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À l’heure où la colère mondiale gronde, symbolisée par le pacifique peuple japonais, qui de colère remplit les rues de Tokyo, et ceci alors que nous annoncions le 3 mai 2011 une possible confirmation par un éminent scientifique japonais de la fusion à 100 % des cœurs 1, 2 et 3 de la centrale de Fukushima Daiichi. Tepco dément et reste ferme sur une estimation de fusion du réacteur 1 à 55 %...

Alors plus immédiatement, « peut-on encore sauver cette centrale ? » C’est peut-être une question qu’il faudra rapidement se poser... Car, je vous rappelle que nous nous affrontons avec nos « alliés » américains, ces pompiers pyromanes fidèles à leur politique de « tirer pour poser ensuite les questions ». Toujours prêts à rendre service (ils auraient peut-être dû intervenir sur ces réacteurs, de fabrication AMERICAINE, quand on pouvait encore essayer de les stabiliser, et comme je le DISAIT !  mettre des pompes sur groupe électrogènes pour pomper l’eau de mer et les refroidir au début de l’incident il y a déja 2 mois...).

Toujours statique sur leur politique nucléaire depuis 1945... Ils veulent maintenant atomiser la centrale de Fukushima Daiichi (avec le sourire… ) Et relâcher directement dans la stratosphère de notre beau vaisseau spatial : le mox, le plutonium et tout ce qui la constitue ! J’avoue que comme pour le reste c’est génialissime ! Quels visionnaires ! Enfin qui s'en n’étonnera... Hélas personne !… C’est malheureusement  conforme aux « plans »… Mais ne vous inquiétez pas ! L'actualité est d'ores et déjà prometteuse, car Tepco n'est pas avare de nouveautés, prend les devants, et nous annonce déjà paradoxalement une « anomalie » sur le système de refroidissement de la plus grande centrale nucléaire au monde !...(informations complémentaires)

Update 26.02.2016 :

L'opérateur japonais Tepco a demandé à plusieurs techniciens de pénétrer dans l'enceinte du bâtiment du réacteur n° 1 de la centrale de Fukushima Daiichi. On nous explique qu'il s'agit de filtrer l'air des locaux afin de pouvoir intervenir, plus tard, celA afin de tenter de rétablir les fonctions de refroidissement du réacteur.

Je suspecte qu'il s'agisse une nouvelle fois d'un effet d'annonce, obtenu, cette fois-ci, au prix de l'irradiation de quelques personnes. Ce qui serait cher payé pour de la "com". Je vais vous expliquer ce qui motive mon opinion.

 L'opérateur annonce, si j'ai bien compris, qu'il a pour objectif de mettre en oeuvre un circuit de refroidissement de substitution, au moins dans le réacteur n° 2. Cet objectif est louable mais ne me semble pas complètement cohérent avec les données fournies publiquement par l'opérateur.

En premier lieu, l'état de fusion présumé du réacteur, 55 pour cent, implique que la géométrie des barres de combustible a été fortement modifiée. Peut-être même existe-t-il des masses compactes résultant de cette fusion. Cette géométrie ayant été modifiée, la circulation de l'eau entre les barres doit être rendue plus difficile. De surcroît, on a la certitude que le réacteur fuit de manière importante, ce qui rend difficilement imaginable un circuit de refroidissement fermé. Pourquoi Tepco ne mentionne-t-il pas du tout ces probables difficultés quand il annonce sa feuille de route, et ne fait-il pas non plus état de son degré de connaissance ou d'ignorance de la géométrie réelle des barres, ainsi que des données qu'il possède concernant la localisation exacte des fuites?

Il faut, pour commencer, se remémorer le mode de refroidissement des réacteurs de Fukushima en temps normal. Il s'agit de réacteurs à eau bouillante BWR, boiling water reactor. Grossièrement, de l'eau circule du bas vers le haut dans chaque réacteur. L'eau froide arrive par le bas et est chauffée au contact des barres d'uranium. L'eau bouillante est récupérée au sommet du réacteur, échauffe elle-même un autre fluide caloporteur, en évitant absolument que de la radioactivité passe dans ce second circuit. Ce circuit secondaire est donc parfaitement isolé du circuit d'eau passant sur les barres d'uranium, et est chauffé au travers d'échangeurs thermiques absolument étanches.  Finalement, cette énergie thermique est transformée en électricité par des turbines.

 Ce qui nous intéresse, ici c'est la circulation de l'eau entre les barres d'uranium, du bas vers le haut donc. A Fukushima les barres sont creuses.

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Très intéressante animation russe montrant le fonctionnement des réacteurs de Fukushima, diffusée par NHK.

Il faut aussi savoir que des barres de contrôle, modératrices, placées à proximité des barres de combustible, sont intercalée à la demande pour ralentir, voire arrêter les réactions nucléaires exothermiques. A Fukushima, ces mécanismes de sécurité ne peuvent plus être utilisés. Donc les barres de combustible chauffent sans possibilité de contrôle par ces barres modératrices. Le schéma suivant montre les barres de combustibles en rouge et les barres de commande modératrices en gris.

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En temps normal, la géométrie des barres de combustible régulièrement espacées doit permettre une libre circulation de l'eau de refroidissement.

