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Mcchrystal Obama Maison Blanche Rolling Stone Inside

Un collègue 'Old School' qui n'apprécie pas spécialement la France. Conscient de l'importance stratégique de l'Afghanistan il réclame avec son franc-parler des renforts militaires à Obama.

Règle numéro 1 quand on dirige les forces internationales en Afghanistan : ne pas se laisser aller aux confidences à la presse.

Pour s'être montré trop bavard, le général américain Stanley McChrystal a été convoqué à la Maison Blanche ce mardi pour s'expliquer sur ses déclarations plutôt franches publiées dans le dernier numéro de Rolling Stone.

Son portrait s'ouvre sur une conversation à bâtons rompus dans une chambre d'hôtel à Paris où il est de passage à la mi-avril. Lorsque le journaliste de Rolling Stone demande avec qui va dîner le général, quelqu'un lui répond : « Un ministre français. » Avant d'ajouter : « Ça craint. » Le ministre n'est pas nommé.

Le général, qui « est en France pour vendre sa nouvelle stratégie de guerre à [ses] alliés de l'Otan », peste contre les diplomates français qu'il n'a guère envie de rencontrer : « Comment j'ai pu me faire avoir en acceptant d'aller à ce dîner ? », se demande-t-il.

« Je préfère me faire botter le cul que d'aller à ce dîner »

« McChrystal est à Paris pour empêcher que les Français, qui ont perdu plus de 40 hommes en Afghanistan, ne se sentent ébranlés », raconte Rolling Stone qui poursuit le récit de la soirée :

« Le dîner va avec le job », dit le colonel Charlie Flynn.

McCrystal se retourne brutalement dans sa chaise : « Hey Charlie, et ça, ça va aussi avec le job ? » Il lui adresse un doigt d'honneur.

Il faut dire que le général ne se sent pas très à l'aise dans la capitale française :

« Paris, comme le dit l'un de ses conseillers, est la ville la plus opposée à McChrystal que l'on puisse imaginer. Le général déteste les restaurants chics, écartant n'importe lequel de ces lieux dont les bougies sur les tables font “trop Gucci”. Il préfère la Bud Light Lime (sa bière favorite) au Bordeaux, “Talladega Nights” (son film favori) à Jean-Luc Godard. […]

“Je préfère me faire botter le cul par une salle pleine de gens que d'aller à ce dîner”, dit McChrystal, malheureusement, personne dans cette pièce ne peut le faire. »

Ces critiques, peu diplomatiques, ont irrité mais ce n'est rien à côté de celles qui visent la Maison Blanche. De l'ambassadeur américain en Afghanistan, Karl Eikenberry, il déclare que c'est quelqu'un qui « veut couvrir ses arrières pour les livres d'Histoire ».

Le vice-président Joe Biden ? Le général lâche un premier « Qui ça ? » avant d'ajouter : « Vous avez dit Bite Me ? » (« Va te faire voir » en anglais).

Obama, « furieux », pourrait mettre fin à la mission de McChrystal

Rolling Stone rapporte également ses propos sur Barack Obama qu'il critique ouvertement, notamment en raison de sa réticence à envoyer des renforts en Afghanistan. Même s'il admet avoir voté pour le démocrate, McChrystal souligne son impréparation. Ses conseillers racontent que le général a notamment trouvé le président américain « mal à l'aise et intimidé » lors de l'une de ses premières rencontres avec des hauts gradés.

Toujours selon un conseiller cité par Rolling Stone, lorsque les deux hommes se revoient quand McChrystal est nommé en Afghanistan, c'est un Président peu au fait de la guerre qu'il rencontre :

« C'était une rencontre de dix minutes pour la photo, selon le conseiller. Obama ne savait rien de lui, de qui il était, il n'avait pas l'air très concerné, poursuit-il. Le patron [McChrystal, ndlr] a été très déçu. »

Pour le secrétaire américain à la Défense, ces déclarations constituent une « erreur considérable ». Selon le porte-parole de la Maison Blanche, Barack Obama, « furieux », pourrait mettre fin à sa mission. Sa décision sera prise à l'issue de leur entretien mercredi 23 juin.

Alors que McChrystal a présenté ses « sincères excuses » et accepté la démission de l'un de ses conseillers presse, le magazine Rolling Stone a précisé que le général était informé de la teneur de l'article et qu'il n'avait pas émis d'objections à sa publication.

Photo : le général Stanley McChrystal lors d'une conférence de presse à Washington, le 10 mai (Kevin Lamarque/Reuters)

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