bruits d’explosions et des échanges de coups de feu ont résonné dans les rues de la métropole et de la capitale turques, tandis que les appareils de l’aviation turque survolaient à basse altitude les villes d’Ankara et d’Istanbul dans un bruit de tonnerre.

« Cette tentative de coup a été mise en échec », a estimé samedi matin le général Ümit Dündar, chef de l’armée turque par intérim.

 

Alexandre Billette (à Istanbul)

 

Source : La Croix.fr

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