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ITALIE : ... Reporté après le 1er avril, le revenu citoyen ne cesse de se rétrécir ... Razzia sur la dette italienne

1 ... Etat en faillite

2 ... Ce procédé n'a qu'un seul but la fusion/baisse/suppression de toutes prestations sociales

Contributeur anonyme

Revenu Citoyen Italie 16 01 2019

Certes, on est loin du grand réveil du Parti démocrate qui choisira son nouveau leader lors d’élections primaires, en mars prochain. Mais le retour à ses anciennes traditions de proximité avec les citoyens lui fait gagner quelques points dans les sondages, à 17% d’intentions de vote aujourd’hui, contre 12% en décembre. Un signe encourageant pour les élus et militants de centre gauche qui ont entamé le 12 janvier, sur les places des banlieues et villes de province, une mobilisation appelée « Mille non au budget des taxes et mensonges ».

Car, en effet, le premier budget du gouvernement, formé de la Ligue d’extrême droite et du populiste Mouvement 5 étoiles (M5S), a été adopté définitivement le 30 décembre, après une révision à la baisse des dépenses dites de relance économique. Une révision décidée sous la pression de Bruxelles qui s’inquiète de la dette italienne, la plus élevée de la zone euro après celle de la Grèce (lire les repères).

Mais surtout la loi de Finances a été votée sans que les parlementaires puissent prendre connaissance des nouvelles dispositions… Les mesures sont rendues publiques au fil des jours et l’opposition commence à pointer du doigt une augmentation de la pression fiscale, la réduction des fonds pour la recherche et la culture et, surtout, un redimensionnement du revenu citoyen, mesure phare du mouvement 5 étoiles.

Plus que 10 milliards d’euros sur les 16 milliards prévus

Il faut dire que le contexte a changé. Le projet de budget initial pour 2019 tablait sur un déficit de 2,4% du PIB et une activité en hausse de 1,5%. La dernière version du texte ramène la prévision de croissance à 1%, et le déficit public à 2,04%. Concrètement, sur les 16 milliards d’euros prévus pour le revenu citoyen et pour l’assouplissement du système de retraite, fortement voulu par la Ligue, il ne reste que 10 milliards au total.

Les textes d’application des mesures, qui feront l’objet de décrets-lois spécifiques, devaient être présentés par le gouvernement le 10 janvier. Pour des motifs officiellement « techniques », ils ne sont pas encore prêts. « On tient à bien faire les choses », s’est justifié le président du Conseil Giuseppe Conte. Mais c’est en réalité un énième bras de fer entre Luigi di Maio et Matteo Salvini sur le revenu citoyen qui est à l’origine du retard.

Une promesse qui devait profiter à « cinq millions de démunis »

Initialement, ce projet prévoyait une enveloppe de 9 milliards d’euros afin de pouvoir verser aux chômeurs et aux retraités (1) ainsi qu’aux membres des familles vivant en dessous du seuil de pauvreté, une allocation mensuelle maximum de 780€ net pour un individu seul, et 1330€ au maximum pour les familles, et ce dès le 1er février. En outre, plus d’un milliard d’euros devait être destiné à la réforme des centres pour l’emploi.

Désormais, le revenu citoyen ne pourra plus compter que sur un fonds de 6,1 milliards d’euros, et pourrait même être reporté au 1er avril. Selon les experts de la Commission budget du parlement italien, ce sont au final 450.000 personnes seules qui pourraient percevoir les 780€, tandis que 1,7 million de familles pauvres recevraient 1330€. Or le mouvement 5 étoiles avait promis que ce revenu citoyen profiterait à « cinq millions de démunis ». Autre problème : la Ligue demande que les 260.000 invalides qui perçoivent 280€ de pension par mois obtiennent, eux aussi, les 780€ financés par ce même fonds.

La Ligue et le M5S n’ont pas démontré le bien-fondé de leurs recettes

Bien que cette aide soit assortie, pour les chômeurs, d’obligations comme l’acceptation d’un emploi dès la troisième offre, ou d’allégements fiscaux pour les entreprises qui embaucheront, l’opposition affirme qu’elle n’apportera pas plus de stabilité sociale et productive au pays. D’autant que le revenu citoyen ne sera garanti que pour une durée de 18 mois.

De fait, le M5S commence à sérieusement pâtir des déclarations hasardeuses de Luigi Di Maio sur « l’abolition de la pauvreté ». Les électeurs, en particulier ceux des régions du sud, le grand bassin électoral du Mouvement, craignent que ses généreux engagements se réduisent à peau de chagrin. Désormais la Ligue devance de 7 points le M5S dans les intentions de vote (31% contre 24%).

Quoi qu’il en soit, en sept mois de gouvernement, la Ligue pas plus que le M5S n’ont réussi à démontrer le bien-fondé de leurs recettes pour relancer l’Italie. L’Institut national de statistiques indique ainsi que la production industrielle a diminué de 1,6% en novembre sur un mois. Ce qui laisse craindre une récession.

L’économie italienne en chiffres

L’économie italienne souffre d’une croissance molle depuis le début de la crise de 2008. En 2018, dix ans après la faillite de la Banque américaine Lehman Brothers, le PIB de la Botte devrait péniblement progresser de 1,1% (1,6% en France, 1,7% en Allemagne et 2,1 en zone euro). Il s’affichera à 1,2% en 2019 puis 1,3% en 2020.

Le chômage devrait passer de 10,7% de la population active en 2018 à 10,4% en 2019 puis 10% en 2020.

Le déficit budgétaire passerait, d’après la Commission européenne, de -1,9% en 2018 à -2,9 en 2019 puis 3,1 en 2020. Ces prévisions ont été réalisées par la Commission européenne avant que Rome présente la nouvelle version de son budget, qui table sur un déficit de 2,04% du PIB en 2019, ce qui devrait changer la donne pour les années suivantes si cette prévision se réalise.

Source : Commission européenne.

 

Anne Le Nir, correspondante à Rome
 

Source(s) : La-croix.com via Contributeur anonyme

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