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Tremblez braves gens, la « peste brune » arrive… D'ailleurs, la presse française commence à mobiliser ses troupes, et cela traduit une véritable inquiétude des Européistes, ce qui (vous vous en doutez) me fait très plaisir... ; )))))))))))

Europe Elections 15 02 2019
Sebastian Kurz, chancelier autrichien, avec à sa gauche, Donald Tusk, président  du Conseil européen  et Jean-Claude
Juncker, président de la Commission européenne, lors d'un sommet des dirigeants de l'UE à Bruxelles, le 14 décembre
2018. - Crédits photo : Jasper Juinen/Bloomberg

INFOGRAPHIE - À cent jours des élections européennes, l'inquiétude monte au sein des partis traditionnels alors que les sondages prédisent une forte poussée des formations antisystème.

Ce mardi 15 janvier, au Parlement de Strasbourg, Jean-Claude Juncker dresse le bilan de la présidence autrichienne de l'UE qui vient de s'achever. Devant le chancelier Kurz, il multiplie les compliments. Jusqu'à ce qu'il soit question du pacte sur les migrations des Nations unies, ce texte voulu par Bruxelles que l'Autriche a finalement choisi de ne pas approuver, emportant dans son sillage d'autres États membres. Le ton est sévère. «Je n'ai pas compris ce qui s'est passé, et je continue à ne pas comprendre», lâche-t-il.

Jean-Claude Juncker a bien évidemment parfaitement compris. Les populistes et nationalistes se sont emparés du pacte sur les migrations, et ont mis une pression telle, que certains dirigeants européens ont finalement choisi de reculer. Un coup de semonce qui en préfigure d'autres. Car, à cent jours des élections européennes, les sondages montrent que le vote populiste et/ou nationaliste creuse son sillon en Europe. En raison du départ des Britanniques, toujours prévu à ce stade, le nouveau Parlement comptera 705 eurodéputés, contre 751 actuellement, et certains groupes positionnés à la droite de la droite vont voir leurs effectifs fondre. Le groupe Conservateurs réformistes européens (ECR) va ainsi voir partir 19 conservateurs britanniques. Idem pour le Groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe de Nigel Farage, qui accueille dans ses rangs les eurodéputés Ukip. Le Brexit devrait donc contribuer à contenir le phénomène. Mais les populistes et nationalistes pourraient obtenir autour de 150 sièges dans la prochaine Assemblée. Ce qui confirmerait leur percée de 2014 et les installerait véritablement dans le paysage politique européen. Les scores de la Ligue de Matteo Salvini, du PiS du Polonais Jarosław Kaczynski et du Rassemblement national de Marine Le Pen seront particulièrement suivis. Tout comme celui de l'AfD en Allemagne.

Europe Graph

L'inquiétude grandit chez les deux partis pivots de Strasbourg que sont le PPE et les socialistes européens qui, pour la toute première fois, vont perdre la majorité absolue qu'ils détenaient ensemble jusque-là. «Je suis très inquiet des conséquences que pourrait avoir la montée des forces nationalistes et antieuropéennes sur le fonctionnement des institutions européennes après les élections. Le plus grand risque, c'est une paralysie totale des institutions européennes», s'alarme Manfred Weber, chef de file du PPE aux élections européennes. Il semble vouloir dramatiser les enjeux.

Afin de faire rempart après les élections, Weber plaide pour une alliance élargie regroupant le PPE et les socialistes, bien sûr, mais aussi les libéraux et les Verts. La droite européenne réfléchirait même à une sorte de contrat de coalition à l'allemande qui lierait, après les élections, ces quatre formations politiques et permettrait aussi, le moment venu, de sécuriser l'élection du président de la Commission au Parlement européen. Philippe Lamberts, qui copréside le groupe des Verts à Strasbourg, n'y est pas opposé. Mais il pose ses conditions. «Les Verts exigeront des inflexions sur la politique menée en Europe. Il y a une urgence sociale et une urgence climatique», dit-il.

«Si les quatre grandes formations ne coopèrent pas, elles donnent le pouvoir aux populistes. Si elles coopèrent, elles leur donnent des armes. Et pourtant, il faut le faire»

Pierre Moscovici

Dans l'absolu, une alliance est tout à fait envisageable tant ces quatre familles politiques sont habituées à travailler ensemble sur les textes. À entendre Pierre Moscovici, elle serait devenue indispensable: «Si les quatre grandes formations ne coopèrent pas, elles donnent le pouvoir aux populistes. Si elles coopèrent, elles leur donnent des armes. Et pourtant, il faut le faire.» Le commissaire français est convaincu qu'à défaut de former «une famille unie», «les extrêmes droites se coalisent petit à petit» et qu'«elles vont avancer ensemble». Qu'il s'agisse de la Russie, des accords de libre-échange ou encore des questions migratoires, les extrêmes droites européennes sont très loin de parler d'une seule voix. «Mais elles pourraient avoir un intérêt stratégique à trouver des points d'accord sur certains dossiers et, pourquoi pas, à nouer des alliances ponctuelles avec l'extrême gauche européenne», analyse Susi Dennison, membre du think-tank ECFR et auteur d'une étude récente consacrée à la manière dont les antieuropéens pourraient s'y prendre pour «saboter» l'Union européenne. Le Français Arnaud Danjean, numéro trois de la liste LR pour les européennes, n'y croit guère. «Je fais partie des gens qui ne sont pas alarmistes là-dessus, dit-il. Les populistes ne sont pas tous les mêmes. Même si les élections donnent l'impression d'une vague, je relativise.»

Au-delà du Parlement, la Commission et le Conseil risquent d'être touchés. «La Commission pourrait avoir quelques commissaires dont l'engagement européen ne serait pas le point le plus fort, admet l'ancien représentant de la France à Bruxelles Pierre Sellal. Cela rendrait plus difficile le fonctionnement collégial de la Commission.» Au Conseil aussi, le travail pourrait se compliquer davantage. D'autant que des élections nationales sont prévues dans certains États membres, notamment en Pologne et en Roumanie, après les européennes. «Nous sommes aujourd'hui dans une phase de régression de la confiance et de la solidarité entre les États membres», estime Jean-Dominique Giuliani, le président de la Fondation Robert-Schuman.

 

Source : Le Figaro.fr

 

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