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Libya 12 07 2019

Le gouvernement français a admis que quatre missiles antichars trouvés dans un camp rebelle libyen appartenaient à ses unités des forces spéciales, mais a nié avoir délibérément violé l'embargo sur les armes imposé par les Nations Unies à la Libye. Le gouvernement libyen reconnu par l'ONU, le gouvernement de l'Accord national (GNA), dirigé par Fayez al-Sarraj, a annoncé en juin qu'il avait découvert une cache de missiles antichar portables FGM-148 Javelin lors d'un raid sur un camp rebelle. Le camp appartenait à des forces loyales à Khalifa Haftar, un seigneur de guerre libyen voyou soutenu par un groupe de nations occidentales dont font partie les États-Unis, la France, Israël, l’Égypte et les Émirats Arabes Unis.

La GNA a publié des photographies des missiles guidés par laser et de leurs conteneurs d'expédition, qui montraient que les armes étaient la propriété des "Forces armées des Émirats arabes unis". Cela semble constituer une violation flagrante de l'embargo sur les armes imposé par l'ONU à la Libye, qui est en vigueur depuis 2011. La semaine dernière, des responsables d'Abu Dhabi ont déclaré que les armes n'appartenaient pas aux Émirats et ont affirmé que le gouvernement du royaume pétrolier respectait l'embargo des Nations unies à l'encontre de ce pays d'Afrique du Nord. Mardi, le New York Times a cité des sources anonymes du gouvernement français, qui ont déclaré que Paris avait acheté les quatre missiles Javelin aux États-Unis en 2010 pour près de 700.000 dollars. Enfin, hier, le ministère des Forces armées françaises a publié une déclaration dans laquelle il admettait avoir effectivement acheté les missiles aux États-Unis en 2010 et qu'ils avaient été transférés en Libye pour "l'autoprotection d'une unité militaire française déployée pour y mener des opérations antiterroristes" (d'ailleurs, la France ne dispose pas officiellement de troupes en Libye, donc cette déclaration est la seconde admission par Paris de la présence des forces spéciales françaises dans le pays). Dans sa déclaration, le Ministère a ajouté que les missiles étaient "défectueux" et qu'ils avaient été marqués pour être détruits. La déclaration insistait sur le fait que les missiles n'étaient pas destinés à être "transférés aux forces locales". Au lieu de cela, comme tous les "armements endommagés et inutilisables, ils étaient temporairement stockés dans un dépôt avant d'être détruits", dit-il.

En 2017, deux éminents experts américains, dont un ancien avocat spécial du Département de la défense des États-Unis et un professeur de droit de l'Université Harvard, ont accusé Haftar d'avoir commis des crimes de guerre à grande échelle. Insensible à ces critiques, Haftar a lancé une offensive de grande envergure en avril de cette année, dans le but de conquérir Tripoli et d'évincer la GNA. Plusieurs rapports de l'ONU ont depuis indiqué que les forces de Haftar sont secrètement soutenues par plusieurs pays occidentaux, Israël, l'Égypte et les Émirats, mais les responsables de ces pays le nient. En avril de cette année, un certain nombre d'États membres de l'Union européenne dirigés par l'Italie ont critiqué la France pour avoir bloqué une résolution commune appelant toutes les factions en guerre en Libye à cesser toutes les hostilités et à retourner à la table des négociations.

Source : Intelnews.org

 

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