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Et après on s'étonne que ça chauffe en France... Mais quand on a de telles marionettes au pouvoir, comment ne pas se sentir trahi et ridiculisé au plus profond de son âme... Et ça, ça laissera des traces... Qui risquent de nous envoyer directement dans les bras de l'opposition, ce qui comme vous le savez n'est pas une solution...

Fabius 12 11 2013
Laurent Fabius

En affichant sur le nucléaire iranien une position plus dure que Washington, Paris apporte de l'eau au moulin des conservateurs américains. Bizarre, bizarre...

François Hollande et Laurent Fabius ont un nouveau fan-club : les conservateurs américains. Ceux-ci ont, ces derniers jours, déversé des cataractes d'éloges sur la France. Raison de cette soudaine et inattendue passion pour l'Hexagone : l'intransigeance dont Paris a fait preuve à Genève lors des négociations avec l'Iran sur le nucléaire. "Vive la France", a twitté John McCain, qui se félicite que les Français aient empêché "un mauvais accord".

Les néo-conservateurs, qui fulminaient jadis des anathèmes vengeurs contre Paris quand Jacques Chirac refusait de cautionner la calamiteuse expédition d'Irak, applaudissent aujourd'hui des deux mains la diplomatie française. Une situation à front renversé qui laisse songeur...

Car, à Genève, Laurent Fabius a affiché une déconcertante rigidité, alors qu'un accord semblait à portée de main avec Téhéran. Depuis l'élection du nouveau président iranien Hassan Rohani, l'Iran, étranglé par les sanctions, a donné des signes répétés et tangibles de sa volonté de régler le dossier nucléaire. Rohani a visiblement le feu vert du guide Ali Khamenei. Il a chargé un pragmatique, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, de conduire les pourparlers avec le groupe dit des "5+1" (les 5 membres du Conseil de sécurité plus l'Allemagne), auquel est venu s'ajouter l'Union européenne en la personne de Catherine Ashton. Comme le note mardi 12 novembre Roger Cohen dans le New York Time, "il n'y aura pas de meilleure opportunité" dans un avenir prévisible.

Le choix stratégique de Téhéran

Certes, les choses ne sont pas simples et les Iraniens ne sont pas des enfants de choeur. Redoutables joueurs d'échecs, rois de l'embrouille, ils s'y entendent à merveille pour occulter la réalité, tenter de diviser le camp adverse et lâcher le moins possible de concessions. Mais tout indique que l'Iran a fait le choix stratégique de donner des gages, de sortir de l'isolement, d'obtenir un allègement des sanctions. Téhéran est signataire du traité de non-prolifération nucléaire (TNP), contrairement à l'Inde, au Pakistan, à la Corée du Nord, à Israël. L'Iran a joué jusqu'à présent au chat et à la souris, dissimulant une partie de son programme nucléaire, celui qui pouvait avoir une finalité militaire. Les "5+1" veulent donc des garanties sérieuses. D'abord sur l'enrichissement de l'uranium. Pas de problème, disent-ils en substance, pour enrichir à moins de 5 % afin de fournir du combustible aux centrales nucléaires. Mais Téhéran doit permettre le contrôle de son stock enrichi à 20 %. Car, selon les spécialistes, on peut relativement facilement passer de 20 % à 90 %, le seuil pour, théoriquement, fabriquer une bombe atomique. Il fallait aussi que l'Iran autorise le contrôle de la base d'Arak, susceptible de produire du plutonium. C'est chose faite : les Iraniens ont annoncé lundi 11 novembre qu'ils permettaient des inspections sur ce site. Reste le site de Parshin, où auraient eu lieu des essais suspects.

Alors diable quel jeu joue donc la France ? Il y a, bien sûr, des raisons conjoncturelles, dont le prochain voyage en Israël de François Hollande. Il valait mieux éviter les vagues. Nul doute que la position française ne soit appréciée par le Premier ministre Benyamin Netanyahou.

Mais il existe aussi des motifs plus profonds. Notamment la volonté de ménager le monde sunnite. L'Arabie Saoudite observe avec inquiétude les tentatives de l'Iran chiite de se réinsérer dans la communauté internationale et de redevenir la puissance dominante de la région. Depuis les traités de Westphalie qui mirent fin à la guerre de Trente ans, l'art de la diplomatie était de préserver ou de rétablir les grands équilibres. La France n'a aucun intérêt à mettre tous ses oeufs dans le même panier. Au risque de rater le train de la normalisation avec l'Iran.

 

Source : Lepoint.fr

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