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Khashoggi 01 02 2019
En visite en Turquie pour enquêter sur l‘assassinat de Jamal Khashoggi, Agnès Callamard, rapporteuse spéciale de l'ONU
sur les exécutions extrajudiciaires, a rencontré Mevlüt Çavusoglu, ministre turc des Affaires étrangères, lundi, à Ankara.
Crédits photo : Cem Ozdel/AP

Par ailleurs, la Commission européenne a ajouté le pays à sa liste de pays représentant une menace pour l'UE en raison de ses contrôles jugés trop laxistes dans la lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent.

Il n'aurait plus manqué que la célèbre chanteuse Mariah Carey, attendue jeudi soir en Arabie, cède aux pressions de groupes de femmes qui l'imploraient d'annuler son concert à Djedda. Malgré les récentes avancées dont elles ont bénéficié - le droit de conduire en particulier - les Saoudiennes restent encore soumises à la tutelle d'un homme, leur gardien légal.

Pour Mohammed Ben Salman (MBS), la semaine écoulée a été celle des mauvaises nouvelles. Loin du profil de «M. Propre» que le royaume cherche à se forger, la Commission européenne a ajouté l'Arabie saoudite à sa liste de pays représentant une menace pour l'UE en raison de ses contrôles jugés trop laxistes dans la lutte contre le financement du terrorisme et le blanchiment d'argent.

«L'Arabie ne coopère pas assez», confirme au Figaro un homme du renseignement à Paris. Mauvais point alors que Riyad compte attirer les investisseurs internationaux. Lundi, Agnès Callamard, la rapporteuse spéciale de l'ONU sur les exécutions extrajudiciaires, entamait, de son côté, en Turquie, l'enquête sur le meurtre de Jamal Khashoggi, le 2 octobre au consulat saoudien d'Istanbul, par des agents envoyés par Riyad. Assassinat qui, selon la CIA, n'a pu se faire sans l'aval de MBS.

Le cerveau de l'opération est toujours libre

Alors que le corps n'a toujours pas été retrouvé, Riyad persiste à imputer cet assassinat à des éléments «incontrôlés». Le procès de 11 suspects s'est ouvert début janvier et le procureur général a requis la peine de mort contre cinq d'entre eux. Mais des complications d'ordre logistiques seraient apparues, contraignant les autorités à confiner les suspects dans une prison aux allures d'hôpital psychiatrique.

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«Après avoir été incarcérés, certains ont protesté, criant que ce n'était pas comme ça qu'ils devaient être récompensés de leur mission en service commandé par le pouvoir», affirme un homme d'affaires à Dubaï. Pour éviter les suicides, ils auraient été placés au secret et surveillé médicalement. Le cerveau de l'opération et éminence grise de MBS, Saoud al-Qahtani, est, lui, toujours libre de ses mouvements. Pendant ce temps, en Turquie, la rapporteuse de l'ONU se plaignait du manque de coopération de l'Arabie saoudite, qui ne l'a toujours pas autorisée à entrer à son consulat d'Istanbul.

Enfin, on apprenait que l'Arabie saoudite, l'alliée de l'Occident, testait et probablement fabriquait des missiles balistiques dans une base militaire, à al-Wata, au sud-ouest de Riyad. Au moment où la France et d'autres pays mettent la pression pour que l'Iran, l'ennemi juré de l'Arabie, renonce à son programme balistique !

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«Nous n'imaginons pas qu'ils puissent construire des missiles de longue portée et cherchent à se doter d'armes nucléaires», a réagi Jeffrey Lewis, expert en armement nucléaire à l'Institut d'études internationales de Middlebury, qui a découvert l'usine avec son équipe à partir de l'observation d'images satellitaires. «Mais nous sous-estimons peut-être leur désir et leurs capacités», a-t-il ajouté. Le 15 mars 2018, MBS avait affirmé que si l'Iran se dote de l'arme nucléaire, l'Arabie fera «de même le plus rapidement possible».

 

Source : Lefigaro.fr

 

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