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On vous en parlait en détails il y a déjà plus d’une semaine. Le scandale des « Foreclosuregate » couve toujours. Les médias français font l’autruche et n’en parlent pas. En attendant ce dernier pourrait menacer toute l’économie américaine et par effet de bord l’économie mondiale tant il est sournois, et la prise de position explosive de Barrack Obama n'arrange rien au problème.

Boa Billboard1

Vous n’avez sans doute pas encore entendu parler du “Foreclosure Gate” ? Ne vous inquiétez pas, ça va venir. A l’instant où j’écris ces lignes, Google propose déjà plus d’un million six cents mille occurrences pour ce terme, et ce n’est probablement pas fini, tant ce nouveau scandale venu en droite ligne des Etats-Unis risque de reléguer les “subprimes” à une petite farce d’étudiant-trader.

J’avoue que l’affaire est extrêmement complexe à résumer en quelques lignes. Vincent Bénard fut, à ma connaissance, le premier blogueur francophone à en parler. De son côté, la presse généraliste commence timidement à évoquer cette bombe atomique qui menace d’exploser à la figure de l’ensemble de l’économie mondiale.

Comment résumer simplement cette affaire ? On peut dire que le Foreclosure Gate (”scandale des saisies”) est une suite chronologique de la crise des subprimes, mais à la puissance dix. Souvenez-vous, les crédits subprimes avaient été accordés facilement à des ménages américains par des banques pas très regardantes sur la solvabilité desdits ménages. Mais comme le rêve américain a un prix et comme l’argent ne pousse pas dans les arbres, la crise est venue jeter à la porte des millions de ménages qui se sont défendus bec et ongles pour conserver leur bien.

Fin 2008, les lettres de ”foreclosure” débarquent par centaines de milliers dans les boîtes des Américains. Mais en examinant les dossiers de saisie d’un peu plus près, des avocats dénichent une faille dans le système. En résumé, il apparaît que les banques ont contourné la procédure légale. Les saisies auraient été effectuées dans la précipitation, sans tenir compte des règles administratives en vigueur.

Pire : le système informatique MERS qui est censé garder en mémoire toutes les opérations immobilières du pays (enregistrements, hypothèques, etc.) s’avère incapable de répondre aux critères définis par la loi américaine. Ses défaillances pourraient conduire à l’annulation de millions d’actes d’achat ou de vente, car les banques ne sont plus en mesure de prouver qu’elles détiennent une hypothèque. Certaines d’entre elles sont allées jusqu’à fabriquer de faux documents pour tenter d’abuser des propriétaires.

L’affaire a pris un tel tour que la justice a décidé de suspendre toutes les saisies en cours. Il va falloir désormais remonter le fil de chaque achat, vérifier les enregistrements et la légalité des saisies, bref un travail de titan qui prendra du temps mais qui risque surtout de… plomber les banques. Le chiffre de 700 milliards de dollars est avancé, sans que l’on puisse dire s’il est sous-estimé ou surévalué. Parmi les banques impliquées dans ce scandale à grande échelle, on retrouve Wells Fargo (l’un des géants bancaires aux USA, premier prêteur hypothécaire en 2010), Ally (numéro 4 en matière de crédit immobilier), ainsi que les désormais tristement célèbres Fannie Mae et Freddy Mac, déjà à l’origine de la crise des subprimes.

Le scandale commence à trouver un léger écho dans la presse française. Pour l’AFP, on ne peut pas encore parler de “menace”, mais à ce stade on ignore complètement l’impact que risque d’avoir cette affaire en dehors des Etats-Unis et sur ce qu’on appelle “l’économie réelle”. Ce qui est sûr, c’est que 50 procureurs ont uni leurs efforts pour mener des poursuites contre les banques visées, avec à la clef des dédommagements juteux. Comme dans la crise des subprimes dont on ressent encore les secousses aujourd’hui, la titrisation sauvage, l’irresponsabilité et l’opacité des géants bancaires risque encore de mener l’économie au bord de la faillite.

Comme on dit : affaire à suivre…

Un bon (et long) résumé en français ici ou ici. Un article sur le scénario du pire (en anglais) ici.


Source :
RTLInfo.be

Informations complémentaires :

Solidariteetprogres.org : Foreclosuregate : LaRouche avait vu juste et Obama défend Wall Street
LeBlogFinance :
Foreclosuregate : Obama contre un moratoire général sur les saisies immobilières
Contrepoint :
Foreclosuregate, les véritables enjeux juridiques
 

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