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Une étude de CLSA montre que, depuis 1999, la croissance annuelle du revenu moyen urbain en Chine est restée pratiquement supérieure à 8 %. Ce n'est le cas pour le monde rural que depuis 2006. Mais cette appréciation est grignotée par l'inflation autour de 5 %, et des prix de l'immobilier quasiment inaccessibles pour le Chinois moyen. Les militants de la démocratie, qui appellent à manifester chaque dimanche dans les grandes villes pour une "révolution de jasmin" dans leur pays, mettent en avant ce creusement des inégalités. C'est dans ce contexte tendu que ce samedi, les dirigeants du Parti communiste chinois ont dévoilé les détails du douzième plan quinquennal. Lors de cette pseudo assemblé démocratique, qui est en fait sous le contrôle absolu du parti (et résolument pas philanthropique), se trouve l'épicentre des 'débats'. Elle est composée de 2987 membres, dont les plus fortunés des parlementaires américains sont loin d'égaler leurs homologues chinois. Les citoyens ont donc dû faire face aux membres de cette prestigieuse assemblée, qui comprend 70 très grosses fortunes, et dont le patrimoine cumulé représente 493,1 milliards de yuan (53,7 milliards d'€uros). A titre de comparaison, rappelons qu'aux Etats-Unis, la fortune des 70 membres du Congrès les plus riches atteint seulement 4,8 milliards de dollars (3,4 milliards d'€uros). Ce qui, en prenant en compte la différence de revenus pour les habitants chinois par rapport à ceux d'Outre-Atlantique et donc le delta par rapport à leurs dirigeants, est totalement abyssal.

Comme pour nous et le démocratique ISF, c’est donc un problème d’égalité des droits qui va se poser concrètement aux 1 331 460 000 Chinois… D'ailleurs le gouvernement en est bien conscient, puisqu'il a pris en compte les nouveaux enjeux fédérateur posés par leur Intranet,  et soucieux de guider efficacement son peuple, il vient d'annoncer après mure réflexion : "une hausse importante des moyens attribués aux forces de l'ordre du pays..." Ce que vous pourrez découvrir en précision dans cette vidéo ci-dessous, ainsi que l'article de la Tribune qui l'accompagne.

Ce samedi, les dirigeants du parti communiste chinois dévoileront les détails du douzième plan quinquennal. L'un des volets portera sur les mesures, en particulier fiscales, destinées à réduire des inégalités de revenus, sources de tensions dans la population. Mais il faudra compter avec l'opposition des dizaines de milliardaires membres de l'assemblée.

Les mesures en faveur d'une réduction des inégalités en Chine, qui atteignent des proportions inédites, figurent en bonne place dans le 12e plan quinquennal. Demain samedi, dans son discours d'introduction aux travaux de la réunion annuelle de l'Assemblée nationale populaire, le Premier ministre Wen Jiabo devrait en parler longuement. Le pouvoir est préoccupée par la grogne sociale qui gagne du terrain, en raison de la cherté de la vie, de l'absence de liberté d'expression et de la corruption.

Car en Chine, argent et communisme font bon ménage. Une enquête menée par deux journalistes de l'agence Bloomberg, Michael Forsythe, correspondant à Pékin, et Peter Hirschberg, illustre quantitativement le phénomène.

Les plus fortunés des parlementaires américains sont loin d'égaler leurs homologues chinois

Dans les rangs des 2.987 membres de l'Assemblée, figurent 70 très grosses fortunes dont le patrimoine cumulé représente 493,1 milliards de yuan (53,7 milliards d'euros). A titre de comparaison, rappelons qu'aux Etats-Unis, la fortune des 70 membres du Congrès les plus riches atteint seulement 4,8 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros). Or, outre-Atlantique, le revenu par habitant est dix fois supérieur à celui de la République populaire. Difficile d'illustrer plus clairement l'écart abyssal des inégalités dans l'ex-Empire du milieu.

