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Encore une fois ce sont les Islandais qui montrent la voie... À l'abordage !

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Avec 5,1 % des voix récoltées lors des législatives du 27 avril, le parti pirate islandais Píratar est le premier au monde à entrer dans un Parlement national. En Suède et en Allemagne, des formations similaires sont également très actives.

Par Anne-Diandra LOUARN (texte)

Pour sa première grande échéance électorale, le parti pirate islandais Píratar a réussi son pari. Fondée en novembre 2012, cette toute jeune formation qui défend, entre autres, la liberté numérique, a récolté 5,1 % des suffrages lors des élections législatives du 27 avril. Un score qui lui permet d’occuper trois sièges sur les 63 que compte l’Althing, le Parlement islandais.

Un résultat "historique", selon la cofondatrice du parti, Birgitta Jonsdottir, 46 ans, qui s’est dit prête à "travailler avec tout parti qui sera intéressé par les questions que nous soulevons". Et la députée d’ajouter fièrement : "Beaucoup de gens voient l'Islande comme une sorte de laboratoire pour la démocratie. Nous devons être à la hauteur de cette réputation."

Sur la soixantaine de partis pirates créés à travers le monde, Píratar est le premier à accéder à un Parlement national. De quoi faire pâlir d’envie les pionniers du genre… Le premier parti pirate est suédois. Créé en 2006, il affiche deux députés européens. Lancé la même année, le parti pirate allemand, en perte de vitesse depuis six mois, compte, pour sa part, plusieurs élus locaux depuis 2009.

"La mécanique est en marche"

En France, le parti pirate, encore balbutiant, accueille avec "espoir" la nouvelle de la performance islandaise. "La mécanique est en marche", assure TXO, porte-parole français du parti joint par FRANCE 24. Pour lui, l’essentiel est désormais de se concentrer sur la double échéance de 2014 : les municipales et, surtout, les Européennes. "Nous sommes prêts. Les partis pirates européens vont pouvoir opérer leur jonction et présenter leur programme commun", annonce TXO.

Tous défendent globalement les mêmes idées, à savoir : transparence de la vie politique et des institutions, libre échange des données sur Internet ou encore un renforcement de la protection des internautes. Pour Birgitta Jonsdottir, il est grand temps que les États s’adaptent à la révolution numérique et se dotent, en conséquence, de "lois du XXIe siècle."

Menant une campagne discrète, principalement sur Internet, relativement loin des canaux médiatiques traditionnels, le parti pirate islandais est monté progressivement en puissance jusqu’à créer la surprise dans les urnes. Plusieurs experts estiment que cet engouement cristallise le vote contestataire de l’électorat, quatre ans après la crise bancaire ayant ravagé le pays.

"En phase avec la société actuelle"

Mais pour TXO, la confiance que les citoyens ont témoignée au tout jeune parti islandais tient au fait que les pirates "sont les seuls à soulever un faisceau de questions post-modernes", dont celle de la liberté numérique, que les partis traditionnels traitent "avec beaucoup moins de franchise". "N’étant ni de gauche, ni de droite, une certaine frange de la population commence à se reconnaitre dans notre combat car les enjeux que nous portons sont en phase avec la société et ses développements actuels", explique-t-il.

Reste que tous les partis pirates ne sont pas aussi avancés que les Islandais. "Les pays latins sont un peu plus lents car très attachés à la tradition politique. À l’inverse, ce n’est pas nouveau que les pays nordiques et les pays de l’Est sont beaucoup plus décontractés et modernes dans leur conception de la vie politique", rappelle TXO. À un an des Européennes, patience et persévérance restent donc de mise pour les pirates d’Europe.

 

Source : France24

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