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Formidable signe en direction de la faune et de la flaure de Floride. Tony Hayward alors qu'il participe tranquillement à une course de 'yacht' indique qu'il veut retourner à "une vie normale". BP invente ainsi le principe du directeur jetable en cas de crise, car ce dernier annonce discrètement qu'il sera remplacé à la tête de BP.

Tony Hayward a assisté samedi à une course de voiliers en Grande-Bretagne. Un moment de détente très critiqué. Le secrétaire général de la Maison-Blanche Rahm Emanuel a dénoncé «une longue série de gaffes en matière de communication». Coeur

BP a perdu la bataille de la communication. Le directeur général de BP Tony Hayward a encore aggravé son cas samedi en assistant avec sa famille à une prestigieuse régate sur l'Ile de Wight, au Royaume-Uni. Ce moment de détente a relancé les critiques contre la compagnie pétrolière, qui n'arrive toujours pas à mettre fin à la marée noire qui ravage le Golfe du Mexique. Les réprimandes sont venues du sommet. «Cela fait partie tout simplement d'une longue liste de faux pas et d'erreurs en matière de communication», a condamné Rahm Emanuel sur la chaîne ABC. «Je pense que nous pouvons tous conclure que Tony Hayward ne fera pas consultant en relations publiques en seconde carrière», a ironisé le secrétaire général de la Maison-Blanche.

«Ce qui compte en ce moment c'est de savoir si nous réussissons à boucher le puits, à capturer le brut», a conclu Rahm Emanuel. Même indignation du sénateur républicain de l'Alabama, État également affecté par la marée noire. «Je ne vois personne ici sur son yacht. [Hayward constitue] le summum de l'arrogance, son bateau devrait être ici en train de nettoyer la mer», a assené Richard Shelby sur Fox News. Les habitants des zones sinistrées ne sont pas plus tendres. «Ce n'est pas juste. Personne ne peut aller pêcher maintenant. Moi aussi j'aimerais avoir un jour de congé de la marée noire», s'est plaint à AP un commerçant de Louisiane.

 

Même la presse britannique s'interroge

Pourtant BP avait tenté de prévenir les critiques. La compagnie pétrolière avait sorti un communiqué assurant que peu importe où se trouve Tony Hayward, «il suit toujours de près ce qui se passe dans l'entreprise». «Samedi est son premier jour chômé depuis la catastrophe». «Tony Hayward a passé deux mois loin de chez lui et de sa famille», a également souligné BP. La passion du Britannique pour la course JP Morgan Asset Management Round The Island est bien connue. Samedi, il a ainsi pu admirer la performance de «Bob», un yacht d'une valeur de 300.000 euros, dont il est le copropriétaire. Le navire a fini quatrième de sa catégorie.

Mais ce premier jour de congé est mal tombé. Samedi, à Saint-Pétersbourg se réunissaient plusieurs responsables de l'industrie pétrolière, qui ont noté l'absence du directeur de BP. Ils ont aussi longuement commenté les difficultés du groupe. En outre, les opérations de pompage de la marée noire ont connu de nouvelles difficultés. Un blocage au niveau d'un conduit d'aération anti-feu est survenu vendredi sur le Discoverer Enterprise, qui siphonne entre 15.000 et 18.000 barils de brut par jour. Le navire a été contraint de stopper toute activité pendant une dizaine d'heures. BP récupère au total en moyenne 25.000 barils de brut par jour, alors que le puits situé à 1.500 m de profondeur crache chaque jour entre 35.000 et 60.000 barils (jusqu'à 9,5 millions de litres).

Surtout, Tony Hayward est coutumier des impairs. Lors d'un entretien dans le Times, le directeur de BP suggéraient que les Américains allaient profiter de la catastrophe pour remplir de nombreuses plaintes fantaisistes et recevoir des compensations. Il avait ensuite choqué les habitants de Louisiane en déclarant être déterminé à résoudre la crise pour pouvoir revenir «à une vie normale». Même la presse britannique, qui s'est montrée moins sévère que sa consœur américaine depuis l'explosion de la plate-forme, doute maintenant de la stratégie médiatique de BP. Avant même l'escapade de Tony Hayward, le Daily Telegraph écrivait qu'il était difficile de se souvenir d'une réponse aussi «catastrophique» et «inadéquate» que celle déployée par la compagnie. Tony Hayward devra d'ailleurs sans doute abandonner la gestion quotidienne de la crise: le président de BP Carl-Henric Svanberg a déclaré qu'il allait passer le relais à un autre responsable du groupe, Robert Dudley, un Américain. BP va aussi «probablement» poursuivre son associé dans l'exploitation du gisement, l'américain Anadarko, qui possède 25% du puits endommagé, affirment les journaux britanniques.

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Source : Le Figaro.fr

Informations complémentaires :

Le JDD.fr : BP: Nouvelle boulette d'Hayward
Le Monde.fr :
Présent à une prestigieuse régate, le directeur de BP âprement critiqué
AFP :
Marée noire: la régate de trop pour le patron de BP

 

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