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LONDRES (Reuters) - Le trafic aérien a été suspendu jeudi et va continuer de l'être une partie de ce vendredi sur une grande part de l'Europe du Nord et de l'Ouest en raison d'un nuage de cendres formé après l'éruption mercredi du volcan islandais Eyjafjallajokull.

Les cendres volcaniques contiennent des particules de verre et de roche pulvérisée qui peuvent endommager les moteurs et le fuselage des appareils.

En 1982, un avion de British Airways avait été victime d'une panne de moteurs en traversant un nuage de cendres au-dessus de l'Indonésie. L'appareil avait chuté de plusieurs milliers de mètres avant que les moteurs ne redémarrent. Cet incident a incité l'industrie aéronautique à mettre en place des plans d'urgence internationaux qui ont été activés jeudi.

Les cendres ne constituent pas une menace pour la santé dans la mesure où elles circulent à haute altitude, tempèrent les scientifiques.

Les perturbations pourraient se prolonger pendant 48 heures, selon l'agence européenne de contrôle aérien Eurocontrol.

Le volcan est entré en éruption mercredi, pour la deuxième fois en un mois, sous le glacier Eyjafjallajokull. Il fait fondre la glace et crache des cendres entre 6.000 et 11.000 mètres d'altitude, où elles ont formé un nuage qui s'est décalé en direction du sud-est, jusqu'à atteindre certaines régions d'Europe.

La Grande-Bretagne a dans un premier temps interdit tout vol dans son espace aérien, à l'exception des cas d'urgence, au moins jusqu'à 06h00 GMT ce vendredi. Puis, tôt vendredi, cette fermeture de l'espace aérien a été prolongée jusqu'à au moins 18h00 GMT, cela pour la majeure partie des vols.

La décision de fermer l'ensemble de l'espace aérien britannique est sans précédent dans l'histoire contemporaine, indique le Service national du trafic aérien britannique (NATS). Même les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis n'avaient pas entraîné une suspension totale du trafic.

Un porte-parole de l'aéroport d'Heathrow, à Londres, a déclaré que 840 des 1.250 vols prévus jeudi avaient été annulés, affectant près de 180.000 passagers. Plus de 120.000 autres passagers ont été affectés ailleurs en Grande-Bretagne dans les aéroports de Gatwick, Stansted et Glasgow.

La compagnie ferroviaire Eurostar a dit avoir reçu des centaines d'appels de passagers bloqués souhaitant quitter la Grande-Bretagne ou s'y rendre.

Le Premier ministre russe Vladimir Poutine a dû annuler jeudi un déplacement prévu à Mourmansk, dans le Grand Nord russe. "Le nuage recouvre toute la région", déclarait un porte-parole du chef du gouvernement.

L'espace aérien a aussi été fermé en Norvège, en Finlande, dans le nord et l'ouest du Danemark et le nord de la Suède.

En France, au moins 25 aéroports ont été fermés jeudi soir en raison du nuage, qui a atteint le nord du pays. Ces aéroports vont rester fermés jusqu'à ce vendredi 14h00 locales (12h00 GMT) au moins. Les trois aéroports parisiens, Roissy-Charles-de-Gaulle, Orly et Le Bourget ont dû fermer au plus tard à 23h00 (21h00 GMT) jeudi.

Bruxelles, Amsterdam et Genève ont déclaré avoir annulé un grand nombre de vols.

Les aéroports berlinois devaient fermer vendredi à 02h00 locales (00h00 GMT). Ceux de Brême, de Hambourg et de Hanovre resteront fermés jusqu'à 08h00 (06h00 GMT). La Finlande a annoncé elle aussi qu'elle fermait la totalité de ses aéroports à compter de jeudi minuit.

Les compagnies aériennes américaines ont annulé jeudi la moitié des vols transatlantiques entre Etats-Unis et Europe en raison du nuage de cendres.

Cela correspond à 165 vols annulés, sur les quelque 300 assurés chaque jour par les compagnies américaines entre Etats-Unis et Europe, dont la plupart vers la Grande-Bretagne, a déclaré David Castelveter, porte-parole de l'Association américaine du transport aérien (ATA).

Un nombre comparable de vols, voire plus peut-être, devraient être annulés vendredi, ajoute le porte-parole d'ATA.

Si le volcan islandais demeure en éruption pendant plus d'un an, comme il l'avait fait la dernière fois, des perturbations sont à prévoir périodiquement pour le trafic aérien, fait remarquer Bill McGuire, professeur au Centre de recherche Aon Benfiled UCL sur les risques.

"Le problème, c'est que les volcans sont très imprévisibles (...). Et beaucoup de choses dépendent du vent. Je pense que ces fermetures vont durer deux jours. Mais si l'éruption se poursuit et continue à dégager des cendres, nous pourrions connaître d'autres perturbations dans les six mois qui viennent, environ".

Rédactions de Londres, Dublin, Amsterdam, Bruxelles, Oslo, Stockholm, Helsinki et Paris, Marine Pennetier et Eric Faye pour le service français
 

par Kylie MacLellan sur Reuters

Informations complémentaires :

Les Echos : L'éruption du volcan islandais gagne en intensité
Le Parisien : Un volcan provoque la pagaille dans les aéroports
20Minutes.fr : Islande: «Le volcan ne représente pas de danger pour les Européens»
Esa: Animation de la trainée de particules du volcan islandais en éruption
 

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