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On saluera le geste stratégique de Benyamin Nétanyahou, qui répond ainsi par une mesure cosmétique aux critiques de l'opinion internationale et de son grand frère américain. Cependant, je dois l'avouer, la mesure a le mérite d'exister... Maintenant où en est ce bateau iranien ?

JERUSALEM (AP) — Plus de deux semaines après le tollé international déclenché par l'assaut meurtrier du 31 mai contre une flottille humanitaire pour la Bande de Gaza, le gouvernement israélien a décidé jeudi d'assouplir le blocus terrestre du petit territoire palestinien contrôlé par le Hamas.

La mesure permettra de faire entrer davantage de matériaux de construction, dont Gaza a désespérément besoin, à condition qu'ils servent à des projets civils sous supervision internationale, ont précisé des responsables israéliens. Jusqu'à présent, Israël ne laissait quasiment pas entrer ciment et acier dans le territoire de crainte que le Hamas ne les utilise à des fins militaires. Cette politique a empêché de reconstruire la Bande de Gaza après l'offensive israélienne de l'hiver 2008-2009 dans la bande côtière.

L'assouplissement du blocus permet également l'entrée sans restriction des produits alimentaires à Gaza, a déclaré un responsable militaire israélien sous le couvert de l'anonymat. Jusqu'à présent seule l'entrée de denrées figurant sur une courte liste, modifiée constamment, était autorisée.

Le blocus naval de Gaza est toutefois maintenu. Israël va "poursuivre les procédures de sécurité existantes pour empêcher l'afflux d'armes et de matériel de guerre", précise le gouvernement israélien dans un bref communiqué annonçant l'allégement du blocus. Le Premier ministre Benyamin Nétanyahou a estimé à plusieurs reprises qu'une levée du blocus naval permettrait au Hamas de transformer Gaza en "port iranien".

Le communiqué du gouvernement israélien ne précise pas si l'assouplissement concerne l'importation et l'exportation de matières premières qui seraient cruciales pour relancer l'économie dévastée du territoire. La mesure survient après le tollé international soulevé par l'assaut israélien contre une flottille humanitaire à destination de Gaza le 31 mai, qui s'était soldée par la mort de neuf militants turcs pro-palestiniens.

L'Union européenne a accueilli la décision israélienne avec prudence. "C'est un pas dans la bonne direction", a déclaré Cristina Galach, porte-parole de la présidence espagnole de l'UE. La haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a expliqué qu'elle voulait voir comment la décision israélienne serait mise en oeuvre.

"Ce sont les détails qui comptent", a-t-elle déclaré. Et d'ajouter: Israël doit "veiller à ce que beaucoup plus de marchandises puissent entrer à Gaza pour permettre aux gens de reconstruire leurs foyers, de bâtir des écoles, de mettre en place des infrastructures", a-t-elle ajouté.

La levée partielle du blocus est insuffisante pour le Hamas, qui contrôle la Bande de Gaza depuis juin 2007. "Nous voulons une vraie levée du siège, pas des mesures cosmétiques", a déclaré le député du mouvement islamiste Salah Bardawil.

En Cisjordanie, le gouvernement du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'est également montré critique, le négociateur Saeb Erekat estimant que le blocus devait être complètement levé. "Le siège est une punition collective", a-t-il affirmé.

En collaboration avec l'Egypte, Israël a imposé le blocus il y a trois ans après la prise de contrôle de la Bande de Gaza par le Hamas. Depuis, pour l'essentiel, seuls les produits humanitaires de base peuvent entrer dans la bande côtière.

Mais le blocus n'a pas atteint ses objectifs: empêcher l'entrée d'armes dans Gaza, affaiblir le Hamas ou obtenir la libération du soldat israélien Gilad Shalit. La pauvreté dans le territoire s'est aggravée et les habitants ont reporté leur colère contre Israël, pas contre les dirigeants du Hamas.

Chris Gunness, porte-parole de l'ONU, souligne que le blocus a empêché les Nations unies d'acheminer les matériaux de construction nécessaires pour la réalisation d'un plan accepté internationalement et visant à reconstruire des milliers de logements et d'autres bâtiments endommagés ou détruits lors de l'offensive de l'hiver 2008-2009. Le blocus a également entraîné la fermeture de nombreuses usines, privé de travail des milliers de personnes et provoqué la paralysie de la fragile économie du territoire.

L'assaut israélien contre la flottille humanitaire, qui a soulevé de vives critiques dans le monde, a mis le dossier du blocus sous les feux de l'actualité. La semaine dernière, le président américain Barack Obama, dont le pays est le principal allié d'Israël, a estimé que le blocus n'était pas tenable et devait être fortement allégé.

Après l'opération commando contre la flottille, l'Egypte a ouvert son poste-frontière avec Gaza. La plupart des habitants sont toutefois restés confinés dans la bande côtière, l'Egypte ne laissant passer que des personnes munies de permis de voyage spéciaux. Ces deux dernières semaines, seulement 10.000 Gazaouis sont entrés en Egypte. AP


Source : NouvelObs

Informations complémentaires :

Courrier International : Israël allège le blocus de la bande de Gaza
La croix.com :
Dix ans de mesures israéliennes pour séparer Gaza de la Cisjordanie
Libération.fr :
Le blocus contre Gaza s’assouplit un peu

 

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