SYRIE : un journaliste anglais évacué, incertitudes pour Edith Bouvier

On en parle peu. Ce n'est pas par indifférence, mais vous connaissez la situation en Syrie, où le pays se trouve bien isolé face à la mainmise américaine sur le Moyen Orient...  Rappelez-vous, il y a justement 5 ans... Les aveux du général américain Wesley Clark (ci-dessous..). Eh bien, que leurs manœuvres ne trompent personne... Il semble (comme vous allez le lire) que leur récente « victoire » en Libye soit riche d'enseignements pour Washington. Mais ici, comme ailleurs, en bons pompiers pyromanes, j'ai bien peur qu'ils ne suivent strictement que leur agenda... (informations complémentaires).

Encore une fois, ce sont les civils et ceux qui couvrent les conflits pour raison professionnelle qui payent le prix fort de ces manipulations de masse... Toutes mes pensées au peuple syrien et iranien ainsi qu'à Edith Bouvier.

Le reporter britannique Paul Conroy, blessé en Syrie, est arrivé mardi 28 février au Liban, après avoir été exfiltré de la ville de Homs (centre), bombardée pour le 25e jour consécutif, mais la confusion régnait quant au sort de sa consoeur française Edith Bouvier.

De son côté, le ministère français des Affaires étrangères a indiqué que le Conseil de sécurité était saisi d'un nouveau projet de résolution en faveur d'un cessez-le-feu humanitaire en Syrie et que les discussions à New York sur ce projet "devraient s'ouvrir" mardi.

A Genève, la délégation syrienne a quitté les débats au Conseil des droits de l'Homme et la fin des discussions sur un projet de résolution appelant à un accès "sans entrave" aux humanitaires des Nations unies a été reportée à jeudi.

A Pékin, le chef de la diplomatie chinoise s'est dit favorable à l'envoi d'aide humanitaire en Syrie dans une discussion par téléphone avec le leader de la Ligue arabe ainsi qu'avec certains de ses homologues dans le monde arabe, a rapporté mercredi la presse d'Etat.

Exfiltration confirmée

Le reporter britannique Paul Conroy, qui collabore notamment avec le Sunday Times, a rejoint le Liban via un point frontalier illégal, a expliqué un militant qui a participé au transport des blessés.

Son exfiltration a été confirmée par le Sunday Times et le ministère britannique des Affaires étrangères, qui a indiqué que Paul Conroy était "en sécurité au Liban où il a reçu toute l'assistance consulaire voulue de la part de notre ambassade".

L'incertitude demeurait en revanche quant à la situation d'Edith Bouvier, reporter pour le quotidien français Le Figaro, blessée tout comme Paul Conroy le 22 février dans un pilonnage à Homs.

Après avoir annoncé qu'elle était saine et sauve au Liban et s'être dit "très heureux que le cauchemar (de la journaliste) prenne fin", le président français Nicolas Sarkozy est revenu sur ses déclarations. "Il n'est pas confirmé qu'elle est aujourd'hui en sécurité au Liban. Les communications sont très difficiles avec Homs", a déclaré le chef de l'Etat, en évoquant une situation "imprécise" et "complexe".

Toujours en Syrie"

Le Figaro a indiqué pour sa part en début de soirée qu'Edith Bouvier n'était "pas au Liban mais toujours en Syrie".

Auparavant, un responsable libanais avait affirmé que "les journalistes Edith Bouvier et Paul Conroy étaient arrivés dans la nuit au Liban et ils sont sains et saufs".

Edith Bouvier, 31 ans, et Paul Conroy, 47 ans, avaient été blessés lors du bombardement qui a coûté la vie à la journaliste du Sunday Times Marie Colvin et au photographe français Rémi Ochlik. Deux autres journalistes, le Français William Daniel et l'Espagnol Javier Espinosa, se trouvaient également à Homs.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a indiqué avoir pu acheminer de l'aide aux villes syriennes d'Idleb (nord-ouest) et de Homs et a précisé que ni le CICR ni le Croissant-Rouge syrien n'ont été impliqués dans une évacuation de journaliste mardi.

L'aide a été donnée au Croissant-Rouge syrien, mais n'a pas pu encore être distribuée en raison des combats, selon le CICR qui a réitéré son appel à une trêve humanitaire.

Mais selon un militant sur place, le régime syrien a envoyé de nouveaux renforts de la 4e Brigade de l'armée régulière à Homs.

"Ces renforts augmentent notre crainte que l'assaut final est proche", a dit par téléphone Hadi Abdallah, un membre de la Commission générale de la révolution syrienne.

Par ailleurs, selon plusieurs chefs de groupe de combattants de l'Armée syrienne libre (ASL) -qui regroupe des déserteurs- postés autour de Homs, l'accès à cette ville est désormais complètement coupé.

Parallèlement, les violences se poursuivaient à travers le pays, faisant 31 morts, dont six soldats, notamment à Homs, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

A Damas, des milliers de personnes sont descendues dans les rues de la capitale, relativement peu touchée encore par les manifestations anti-régime, afin d'enterrer des victimes des tirs des forces de sécurité, ont indiqué des militants.

Le bilan des victimes de la répression en Syrie est "certainement beaucoup plus que 7.500 morts", a déclaré Lynn Pascoe, secrétaire général adjoint de l'ONU pour les affaires politiques, tout en reconnaissant que l'ONU ne pouvait "pas donner de chiffres précis".

La secrétaire d'Etat Hillary Clinton a estimé qu'il existait des "arguments" qui permettraient de poursuivre le président Bachar al-Assad comme criminel de guerre, mais qu'une telle action compliquerait la recherche d'une solution en Syrie.

Constitution

La Maison Blanche a affirmé qu'Al-Qaïda essayait de profiter des violences en Syrie, et reconnu qu'il s'agissait de l'une des raisons pour lesquelles fournir des armes à l'opposition au régime de Bachar al-Assad n'était pas à l'ordre du jour pour Washington.

Sur le plan politique, le président Assad a ratifié mardi la Constitution adoptée par référendum dimanche par 89,4% des votants, selon le régime.

Le référendum, qualifié de "succès" par la presse officielle à Damas, a été accueilli avec scepticisme et par des railleries à l'étranger.

La nouvelle loi fondamentale abolit la suprématie du parti Baas au pouvoir depuis un demi-siècle mais maintient de larges prérogatives pour le chef de l'Etat.

La modification de la Constitution fait partie des réformes promises par le régime qui, refusant d'admettre l'ampleur de la contestation, se targue de l'appui de son peuple pour venir à bout de la révolte assimilée à du "terrorisme" mené par des "gangs armés à la solde de l'étranger".

Source : Le nouvel Observateur et AFP

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