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Comme on nous l'a appris dans ces fameux cours de management pour cadres dynamiques « rien de nouveau sous le soleil… »

La Fed a décidé, hier, d'acheter chaque mois pour 40 milliards de dollars d'actifs immobiliers titrisés. Elle poursuit son programme Twist et étend sa politique de taux directeurs très bas jusqu'à la mi-2015.

Après le bazooka sorti par la Banque Centrale Européenne (BCE) la semaine dernière, la Réserve fédérale américaine (Fed) a elle aussi dégaîné hier une arme puissante en se lançant dans un nouveau cycle d'assouplissement quantitatif (QE). Décrivant une situation économique maussade un taux de chômage « qui reste élevé », la banque centrale a annoncé un nouveau programme de rachat d'actifs immobiliers titrisés. Avec une originalité par rapport aux deux  programmes précédents.

QE3

Elle ne s'est pas engagée sur un montant total, ni sur un calendrier fixe, mais sur un montant mensuel : 40 milliards de dollars par mois.

Cette décision porte la marque des « faucons » qui, au sein du comité de politique monétaire, soulignent les risques de ces programmes d'achats massifs et souhaitent pouvoir les suspendre si la conjoncture s'améliore rapidement. Les marchés se sont étonnés que la Fed ne procède pas, aussi, à des achats de bons du trésor, comme lors des précédents cycle de QE. C'est sans doute pour ne pas prêter le flanc à la critique des Républicains, qui attaquent la banque centrale sur sa politique accommodante. Ils estiment qu'elle a outrepassé son rôle et que les achats massifs de bons du Trésor ont alimenté une expansion de l'Etat qu'ils déplorent. A un journaliste de Fox News, proche du parti républicain, qui lui demandait si cette nouvelle initiative n'œuvrait pas à la réélection de Barack Obama, Ben Bernanke a sobrement répondu que « à la Fed, nous avons su rester non-partisans et apolitiques. Nous prenons nos décisions sur la seule base de l'économie ».

D'autres instruments

La Fed a décidé par ailleurs de poursuivre son programme Twist, qui consiste à acheter des titres obligataires longs tout en vendant des actifs courts de manière neutre pour le bilan, jusqu'à la fin de l'année. En tenant compte de toutes ses actions, la banque centrale a indiqué qu'elle allait porter ses achats de titres longs à quelque 85 milliards de dollars par mois d'ici à la fin de l'année. Le but : « mettre sous pression les taux d'intérêt à long terme, soutenir les marchés immobiliers, et contribuer à des conditions de financement plus faciles ». « Si les perspectives du marché de l'emploi ne s'améliorent pas de manière substantielle », la Fed se dit prête « à utiliser ses autres instruments de manière appropriée, tant que les prix restent stables ». Interrogé sur les critères qu'il retiendrait pour juger de la reprise de l'emploi, Ben Bernanke n'a pas donné de chiffre exact, se contentant de réclamer « une amélioration continue, sur plusieurs mois, de la situation ».

En parallèle, le Comité de politique monétaire a décidé d'étendre l'horizon pour lequel il anticipe « des niveaux exceptionnellement bas pour les taux directeurs » jusqu'à la mi-2015, alors qu'il ne s'était engagé sur les niveaux actuels (entre 0 et 0,25 %) que jusqu'à la fin 2014.

Reste à voir si ces nouvelles actions auront un impact significatif sur l'économie réelle. Ben Bernanke a défendu à Jackson Hole les bénéfices des précédents assouplissements en termes de croissance et d'emploi. Mais au sujet du troisième programme, les économistes sont en général plus sceptiques. Le problème de la plupart des entreprises, ce n'est pas l'accès au financement, mais l'incertitude quant à la politique fiscale du prochain gouvernement. Si le Congrès n'intervient pas d'ici janvier, la fin des cadeaux fiscaux accordés par George Bush, combinée à des coupes automatiques dans les dépenses, auraient un impact désastreux sur l'économie, le pays risquant de retomber dans la récession. Ben Bernanke a d'ailleurs appelé le Congrès à ses responsabilités : « Je ne pense pas que la Fed aura les instruments permettant de compensant les effets » de la falaise fiscale, comme on appelle outre-Atlantique le cocktail explosif d'alourdissement de la fiscalité et de réduction des dépenses.

Écrit par Karl de MEYER
Correspondant à New York

 

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