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"Nous serons forcés d'ouvrir les portes. Nous ne pouvons pas être forcés a gérer seuls ce fardeau", a averti jeudi le président turc Recep Tayyip Erdogan, tout en exigeant que les pays européens apportent un soutien politique à son plan controversé de "zone sûre" dans le nord de la Syrie.

Ankara est actuellement en négociations tendues avec les États-Unis au sujet du projet d'Erdogan de découper militairement une grande partie du territoire le long de la frontière turco-syrienne qui servirait de zone tampon, où les milices kurdes soutenues par les États-Unis ne pourraient opérer.

M. Erdogan a déclaré qu'un million de réfugiés pourraient s'installer dans le nouveau territoire tampon, atténuant ainsi la crise sur le sol turc et, en fin de compte, en Europe également.

Turkey Syria 05 09 2019
Des réfugiés syriens dans un camp turc. Source de l'image : PA

La Turquie considère le noyau YPG des Forces démocratiques syriennes (SDF) comme une extension terroriste du PKK hors-la-loi. La Turquie s'est récemment engagée à délimiter unilatéralement le territoire "sûr" proposé si elle ne peut pas faire de progrès avec Washington.

Au cours du discours, le président turc s'est également plaint que son pays "n'a pas reçu le soutien nécessaire du monde" pour l'aider à faire face à la crise des réfugiés à travers la guerre qui dure depuis huit ans.

Erdogan a lancé un ultimatum " avec nous ou contre nous " au monde jeudi :

    "Soit vous nous soutenez pour avoir une zone de sécurité en Syrie, soit nous devrons ouvrir les portes. Soit vous nous soutenez, soit personne ne devrait être désolé. Nous aimerions accueillir 1 million de réfugiés dans la zone de sécurité", a-t-il dit.

Il va sans dire que ce n'est pas à lui de dire comment contrôler ou distribuer le territoire en question, et Damas s'est emparé de ce qu'il considère comme une grande mainmise turque sur ses terres.

La Turquie a exercé de fortes pressions en faveur de la zone de sécurité proposée à l'est de l'Euphrate au cours de l'année écoulée ("zone de sécurité" envisagée en bleu sur la carte ci-dessous) :

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Il est également vrai que de nombreux analystes considèrent la Turquie comme une partie extérieure de premier plan au conflit, qui a fait plus que toute autre partie pour exacerber et prolonger la guerre, notamment en alimentant la montée de l'ISIS.

Le président turc avait auparavant déclaré que le pays avait dépensé un total de 35 milliards de dollars pour accueillir quelque 4 millions de réfugiés syriens, mais que l'Union européenne n'avait pas respecté les engagements pris précédemment dans le cadre d'un plan de règlement des réfugiés.

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Erdogan s'entretient avec les responsables de son parti au pouvoir jeudi à Ankara, en Turquie, via l'AP.

Ce n'est pas la première fois qu'Ankara menace de permettre aux réfugiés et migrants syriens de partir vers les pays de l'UE, et ce ne sera probablement pas la dernière, mais il sera intéressant de voir si le chantage d'Erdogan verra un mouvement positif hors d'Europe.

Source : Zerohedge

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