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GRECE : ... Le vote ne changera rien à l'austérité sans fin...

Contributeur anonyme

Grece 08 07 2019

En dépit de sa victoire dimanche, le futur Premier ministre Kyriakos Mitsotakis n’aura pas de période de grâce.

Athènes

«C’est un nouveau jour qui se lève pour la Grèce», devait lancer Kyriakos Mitsotakis, au soir de sa victoire. Le candidat du parti conservateur Nouvelle Démocratie (ND) a remporté haut la main les élections générales dimanche. Les projections du ministère de l’Intérieur lui donnaient même la majorité en sièges, avec 158 députés (39,8% des suffrages) sur les 300 que compte le Parlement. Crédité de 31,5%, Syriza, le parti du Premier ministre sortant Alexis Tsipras, va donc rejoindre les rangs de l’opposition, quatre ans après son arrivée à la Villa Máximos. «C’est une victoire sans ambiguïté pour Nouvelle Démocratie. Nous attendrons de voir ce qu’ils en feront», a déclaré Panos Skourletis, un cadre du parti de gauche radicale.

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Mitsotakis devient le premier chef de gouvernement d’après crise, dans un pays qui peine à se relever des trois cures de rigueur consécutives. «Dès demain nous serons au travail», devait-il marteler à ses électeurs sur la place de l’Ancien Parlement, dans le centre de la capitale. Si l’entourage du nouveau Premier ministre estime qu’il faudra cent jours pour voir les premiers résultats de ses annonces, Kyriakos Mitsotakis sait qu’il doit aller vite. Les Grecs, saignés par la surimposition du gouvernement précédent, s’impatientent. «Il y a un véritable vote sanction contre les politiques imposées par Alexis Tsipras, qui allaient au-delà des objectifs dictés par les créanciers du pays, l’UE et le FMI. Il a aussi divisé la population avec ses politiques qui ont coûté cher à la population», souligne Nikos Rompapas, président du think tank Kefim.

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Ainsi, le nouveau pouvoir doit convaincre et a opté pour une cadence effrénée : après la passation de pouvoir de lundi matin avec Alexis Tsipras, Kyriakos Mitsotakis annoncera la composition de son gouvernement «déjà prêt», selon ses proches, et son intronisation dès demain. La Vouli, le Parlement, fermé en raison des élections, rouvrira le 17 juillet pour la prestation de serment des élus, et le vote de confiance, le 22. Dans la foulée, trois projets de loi seront déposés pour être adoptés. À commencer par l’organigramme du premier ministre et du Conseil des ministres, comprenant la fusion de ministères, ainsi que la réforme du code pénal. Celle-ci imposera, un cadre plus restrictif, aux antipodes du Syriza, pour empêcher les sorties de prison des condamnés à vie, comme les terroristes de l’organisation 17 Novembre, responsable de 25 assassinats dans les années 1990-2000 ; mais aussi de condamner les attaques de groupuscules d’extrême gauche contre des civils ou des groupes de presse, non condamnés par le gouvernement précédent.

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Dès la fin août, la Vouli devra se prononcer sur le projet de loi le plus attendu de ce nouveau gouvernement : l’imposition, avec une baisse des taxes de 20% à compter du 1er janvier 2020 ainsi que la réforme de l’éducation, qui permettra l’installation d’universités privées dans le pays.

Concernant les dossiers brûlants, Mitsotakis devra gérer la crise latente avec la Turquie. Le pays voisin multiplie les provocations sur le territoire maritime grec et chypriote, en contestant les recherches et l’exploitation d’hydrocarbures dans les fonds marins de Grèce et de Chypre.

Sur la scène européenne, Kyriakos Mitsotakis, en tant que membre du PPE (droite européenne), a déjà des affinités avec Manfred Weber, le candidat allemand qui avait lancé en Grèce sa campagne pour la Commission européenne ; mais aussi avec Ursula Van der Leyen, nouvellement nommée à la présidence de la Commission, de qui il est proche. Parfaitement anglophone et francophone, Kyriakos Mitsotakis compte très vite renégocier les objectifs d’excédents budgétaires primaires avec les créanciers du pays, UE, BCE et FMI, de 3,5% du PIB à 2,5% du PIB. Enfin, les marchés financiers lui étant favorables et marquant une baisse historique des taux d’emprunt, Mitsotakis pourrait décider rapidement d’une émission obligataire, pour renflouer les caisses de l’État grec, avant d’aller chercher des investissements étrangers en s’investissant lui-même dans cette opération.

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Source : Le Figaro.fr

 

Informations complémentaires :

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