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Tf1 Lci La Place Saint Pierre Le 3 Juin 2007 2315031 1902

Faire un "bon engrais" de l'argent, "excrément du diable", pour moi c'est pactiser avec le démon

Dans sa chasse à l'argent sale, la justice italienne a dans son collimateur plusieurs grands noms des banques italiennes, accusées d'avoir pris part à des opérations de blanchiment, assure la presse italienne. Selon La Repubblica, dix banques italiennes, dont les plus grandes comme Intesa San Paolo et Unicredit, sont concernées. Et les magistrats s'intéressent aussi... à la banque du Vatican, l'Institut des Oeuvres Religieuses.

Cet organisme, qui gère les comptes des ordres religieux et des associations catholiques, est une structure bénéficiant de l'extraterritorialité accordée à l'Etat pontifical, donc non tenue de respecter les normes financières en vigueur pour les établissements italiens. La justice a découvert que la banque vaticane gérait des comptes auprès des établissements italiens sans nom de titulaire, identifiés uniquement avec le sigle IOR. Sur un de ces comptes, découvert en 2004, "environ 180 millions d'euros ont transité en deux ans", écrit la Repubblica. "L'hypothèse des enquêteurs est que des sujets ayant leur résidence fiscale en Italie utilisent l'IOR comme paravent pour cacher différents délits, comme la fraude ou l'évasion fiscale", précise le quotidien.

Faire un "bon engrais" de l'argent, "excrément du diable"

Mauvaise publicité en tout cas pour l'IOR, qui, il y a moins d'un an, avait changé de patron avec la nomination au poste de président d'Ettore Gotti Tedeschi, représentant en Italie du groupe espagnol Santander, en remplacement d'Angelo Caloia. Ce dernier s'était rendu célèbre par sa phrase: "Si l'argent est l'excrément du diable, nous, les chrétiens, nous devons réussir à le transformer en bon engrais". L'institut a fait la Une de la presse avec la faillite, en 1981, de la banque italienne privée Banco Ambrosiano, dont l'IOR était le principal actionnaire. La Banco Ambrosiano avait laissé un trou de 1,4 milliard de dollars dans ses caisses et de 250 millions de dollars dans les caisses de l'IOR, dirigé à l'époque par l'archevêque américain Paul Marcinkus, mort en février 2006.

L'IOR est depuis sous la coupe d'une "Commission cardinalice de vigilance", un groupe de cinq cardinaux nommés par le pape, qui comprend aujourd'hui l'actuel numéro deux du Vatican, le cardinal-secrétaire d'Etat Tarcisio Bertone, ainsi que son prédécesseur Angelo Sodano.


Source : Par
TF1 News (Avec agence) le 01 juin 2010 à 11:26


 

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