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La preuve que le changement est possible, si la population se mobilise massivement...

Armenie 03 05 2018
Le leader de l'opposition, Nikol Pashinian, n'a pas réussi à obtenir le nombre de voix nécessaires au Parlement pour
être élu Premier ministre. - Vano Shlamov/AFP

Le 8 mai, les députés arméniens vont de nouveau voter pour désigner un Premier ministre. Mercredi, en fin de journée, Nikol Pachinian a assuré avoir reçu le soutien de tous les partis politiques. 

C'est le 8 mai qu'aura lieu l'élection d'un nouveau Premier ministre en Arménie. L'annonce faite mercredi par le Parlement de cette ex-république soviétique du Caucase arrive à point nommé pour espérer débloquer une situation chaotique qui dure depuis plus de trois semaines.

Trois hypothèses

Première hypothèse, les députés élisent un nouveau chef de gouvernement. A ce stade, nul ne sait si Nikol Pachinian, le chef de l'opposition va se représenter. Si tel était le cas, il va devoir convaincre quelques députés - six au minimum - de la famille des Républicains pour obtenir la majorité au Parlement. Mardi, lors du premier vote, le leader de l'opposition, qui bénéficie d'un large soutien dans le public, n'a pas réuni le nombre de voix nécessaires (55 contre, 45 pour), les Républicains ayant fait précisément bloc contre lui.

La deuxième hypothèse vient du camp de la majorité, les Républicains pouvant désigner un candidat dans leurs rangs et le faire élire sans grande difficulté. 

La troisième hypothèse n'est envisageable qu'en cas d'échec lors du vote du 8 mai. Cela provoquerait une dissolution de l'assemblée suivie d'une convocation pour de nouvelles élections législatives anticipées. « Le jeu est très ouvert », explique Samuel Carcanague, chercheur à l'Iris.

Urgence

Il y a urgence à trouver une issue au chaos actuel. Le poste est vacant depuis que Serge Sarkissian a démissionné le 23 avril, six jours après s'être installé dans le fauteuil de Premier ministre. Les opposants lui reprochent d'avoir amendé la Constitution pour pouvoir transférer au Premier ministre la plupart des pouvoirs du président - une fonction qu'il a occupée durant deux mandats (de 2008 à 2018) - et de vouloir ainsi continuer à régner sur cette république de 2,9 millions d'habitants.

Appel à cesser les manifestations 

La journée de mercredi avait mal commencé. Des dizaines de milliers de manifestants ont de nouveau paralysé la capitale aiguillonnés par Nikol Pachinian, qui depuis plusieurs jours a appelé à la désobéissance civile. Un mouvement qui s'effectue sans violence, cet ancien journaliste, toujours vêtu de son T-shirt kaki et coiffé d'une casquette noire gardant une emprise sur la foule et les manifestants. « Chers amis, le métro et les routes ont été paralysés, la route vers l'aéroport fermée », a déclaré l'opposant, ajoutant que des universités et des écoles s'étaient jointes au mouvement. Le vent a tourné dans la journée, lorsque déjà Nikol Pachinian a demandé à ses partisans de rouvrir la route vers l'aéroport, puis les artères de la ville.

C'est en fin de journée que les ordres ont changé, le leader de l'opposition demandant à ses partisans de cesser les manifestations. Selon lui, il a obtenu le soutien des quatre partis pour l'élection du 8 mai qui ne devrait, a priori, plus poser de problèmes. « Actuellement, tous les groupes (parlementaires) ont dit qu'ils soutiendraient ma candidature. La question est réglée », a-t-il assuré.

 

Michel De Grandi

 

Source : Les Echos.fr

 

 

 

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