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Alors que les principaux pays de la zone €uro doivent refinancer leurs dettes souveraines, les Etats-Unis sont pris à leur propre piège de la machine à imprimer les billets et s'étouffent dans leurs vomissures. La Chine n'est plus le nouvel Eldorado, puisque les perspectives de croissance pour le mois d'avril ont été revues à la baisse de 1,7 % à 0,3 % suite à une mauvaise comptabilisation des chiffres de construction. Bref, le trop timide élan mondial de reprise économique risque de faire un gros 'Psccchhhiiiittt' et s'affaisser comme un énorme soufflé... Il serait décidément temps de s'occuper du dossier iranien.

Marches

Une zone euro à la peine, des craintes sur la santé des banques, une reprise qui semble s'essouffler aux Etats-Unis et en Chine… Les investisseurs ont brutalement connu, mardi 29 juin, un nouvel accès de fièvre. La place de Shanghaï a, la première, plongé de 4 %, suivie par les Bourses européennes (– 4,01 % à Paris, – 5,45 % à Madrid) et par Wall Street, où le Dow Jones a reculé de 2,65 %.

Tentant de ramener le calme, le directeur du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, a assuré depuis Washington que "la reprise va continuer. Il n'y aura pas une nouvelle phase de récession". Mercredi 30 juin, dans la matinée, les marchés européens se redressaient légèrement, mais les alertes persistent.

Les inquiétudes sur les banques européennes. Le rendez-vous est attendu depuis des semaines et pourtant : l'expiration, jeudi 1er juillet, d'un prêt exceptionnel accordé il y a un an par la Banque centrale européenne (BCE) aux établissements financiers de la zone euro met les marchés sous tension. Cette opération de refinancement sur douze mois, première du genre dans l'histoire de la BCE, avait vu plus d'un millier de banques emprunter le montant record de 442 milliards d'euros. Elles doivent maintenant rembourser cette somme. L'échéance est cruciale : avec la crise de la dette souveraine, les établissements rechignent à se prêter entre eux et les plus vulnérables, en Espagne notamment, sont très dépendants du "robinet" BCE.

L'institution tente de calmer le jeu en assurant que les banques pourront continuer à s'approvisionner à son guichet. Mais pour des prêts à plus court terme, de trois mois maximum. Une première opération devait avoir lieu mercredi. Selon le Financial Times, les instituts espagnols militent plutôt pour un renouvellement de l'offre sur douze mois. Une garantie plus sûre de financement à l'heure où se grippe l'accès aux liquidités. Mardi, le coût d'emprunt sur le marché interbancaire de la zone euro a atteint son plus haut niveau depuis neuf mois.

Des signaux d'alarme sur les déficits. Vite, plus vite. L'alerte lancée lundi par la Banque des règlements internationaux (BRI) sur le dérapage des déficits a alimenté le stress des investisseurs. Tandis que le G20 prône une rigueur "à la carte"  pour ne pas pénaliser la reprise, la Banque centrale des banques centrales souligne au contraire, dans son rapport annuel, "l'urgence"  de mettre fin aux mesures de relance. Sans cet effort, un risque de "rechute" menace l'économie mondiale. La BRI pointe la "trajectoire insoutenable" que suivent les finances de plusieurs pays. La situation de la Grèce continue d'ailleurs de préoccuper les investisseurs. L'économiste Nouriel Roubini préconisait, mardi, d'engager "maintenant" une restructuration de sa dette ; une étape inéluctable.

La vigueur de la reprise américaine en doute. De la rencontre entre le président américain, Barack Obama, et le patron de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke, les investisseurs n'ont retenu qu'une phrase : "L'économie américaine fait face à des vents contraires."   Les paroles rassurantes sur les signaux positifs de la reprise ont été occultées. Les investisseurs ne croient plus à une économie américaine dont le rebond suffirait à compenser les troubles de l'Europe. Et pour cause, malgré tous les stimuli à la croissance, le chômage se maintient à 9,7 % et inquiète les ménages américains. Mardi, l'indice de confiance des ménages aux Etats-Unis publié par le Conference Board a chuté à 52,9 points, après trois mois de hausse. Le marché avait déjà dû se faire à l'idée que la croissance américaine était moins vigoureuse que prévu. La hausse du produit intérieur brut (PIB) pour le premier trimestre a été à nouveau révisée à la baisse le 25 juin, à 2,8 %, contre une première estimation, fin avril, à 3,2 %.

Le désenchantement de la croissance chinoise. Les marchés n'aiment pas les mauvaises surprises, encore moins les erreurs comptables. Mardi, l'indice composite du Conference Board sur les perspectives de croissance en Chine pour le mois d'avril a été revu à la baisse de 1,7 % à 0,3 % suite à une mauvaise comptabilisation des chiffres de construction. Lorsqu'ils l'ont appris, les investisseurs se sont affolés. Trop ? Certains analystes l'estiment.

Mais cette annonce valide la thèse selon laquelle l'économie chinoise connaîtrait désormais une phase de ralentissement. Et ce après avoir débuté l'année sur un rythme effréné à la limite de la surchauffe : une hausse du PIB de 11,9 % sur un an au premier trimestre. La Chine pourrait ainsi ne plus être en mesure de jouer les moteurs de la reprise mondiale. Mercredi, à contre-courant de la tendance générale, les Bourses d'Asie poursuivaient leur chute.

Claire Gatinois et Marie de Vergès


Source : Le Monde

Informations complémentaires :

AFP : Zone euro: les banques sous tension avant un remboursement record à la BCE
Les Echos.fr :
Marchés : la tension monte à l'approche du « choc » de liquidités
Le NouvelObs :
La BCE veut calmer les marchés avant une échéance-clé

 

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