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Le circuit primaire de refroidissement,, celui qui fait circuler l'eau du bas vers le haut, est hors-service depuis le tsunami. L'eau déversée, tardivement (tepco pensait pouvoir récupérer ses réacteurs en évitant l'inondation par de l'eau salée ne pouvant que les dévaster définitivement), n'a pas pu empêcher totalement la fusion des barres de combustible. Les barres de combustible ont fondu, au moins,  partiellement. Aux dires de Tepco, 55 pour cent du combustible du réacteur n° 1 aurait fondu.

En temps normal, le refroidissement du réacteur est déjà une opération délicate. Actuellement, non seulement le flux d'eau n'existe plus, mais la géométrie du combustible à été gravement modifiée par la fusion des barres. Cela ne constitue pas une hypothèse, mais une réalité.  Remplissez un pichet à l'aide de bougies de cire bien serrées et allumez-les. Observez le résultat au bout de quelques heures. Une masse de cire se sera formée au fond. Cela peut donner une idée de ce qui se passe à l'intérieur du réacteur n° 1 (et des autres). Une conséquence de cette modification de la géométrie des barres ,due à leur fusion, est que l'eau ne peut plus circuler comme auparavant. Sa circulation est entravée voire interdite. Pour savoir jusqu'à quel point, il faudrait aller y voir, et, à ma connaissance les japonais ne peuvent pas le faire. Personne ne sait donc dans quel état sont les barres. Un seule indication est donnée : les pressions mesurées par Tepco ne sont pas homogènes dans le réacteur n° 1, ce qui laisse suspecter des difficultés de circulation de l'eau.

 

Exemples anciens de barres endommagées. Il ne s'agit pas de Fukushima.

Observez la masse fondue au bas de l'image de droite.

Quand les japonais annoncent qu'ils veulent établir un nouveau système fermé de refroidissement, ils feignent d'ignorer que l'eau ne peut plus circuler normalement dans le réacteur. Les échanges thermiques deviennent sensiblement réduits. et personne ne sait de combien. Ces échanges sont d'autant plus réduits que l'intérieur des barres elles-mêmes y contribuait,  ces barres étant creuses, L''eau pouvait circuler autour d'elles, mais aussi à l'intérieur. Imaginez que vous buviez à l'aide d'une paille que vous pinceriez par le milieu. Pas facile. Il se peut même que l'uranium en fondant ait formé par endroit une masse compacte. On voit bien que l''eau risque de circuler très mal à l'intérieur du réacteur, même si on le dote d'un nouveau circuit de refroidissement.

Par ailleurs, il est de notoriété publique que l'enceinte de du réacteur n° 1 est percée, car les dizaines de milliers de tonnes d'eau déversées sur ce réacteur se répandent dans les sous-sol. Tous les réacteurs endommagés sont devenus des tonneaux sans fond. Si l'on ne considère que le réacteur n° 1, une circulation d'eau difficile, des échanges thermiques réduits, une enceinte percée interdisant un circuit fermé, tout celà rend la feuille de route de Tepco bien suspecte. 

De plus la pression s'accroît régulièrement au sein du réacteur n° 1. Bien que de l'azote y soit injecté, l'hydrogène risque fort de causer une nouvelle explosion. Celle-ci n'améliorerait ni la géométrie des barres, ni l'étanchéité de l'enceinte de confinement.

L'agence de nationale japonaise de sécurité paraît s'inquiéter de ce ce projet douteux. Elle semble lui préférer une inondation complète du réacteur. Mais cela ne résoudrait rien, car le réacteur fuit,  et de ce fait les quantité d'eau radioactive déversées dans la nature deviennent intolérables. Maintenir le réacteur n°1 plein se ferait au prix d'une pollution croissante.

Au surplus, de la fumée blanche radioactive monte toujours des réacteurs. Cela n'empêche pas Tepco de continuer à présenter les choses de manière à insinuer que la situation progresserait de façon sensible.  Cela masque le risque réel d'explosion et surtout de perte de contrôle total du site. L'explosion serait catastrophique, car elle disperserait, à nouveau, beaucoup de radioactivité en une seule fois. mais le plus grave serait la perte de contrôle qui pourrait en découler. Si les conséquence d'une telle explosion empêche de continuer l'injection d'eau dans le réacteur, la fusion des barres s'accélérera jusqu'à produire un flux catastrophique et continu de radioactivité dans l'atmosphère. L'intervention sur le reste du site en deviendra d'autant plus difficile.

J'en conclue que TEPCO, loin de maîtriser la situation, joue sur la corde raide. Il est possible que cet opérateur réussisse à maintenir la centrale dans cet état précaire indéfiniment, mais j'en doute. La centrale est instable. Toute contrainte inattendue, explosion d'hydrogène, nouveau séisme, pourrait rendre la situation très dangereuse. De surcroît la saison des typhons va commencer au Japon. En cas de nouvelle explosion, les vents tourbillonnants emmèneraient probablement une bonne partie de la radioactivité vers la zone très habitée de Tokyo, relativement épargnée jusqu'à présent du fait que les vents étaient plutôt orientés vers la mer.

Dominique

Source : Le Blog des News de Fukushima

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