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Quand on parle du loup, en tout cas après son voyage en Grèce, François Hollande ne pourra pas dire « qu’il ne savait pas » le résultat des politiques d’austérité…

Grece Austerite 19 02 2013
La Grèce, entre impératifs financiers, pression de l'UE et protestations de sa population. Petros Giannakouris/AP/SIPA

ECONOMIE - Le bilan des cures d’austérité exigées par la communauté internationale laisse songeur...

La Grèce considérée, comme l’homme malade de l’Europe, se redresse petit à petit. Mais à quel prix. Le pays est entré dans sa sixième année consécutive de récession, avec un nouveau repli du PIB de 6% sur les trois derniers mois de 2012, et le taux de chômage y atteint désormais 27%. «Aucun peuple en Europe n'a subi une telle épreuve», a reconnu François Hollande mardi lors d’un déplacement à Athènes, soulignant la perte d’un quart du PIB depuis 2008 !

«Situation catastrophique»

Le président de la République a dit le soutien de la France à la Grèce, manifesté par le refus d'envisager toute sortie de la zone euro, Paris craignant que les doutes sur l'intégrité de la zone monétaire provoquent une spéculation en cascade sur ses membres les plus fragiles. Une reconnaissance aussi pour un Etat qui a multiplié ces dernières années les plans de rigueur dictés par l'UE, la BCE et le FMI pour bénéficier de plusieurs tranches d’aides de 49 milliards d’euros.

Mais «la situation économique présente de la Grèce est catastrophique, même si le déficit extérieur et le déficit public s’améliorent nettement. Les signes d’effondrement (investissement, PIB, emploi) sont massifs, et malgré l’amélioration forte de la compétitivité et de la profitabilité, les signes d’amélioration (agro-alimentaire, investissements directs, tourisme, services aux entreprises) sont de très petite taille», soulignent les économistes de Natixis qui résument : «La réduction des déficits a conduit à la "destruction" de l’économie.» 

Des erreurs dans la rigueur

«Il y a eu des erreurs dans la recette» du plan d'austérité dicté par l'UE et le FMI et «nous essayons les rectifier dans la mesure du possible», constate le ministre grec du Développement, Costis Hadzidakis, dans un entretien au journal Real News.

En effet, la stratégie suivie par la Troïka (BCE, UE et FMI) a consisté non seulement à imposer la mise en place d’un ajustement budgétaire drastique adossé à un effacement de dettes de 100 milliards d’euros, en plus de demander «un ajustement considérable à la baisse des salaires pour améliorer la compétitivité-coût et essayer d’y attirer les activités productives et à financer la quasi-totalité des besoins de financement de la Grèce (déficits publics, service de la dette ancienne)», note Natixis. Dans ce contexte, de nombreux observateurs s’attendent dans le futur à une seconde annulation de dette grecque, beaucoup plus importante.

Le président de l’intransigeante Bundesbank, la banque centrale allemande, Jens Weidmann, a même reconnu que la Grèce aura peut-être besoin d'un nouvel effacement de sa dette. Une mesure a envisager une fois qu'Athènes aura mené les réformes structurelles nécessaires…

M.B.
 
Source : 20minutes.fr
 
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