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On en parle beaucoup moins aujourd’hui car les choses suivent le cours dessiné mi-2015 et la reddition en rase campagne d’Alexis Tsipras. Cette semaine, la majorité, dite de gauche radicale, a accepté de lancer le processus de privatisation des entreprises publiques d’électricité et d’eau, une nouvelle preuve de la folie que provoque cette construction européenne chez ceux qui la soutiennent.

Tsipras Junker 02 10 2016
Alexis Tsipras et Jean-Claude Junker
 
Comme si Mélenchon menait la politique de Fillon
 
Il y a quand même quelque chose d’extrêmement choquant à voir les politiques menées par Tsipras et sa majorité, en contradiction totale avec sa campagne de fin 2014, quand ils dénonçaient austérité et tutelle de leur pays et s’opposaient aux projets de privatisation du gouvernement de droite d’alors, comme le rappelle Romaric Godin dans la Tribune. Car fondamentalement, Syriza mène la même politique que les équipes qui l’ont devancé : hausse d’impôts, baisse des prestations sociales, privatisation du bien commun national, le tout sous la dictée des technocrates fous venus de Bruxelles, Francfort et Washington. Dans cette comédie politique, maintenant, c’est la droite qui vote contre les plans de privatisation (certes, peut-être parce qu’ils ne vont pas assez loin à son goût, il faut bien dire).
 
Bien sûr, certains pointent le relatif redressement économique : le PIB ne chute plus tous les trimestres et pourrait même parvenir à progresser pendant une année bientôt, et le chômage semble légèrement baisser. Mais bon, nous sommes loin du scénario argentin, ce pays qui affichait 8% de croissance par an après la sortie du corralito début 2012. Et la facture des six dernières années est extraordinairement lourde, une casse humaine et sociale effroyable. Pire, le rebond actuel doit beaucoup à des facteurs extérieurs qui ne doivent absolument rien aux politiques menées : baisse des taux, baisse du prix du pétrole, et sans doute plus encore la crise des pays arabes, qui poussent les touristes dans le pays. Bref, le sursaut est dérisoire tout en ne devant rien aux politiques menées par Athènes.
 
En Grèce, la construction européenne, aujourd’hui incarnée par l’UE, a montré son visage le plus détestable, totalitaire et inhumain. Dans quelques années, nous jugerons sévèrement les politiques qui ont été menées. Mais cet épisode effarant où un parti qui se dit de gauche radicale, en vient à mener la politique de la droite la plus soumise et antisociale pose un double problème démocratique. Non seulement Syriza et Tsipras ont trahi le peuple grec en finissant par faire ce qu’ils dénonçaient, mais, pire encore, ils déconsidèrent toutes les alternatives aux politiques menées depuis des décennies, puisque l’un des étendards de l’alternative a préféré se renier et se convertir aux potions amères européennes. Ce faisant, ils sapent très largement la crédibilité de tous ceux qui appellent à un vrai changement.

Quel drôle de message envoie Tsipras aux Grecs et au monde ! Sa dénonciation des excès du passé était juste mais leur capitulation en rase en campagne, outre le fait de poursuivre des politiques qui font du mal aux Grecs, complique malheureusement l’avènement des alternatives chez eux et ailleurs.

 

Source : Agoravox.fr

Information complémentaire :

Crashdebug.fr :

 

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