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Pendant que les soldats de l'ONU s'initient aux snuffs movies sur les enfants d'Haïti, et qu'en France débute le prélude à Jacques Servier et sa société, qui vous ont tué sciemment pendant 40 ans pour quelques kilos de trop...

Ce matin, à l'international, c'est à l’image des Israéliens que les Italiens commencent à manifester leur mécontentement dû à une mesure de facilité sur les licenciements (augurant du meilleur pour leur avenir...). La colère affleure donc aussi en Europe. La Grèce s’enfonce dans la logique de la dette, elle est, de facto, mise sur la sellette (possible instigatrice d’un effet domino de défaut de dette souveraine, que nous présentions il y a longtemps dans ces pages...)

Symptôme mondial de cette folie des intérêts, c’est bien loin des Grecs, en Israël, que les salaires stagnent depuis 2008. Ceci, alors que l’état hébreu, lui, a vu simultanément les prix de ses maisons augmenter en général de près de 50 %. Par effet de bord dans la capitale à Tel-Aviv (où se concentre l’activité économique) le prix des appartements a bondi de 64 % en trois ans…

Comme en France, en Allemagne ou en Angleterre, et aux USA, je suppose que dans ces pays aussi, le calcul de l'inflation et des salaires ne tiennent pas compte du prix des aliments et des dépenses énergétiques des foyers...

Les gens n’arrivent donc plus à se loger, et le prix de la vie augmente démesurément, au point de les faire chavirer et manifester dans la rue...

Tout ceci sous l’impulsion identifiée de 12 familles israélites, qui possèdent la plupart des infrastructures et points forts du pays. Malheureusement, elles ne semblent pas porter beaucoup d’intérêts au bien-être des habitants, par rapport à l’ivresse générée par leurs gains immédiats sur les marchés mondiaux, et surtout locaux... Où ils peuvent, en toute impunité, manipuler les prix du ciment ou de l'essence, ainsi que la politique bancaire du pays,

Ce qui se ressent dans la compromission affleurante des acteurs politiques, que l’on pressent à l’international, et qui semble être totalement effective au niveau local pour permettre ces miracles économiques. Avec pour effet, comme partout, de désynchroniser de plus en plus le peuple de base par rapport à ses élites, qui elles lui imposent sa marche forcée vers un monde qu’elles veulent plus « global… » (et surtout d'une homogénéité rentable....)

Environ 400 000 Israéliens ont déferlé dans le centre de Tel-Aviv et dans une quinzaine de localités pour dénoncer le coût de la vie.

Il s’agit de la plus grande manifestation sociale de l’histoire du pays.

Les « indignés » israéliens n’ont pas abandonné leur revendication sociale, contrairement à ce que le gouvernement espérait. Le vaste espace de Kikar Hamedina, la « place de l’État », à Tel-Aviv, était noir de monde, samedi 3 septembre. Selon les trois chaînes de télévision israéliennes, le nombre total de manifestants dépassait le pic enregistré le 6 août, lorsque 300 000 Israéliens étaient descendus dans les rues, pour ce qui avait alors été la plus grande manifestation sociale de l’histoire du pays.

« On nous a dit que le mouvement marquait le pas. Ce soir, nous avons démontré le contraire »,  proclamait à la tribune l’une des figures du mouvement, Itzik Shmuli, secrétaire général de l’Union des étudiants israéliens. Les manifestants, parmi lesquels se trouvaient un grand nombre de jeunes, presque exclusivement laïques, et comprenant de petits groupes d’Arabes israéliens, brandissaient des pancartes avec le portrait du premier ministre Benyamin Netanyahou barré de l’inscription « limogé »  et des pancartes dénonçant : « Un pays de lait et de miel… pas pour tous » .

C’est la classe moyenne israélienne qui est touchée de plein fouet par la flambée des prix des logements, alors que les salaires stagnent. Depuis 2008, les prix des maisons en général ont augmenté de près de 50 %. Dans la capitale Tel-Aviv, où se concentre l’activité économique, le prix des appartements a bondi de 64 % en trois ans. Les promoteurs immobiliers préfèrent construire en priorité des résidences de luxe, plutôt que des logements accessibles aux jeunes. 70 % des Israéliens n’auraient plus les moyens de devenir propriétaires.

L’économie aux mains de 12 familles

Et pourtant, l’économie israélienne est prospère. Le taux de croissance atteint aujourd’hui 4,5 %. Le chômage, qui dépassait 10 % en 2004, est tombé à 6 %. Troisième pays en nombre de sociétés cotées au Nasdaq – la Bourse américaine des cotations électroniques – derrière les États-Unis et la Chine, Israël est un exportateur majeur de savoir-faire et de haute technologie civile et militaire.

Mais la politique ultralibérale, l’ampleur des privatisations engagées depuis près de dix ans par différents gouvernements et accélérées depuis l’élection de Benyamin Netanyahou ont été payées au prix fort par les Israéliens. Les coupes budgétaires affectent le système de santé publique, l’éducation, la protection sociale, tandis que les impôts des plus riches et des sociétés ont été réduits et que les prix s’envolent.

Il s’agit d’une économie de plus en plus inégalitaire. Selon le quotidien de gauche Haaretz , 12 familles en Israël contrôlent entre 60 % et 100 % des banques, des supermarchés, des raffineries, des stations-service, des assurances, du ciment et des combustibles. 95 % des réseaux de téléphonie mobile sont détenus par trois milliardaires. Deux autres se partagent 90 % des raffineries. 68 % des banques sont entre les mains de quatre personnes, et un seul homme, Nochi Dankner, aussi présent dans la téléphonie mobile et les supermarchés, détient le monopole du ciment.

AGNÈS ROTIVEL

Source : La Croix

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