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À quand des paris sur l'Apocalypse ?

Contributeur anonyme


La météo de la Fin du Monde par RINSELI

Les investisseurs spéculent de plus en plus sur le risque de catastrophe naturelle, plus rémunérateur que le marché obligataire classique.

Les Cat Bonds (de l'anglais « catastrophe bonds ») ont trouvé leur place sur le marché obligataire aux côtés de la dette publique et privée, plus classique. Les obligations de type ILS (« insurance linked securities ») représentent un marché de 25 milliards de dollars et permettent aux investisseurs de spéculer sur l'absence de catastrophe naturelle (tremblements de terre, ouragans...) dans des endroits précis. Et aux assureurs de financer ce risque.

Or, depuis le début de l'année, le marché connaît une forte croissance. Selon les chiffres trimestriels publiés par le réassureur Aon Benfield, le premier trimestre 2016 a marqué un record, avec 2,2 milliards de dollars d'obligations catastrophe levés au cours de 10 opérations, soit une hausse de 30 % du volume d'émissions par rapport à la même période en 2015. Au deuxième trimestre, les émissions ont ralenti : 2 fois moins d'opérations, pour 800 millions de dollars de titres émis. Mais, pour la première fois depuis cinq ans, la demande excède l'offre.

Ce sont les ravages de l'ouragan Andrew, qui a violemment frappé le sud-est des Etats-Unis en 1992, qui ont fait émerger l'idée de transférer le risque représenté par les catastrophes naturelles vers les marchés financiers. En titrisant l'assurance de ces désastres, il s'agit de créer des obligations à haut rendement, qui se déclenchent selon des paramètres prédéfinis : localisation, trajectoire, magnitude, profondeur... Si le sinistre survient sous ces conditions, le détenteur de l'obligation perd tout ou partie des intérêts, voire du nominal de l'obligation. Pour les assureurs et réassureurs, il s'agit de partager le risque en faisant payer les investisseurs.

Prime de risque

Pour ces derniers, le marché des obligations catastrophe offre une alternative aux rendements très faibles du marché de la dette publique en Europe et aux Etats-Unis, d'autant plus qu'il ne dépend d'aucune politique économique ou monétaire. En clair, le marché ne souffrirait pas, par exemple, d'une éventuelle accélération de la remontée des taux de la Fed. Mais les institutionnels sont surtout attirés par le rendement. Au dernier trimestre, la prime de risque liée aux Cat Bonds (ou « spread », l'écart de rendement entre le taux exigé par les investisseurs et le taux sans risque) a grimpé à son plus haut niveau depuis quatre ans, autour de 8,4 %.

De plus en plus de pays ont recours aux obligations catastrophe « souveraines » pour réduire les dépenses d'indemnisation en cas de désastre, sous l'égide du programme MultiCat de la Banque mondiale. C'est le cas du Mexique : lorsque l'ouragan Patricia a frappé, en 2015, les investisseurs dans la tranche de 100 millions de dollars ont perdu la moitié de leur investissement. Les pays de l'Asean ont eux aussi collaboré avec la Banque mondiale pour développer un système d'assurance qui fait appel aux marchés sous certaines conditions. Aux Philippines, par exemple, le gouvernement a travaillé sur un projet de loi qui imposerait aux petits propriétaires de s'assurer via l'émission d'obligations catastrophe. Les coûts d'émission jugés prohibitifs retardent cependant la mise en place du projet.

 

C. E., Les Echos

 

Source(s) : Les Echos.fr via la Revue de presse de notre Contributeur anonyme

Informations complémentaires :

 

Catastrophe 11 08 2016 

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