Officiellement, aucun pays au monde ne compte plus de milliardaires que les Etats-Unis. On en recense 400 contre 190 en Chine. Mais ce chiffre, selon de nombreux spécialistes, ne reflète que partiellement la réalité, car, dans l'ex-empire du Milieu, une large part de la richesse n'est pas déclarée.

Dans ces conditions, la volonté de justice sociale affichée par les autorités de Pékin a toutes les chances de se heurter au lobbying des "caciques" membres de l'Assemblée. Car si, au nom de l'égalité, il n'est pas obligatoire d'être communiste pour intégrer le "parlement" de la nation, en réalité, cette chambre est sous le contrôle absolu du parti. La sélection de ses "élus" fait donc problème pour représenter une population de facto exclue de toute possibilité institutionnelle de s'exprimer. Comme le remarquait l'écrivain britannique George Orwell, dans "La ferme des animaux" : "Certains sont plus égaux que d'autres".

Un relèvement du seuil d'imposition est... envisagé

Si dans le nouveau plan quinquennal, il est prévu de relever le seuil d'imposition fiscale pour soulager les bas et moyens revenus et taxer davantage les hauts revenus, en revanche aucun taux précis n'a encore été communiqué. Comment ces milliardaires et ceux qui aspirent à le devenir seront-ils enclins à accepter l'application réelle de telles mesures ? D'autant que la générosité ou la justice sociale ne font pas partie de leurs préoccupations.

Pour s'en convaincre, il suffit d'écouter le plus riche des membres de l'Assemblée chinoise, Zong Qinghou. "Les gens riches investissent leur argent, et créent des emplois. S'ils sont éliminés, personne n'investira ni ne construira des usines !" expliquait récemment à des journalistes, le PDG fondateur du groupe Hangzhou Wahaha, leader sur le marché des boissons en Chine. Ce dernier s'est également toujours prononcé contre l'imposition de toute taxe foncière où l'extension du financement public pour améliorer une couverture sociale pratiquement inexistante. C'est plutôt le genre de discours que l'on s'attendrait à trouver dans la bouche d'un adepte de Milton Friedman ou de Friedrich Hayek, mais à une grande réserve près : ces auteurs ont aussi viscéralement défendu la liberté de l'individu contre tous les totalitarismes.

Vraiment riches, officiellement communistes mais résolument pas philanthropes

En septembre dernier, les milliardaires américains Warren Buffett et Bill Gates avaient fait le déplacement à Pékin pour convier cinquante de leurs homologues chinois à un dîner pour leur vanter les bienfaits de la philanthropie, ils avaient fait chou blanc, les nouveaux riches de la république populaire ayant été  très réticents à mettre la main à la poche.

Il n'en reste pas moins que la préoccupation du parti de rééquilibrer un modèle économique où les taux de croissance à 10% se sont faits sur un faible coût de travail, une priorité aux exportations et un investissement inédit dans l'histoire humaine dans le développement des infrastructures, est réelle.

Une étude de CLSA montre que depuis 1999, la croissance annuelle du revenu moyen urbain est restée pratiquement supérieure à 8%. Ce n'est le cas pour le monde rural que depuis 2006. Mais cette appréciation est grignotée par l'inflation autour de 5%, et des prix de l'immobilier quasiment inaccessibles pour le Chinois moyen.

Les militants de la démocratie qui appellent à manifester chaque dimanche dans les grandes villes pour une "révolution de jasmin" dans leur pays mettent en avant ce creusement des inégalités, soulignant l'incapacité du parti communiste à trouver une solution à l'aggravement de cette situation malgré le boom économique. Pour le moment, la seule réponse est la répression.

Source : La Tribune.fr

Informations complémentaires :

AFP : Chine : mise en garde d'un journal contre les "rassemblements du jasmin"
RFI : Craignant les révoltes populaires, la Chine alloue 65 milliards à la sécurité
DNA : Attention au jasmin…

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