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Alors que dimanche le Brésil désigne son successeur à Lula, la situation risque d’être tendue, car il faut avouer que le miracle socialiste brésilien a belle bien eu lieu. Ceci justement grâce au président Lula et à son prédécesseur qui lui a livré le pays avec une économie saine. Lula qui a eu une politique courageuse, n’hésitant pas à encadrer les banques et à taxer les capitaux étrangers pour en limiter leurs afflux. Résultat, le Brésil a vu son chômage diminuer par deux en 8 ans et arriver à 7 %, avec 4 % de croissance. Le pays a du potentiel en étant la ‘ferme du monde’, et son « ascension » sociale fonctionne. Conséquence des millions de Brésiliens se ruent sur le crédit à la consommation et seront ainsi marqué par la bête, pour finalement s’endetter et être la proie du système. Les pauvres ne sont eux aussi pas abandonnés grâce à la politique de ‘Bolsa familia’ incluant de l’argent contre vaccins et présence obligatoire à l’école. Ce pays est plein d’avenir et semble sain dans sa structure. Il devrait en inspirer certains.

Le Brésil, qui désigne dimanche le successeur de Lula da Silva, compte figurer parmi les cinq principales économies de la planète d'ici à 2020 mais constitue pour l'instant un débouché assez mineur de la France. La coopération entre Paris et Brasilia se développe rapidement, surtout sur le plan militaire.

Le « B » des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), ces pays au dynamisme économique impressionnant qui aspirent à figurer, ou figurent déjà, parmi les toutes premières économies de la planète, vote dimanche pour désigner son président. Lula da Silva (au taux de popularité stratosphérique de presque  80 % mais à qui la Constitution interdit de se présenter à un troisième mandat) soutient son bras droit, Dilma Rousseff, à qui les derniers sondages promettent la victoire dès le premier tour avec 53 % des suffrages. Tout comme son challenger, José Serra, elle a annoncé qu'elle ne comptait pas infléchir substantiellement, hormis une politique industrielle un peu plus appuyée, la ligne économique actuelle, fondée sur un « libéralisme de gauche pragmatique », en clair un début d'instauration d'Etat providence tenant compte en priorité de la nécessité de garder la dette publique et l'inflation sous contrôle.

Dixième économie mondiale

Fort d'une croissance spectaculaire et d'un Etat de droit qui attire les capitaux (le Brésil est actuellement une des trois destinations favorites des investisseurs au niveau mondial) le Brésil, dixième économie de la planète, compte bien dépasser d'ici à la fin de la décennie la France, au sixième rang. Un défi de taille puisque le PIB brésilien représente actuellement un peu plus de la moitié du PIB français, mais jouable au vu du taux de croissance spectaculaire de ce pays de 190 millions d'habitants ; environ 5 % par an depuis une demi-douzaine d'années, avec même une pointe à 10 % entre mars 2009 et mars 2010.

Relations cordiales avec Paris

Cette « course » symbolique n'empêche pas des relations bilatérales cordiales sur le plan commercial et politique. Certes, le Brésil n'était l'an dernier que le 28 e débouché et le 25 e fournisseur de la France (surtout en produits agricoles, notamment huiles et tourteaux) et les échanges bilatéraux, qui accusent depuis 2003 un déficit régulier pour la France, sont inférieurs à 8 milliards d'euros.

Les parts de marché des entreprises françaises au Brésil ne dépassent pas non plus 3 %, malgré le doublement en cinq ans de leurs ventes, portées par l'aéronautique mais aussi les pièces détachées pour l'industrie automobile et les préparations pharmaceutiques, dans ce pays à la classe moyenne en plein essor.

Pour autant, Paris et Brasilia se sont rapprochés, via notamment un vaste programme de coopération militaire il y a deux ans, qui trouve son prolongement dans le domaine civil. La filiale d'Eurocopter, Helibras, le groupe public d'armement naval DCNS, ont déjà été choisis pour fournir 50 hélicoptères et 4 sous-marins, ainsi que la coque d'un cinquième pour la mise au point d'un sous-marin à propulsion nucléaire. Mais le contrat le plus attendu, celui qui porte sur 36 avions de chasse, est devenu une véritable arlésienne, malgré le lobbying appuyé de Nicolas Sarkozy, qui avait tenté de décrocher à l'arraché ce contrat au profit du Rafale lors d'une rencontre bilatérale avec le président Lula à l'occasion de la fête nationale brésilienne il y a un peu plus d'un an.

A l'époque, le président brésilien avait indiqué une préférence personnelle pour l'option française, mais l'annonce officielle du résultat de l'appel d'offres a depuis maintes fois été repoussée, certains cercles militaires brésiliens semblant préférer, notamment pour des raisons de prix, le Gripen du suédois Saab ou le F18 de Boeing. Le ministre de la Défense, Nelson Jobim, a récemment indiqué que Lula pourrait annoncer son choix final après les élections. Aujourd'hui, du côté français, on reste prudemment optimiste.

L'horizon radieux d'Helibras

Quant à Helibras, qui reste à ce jour le seul fabricant d'hélicoptère en Amérique latine grâce à un joint-venture entre Eurocopter, l'Etat de Minas Gerais et une banque locale dans les années 1980, il se voit littéralement pousser des ailes dans la foulée de son contrat de 3 milliards de reals (1,4 milliard d'euros) avec l'armée de l'air brésilienne. Son carnet de commandes déborde : après avoir vendu 15 appareils l'an dernier, il doit en livrer plus du double cette année. Selon une étude de l'université de Campinas, les besoins de l'industrie du pétrole (et des liaisons entre la terre et les plates-formes en mer) vont se traduire par des commandes d'une centaine d'hélicoptères. De quoi justifier le doublement de la capacité de l'usine d'Helibras grâce à un investissement de 350 millions d'euros.

THIERRY OGIER À SÃO PAULO ET YVES BOURDILLON À PARIS, Les Echos

Source : Les Echos.fr

Informations complémentaires :

L'Express.fr : Dernier débat télévisé entre candidats à la présidence au Brésil
L'Express.fr :
Dilma Rousseff toujours donnée gagnante au 1er tour au Brésil
Rfi :
Brésil : une puissance émergente

 

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