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Personnellement je suis pour un Brexit dur. L'accord qu'avait négocié Theresa May avec l'Union européenne donnait trop d'avantages à l'Europe. Un Brexit sans accord permettra de montrer au monde entier que l'on peut sortir de l'Europe, comme pour la France les premiers temps seront difficiles, mais ils vont retrouver leur souveraineté, et cela n'a pas de prix.

Brexit 02 04 2019

FOCUS - Le Parlement britannique, qui avait pris la main sur le dossier, n'a pas réussi à trouver de «scénarios alternatifs» à l'accord de Theresa May, déjà rejeté trois fois à la Chambre des communes. La première ministre pourrait essayer d'organiser un quatrième vote, mais le pari s'annonce difficile.

Non, non, non et encore non. On ne compte plus les votes négatifs au sein de la Chambre des Communes. Par trois fois, déjà, l'accord de Theresa May a été rejeté : une première fois le 15 janvier, une deuxième fois le 12 mars, une troisième fois le 29 mars, jour où, initialement, le Royaume-Uni devait quitter l'Union européenne.

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Cela n'est pas arrivé car, le 14 mars, les «members of Parliament» (MP) se sont mis d'accord sur un «report» du Brexit. Dans cette histoire, ce fut l'un des seuls votes positifs parmi une longue liste de «No». Le 21 mars, lors d'un Conseil européen, les 27 chefs d'État et de gouvernement de l'UE ont aussi accepté le principe d'un tel report, en deux temps. Soit Theresa May parvenait à faire voter son accord avant le 29 mars, auquel cas le Royaume-Uni sortirait de l'UE le 22 mai. Soit elle échouait, auquel cas les Britanniques devraient décider d'ici le 12 avril - la nouvelle date butoir - de participer ou non aux élections européennes qui se tiendront du 23 au 26 mai. Si oui, participant ainsi au renouvellement du Parlement européen, Londres choisirait la voie d'un «report long» et non plus seulement «technique» du Brexit. Si non, le Royaume-Uni, en toute vraisemblance, sortirait de l'UE sans accord le 12 avril.

Après le troisième rejet du texte de Theresa May, le 12 avril est bien devenu le nouveau 29 mars. Face à ce nouvel échec gouvernemental, le Parlement britannique, poussé notamment par les députés frondeurs du Parti conservateur et certains membres de l'opposition, a obtenu le soutien du «speaker» de la Chambre des Communes - le désormais fameux John Bercow - qui décide de l'ordre du jour, pour inscrire à l'agenda parlementaire plusieurs amendements portant sur des «scénarios alternatifs». Des votes indicatifs destinés à trouver une alternative à l'accord de Theresa May, qui a ainsi provisoirement perdu la main dans le dossier du Brexit. Provisoirement seulement, car ces votes indicatifs n'ont pas permis de dégager de majorité au sein des «MP». Ce mardi, quatre scénarios (union douanière, solution dite «norvégienne», référendum de confirmation, annulation du Brexit si Londres n'obtient pas de «report long») ont ainsi été rejetés. Mercredi dernier, une série d'autres votes «indicatifs» l'avait également été. Le Parlement, qui avait réussi à prendre le contrôle du processus législatif, n'a pas été en mesure de renverser la situation.

Vers un quatrième vote ?

Theresa May, qui s'accroche désespérément à son poste mais qui a promis - ultime sacrifice - de démissionner si son accord était accepté, pourrait essayer de faire voter son texte une quatrième fois. Depuis le début, la stratégie de la première ministre consiste à jouer la montre pour faire accepter aux députés britanniques l'idée qu'il n'y a pas d'alternative à son texte s'ils veulent éviter un «No Deal». Pari risqué, car une sortie sans accord apparaît bien aujourd'hui comme l'hypothèse la plus probable si Theresa May voit son accord rejeté une quatrième fois ou, même, s'il n'y a pas de nouveau vote. Il faut en effet que la première ministre parvienne à le faire inscrire à l'ordre du jour. Le «speaker» John Bercow a été très clair : on ne peut pas voter plusieurs fois sur un même texte. Il faut, pour organiser un nouveau vote, des «changements substantiels». Lors du troisième, Theresa May a ainsi choisi de soumettre au vote des députés seulement le texte de l'accord sans la déclaration politique qui l'accompagne. Un changement substantiel suffisant, a jugé Bercow. Mais, pour un quatrième vote, quel changement substantiel Theresa May pourra-t-elle obtenir ?

Dans ce contexte tendu, les 27 chefs d'État et de gouvernement se réuniront le 10 avril lors d'un conseil européen spécial pour décider de leur prochaine position commune, deux jours seulement avant la date butoir du 12 avril. Si les Britanniques tombent d'accord pour obtenir un «report long» du Brexit et donc participer aux élections européennes, encore faudra-t-il que les 27 États membres acceptent à l'unanimité ce scénario. Or, ce n'est en rien évident : les Européens veulent éviter que le Brexit - et l'incertitude qu'il crée - s'éternise. Pour obtenir un «report long» du Brexit, Theresa May devrait d'abord soumettre à Bruxelles une stratégie crédible qui, pour l'instant, n'émerge pas outre-Manche. Une sortie du Royaume-Uni de l'UE «sans accord» est devenue «presque inévitable», a ainsi affirmé mardi le référent Brexit du Parlement européen, Guy Verhofstadt, sur Twitter, juste après les votes des parlementaires britanniques. «Mercredi, c'est la dernière chance pour le Royaume-Uni de sortir de l'impasse ou faire face à l'abîme», a déclaré l'eurodéputé belge libéral. Même son de cloche du ministre français de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, qui a déclaré ce mardi qu'«on s'achemin[ait] vers un Brexit sans accord».

«Tick tock goes the clock»

Le scénario d'un «No Deal», qui, pourtant, par deux fois, a été rejeté à la Chambre des Communes, pourrait donc advenir, non par un choix volontaire, mais par défaut. D'autant que, même s'il n'y a pas de majorité à la Chambre en faveur d'un tel scénario, «le centre de gravité du Parti conservateur se déplace clairement vers la solution d'un “no deal”» alors que les députés unionistes nord-irlandais du DUP «préfèrent déjà cette option à celle de l'accord de May», comme le remarque le chroniqueur politique du Sunday Times, Adam Boulton, sur Twitter. Vendredi dernier, c'était l'économiste Mervyn King, président de la Banque d'Angleterre de 2003 à 2013, qui se prononçait en faveur d'un «No Deal». L'ancien banquier central estimait que le coût économique d'une sortie sans accord était largement surestimé.

Depuis le début, la première ministre joue la montre, mais elle n'est pas la seule. C'est aussi le pari des députés conservateurs dits «hard brexiters», qui arguent que «pas d'accord vaut mieux qu'un mauvais accord». Parce qu'en 2018, les députés britanniques ont voté une loi mettant en œuvre l'article 50 du traité sur l'Union européenne, la sortie du Royaume-Uni finira par arriver, même s'il n'y a pas d'accord, espèrent les «hard brexiters». Comme aime à le répéter leur chef de file au Parlement, le député Jacob Rees-Mogg, citant une chanson de la série culte britannique Doctor Who: «Tick Tock Goes the Clock» (Tic toc, fait l'horloge). Les prochains jours diront si ce scénario, évoqué de plus en plus tant à Londres qu'à Bruxelles, continue de se renforcer. Avec le Brexit, rien n'est jamais sûr.

 

Source : Le Figaro.fr

 

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