5.0 of 5 (3 Votes)
Temps de lecture : 7 min

Mardi soir, alors que François Hollande s’apprête à repartir de Centrafrique après une halte éclair, des Séléka armés jusqu’aux dents se plantent devant le Falcon 7 X du président. Récit.

hollande_centre_afrique.jpg
Bangui (République centrafricaine), mardi. François Hollande n’a rien vu. Mais, alors qu’il effectuait une visite éclair
pour se recueillir sur les cercueils des deux soldats tués la veille dans une embuscade, des membres armés de la
Séléka ont fait irruption sur le tarmac de l’aéroport. | (LP/Philippe de Poulpiquet.)

Coup de chaud à Bangui ! Lors de son escale express en Centrafrique, au retour de l’hommage à Nelson Mandela en Afrique du Sud, François Hollande a peut-être échappé au pire. Il est 19h15 mardi quand son Falcon 7X se pose sur le de l’aéroport M’Poko, dans la capitale centrafricaine.

Cette étape à haut risque, l’Elysée l’a calée dimanche dans le plus grand secret, sécurité oblige. Chef d’état-major particulier du président, le général Benoît Puga, qui a servi en Centrafrique, a tout préparé avec les militaires français sur place pour sécuriser la zone. Car les hommes du président savent la situation chaotique… Dans la nuit précédant la visite, deux soldats français de 22 et 23 ans sont morts dans une embuscade, sans doute tendue par les Séléka. « Et ça tirait encore autour de l’aéroport quand l’avion s’est posé », confie une source en haut lieu.

Dans l’appareil qui compte une quinzaine de sièges, François Hollande, Laurent Fabius, Valérie Trierweiler, Benoît Puga, la Madame Afrique de l’Elysée Hélène Le Gal, une conseillère com, un photographe et, côté « bodyguards », la chef du GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République) Sophie Hatt, ainsi qu’un officier qu’on appelle le Siège, chargé de porter la valise de protection en kevlar.

Deux 4 x 4 et cinq pick-up font irruption dans la nuit

Dans le pavillon présidentiel de la base militaire qui jouxte l’aéroport, sorte de zone VIP, le président français s’entretient depuis une quinzaine de minutes avec Michel Djotodia, président de transition imposé par les Séléka, ces miliciens musulmans qui ont chassé le président Bozizé en mars. Depuis, ils sèment la terreur. Et se plient de très mauvaise grâce à l’opération Sangaris de désarmement engagée à Bangui il y a quelques jours. « Djotodia était en panique de rencontrer Hollande. Il avait peur qu’il lui demande de dégager », confie-t-on à Paris. D’où, dans l’air, une certaine électricité… Hollande, de fait, se montre inflexible sur l’organisation d’élections d’ici un an, mais fait savoir à son « homologue » qu’il restera en fonctions d’ici là.

A l’extérieur, les hommes de Djotodia l’ignorent. Ont-ils alors tenté une manœuvre d’intimidation? Le Falcon 7X est stationné sur le tarmac quand, soudain, deux 4 x 4 et cinq pick-up font irruption dans la nuit. Ils se postent en face de l’avion présidentiel. « Ça a été la panique du côté des forces spéciales qui protègent l’appareil », témoigne une source locale en décrivant la scène. A bord de chaque véhicule, une dizaine d’hommes en uniforme, armés jusqu’aux dents. Ils sortent des pick-up, kalachnikovs à la main. Personne n’est mis en joue, mais la situation reste très critique. Hollande n’est qu’à quelques dizaines de mètres des canons de leurs mitrailleuses. Et dans l’un des véhicules, un jerrican fait craindre le pire aux militaires français…

«Cet aéroport est une vraie passoire…»

Un général soudanais de la Séléka sort d’un des véhicules et discute avec eux. Puis finit par ordonner à ses acolytes de remonter à bord des pick-up et de quitter les lieux. Plus de peur que de mal, certes. La scène ne dure que cinq minutes. Mais malgré le couvre-feu et l’interdiction de sortir armé, les Séléka sont parvenus à s’approcher dangereusement du chef de l’Etat, à deux pas d’un camp militaire français! « On a eu chaud, raconte un témoin de la scène. On ne sait pas comment ils ont fait pour arriver là. Cet aéroport est une vraie passoire… » « Ça a été très, très tendu », avoue-t-on à l’Elysée. De fait, seuls des barbelés séparent le début de la piste cabossée d’atterrissage du campement de fortune des réfugiés, où sont massées 40000 personnes. Sur le tarmac de Bangui, Hollande est donc peut-être passé à côté d’un drame… mais n’y a vu que du feu, grâce aux soldats français. Lorsqu’il quitte le pavillon présidentiel, les Séléka ont déjà rebroussé chemin, s’évanouissant dans la pénombre.

Fabius n'a «pas entendu parler de ça»

Interrogé ce dimanche au Grand-Rendez-Vous Europe1/Le Monde/iTélé sur cet incident, Laurent Fabius a déclaré qu'il était « dans cet avion présidentiel. Nous (avec François Hollande ) avons passé une partie de la nuit à Bangui et je n'ai absolument pas entendu parler de ça. » Quand il a été demandé au ministre des Affaires étrangères si le président de la République en avait eu connaissance, il a simplement répondu : «Nous étions ensemble.» 

 

Source(s) : Leparisien.fr via Chalouette

Vous aimez ce que vous lisez ? Notre travail est gratuit et indépendant, mais il a un coût. Vous pouvez nous soutenir librement grâce à un don via Tipeee ou PayPal. Si vous ne pouvez pas nous aider financièrement (ce que je peux comprendre parfaitement), vous pouvez partager les articles sur vos réseaux sociaux, et parler du site autour de vous. Merci à celles et ceux qui rendent tout cela possible.

Information complémentaire :

Crashdebug.fr : Intervention en Centrafrique : les Français divisés

 

 

 

Partager sur les réseaux sociaux

Publier 0Nombre de partages sur X
0Nombre de partages sur X
Partager 0Nombre de partages sur Facebook
0Nombre de partages sur Facebook
Partager 0Nombre de partages sur Linkedin
0Nombre de partages sur Linkedin
E-mail 0Nombre de partages sur Email
0Nombre de partages sur Email
WhatsApp 0Nombre de partages sur Whatsapp
0Nombre de partages sur Whatsapp
Télégramme 0Nombre de partages sur Telegram
0Nombre de partages sur Telegram

1000 Characters left


 

Vous appréciez Crashdebug.fr ?

Pour nous soutenir, vous pouvez nous aider à financer ce serveur :

Faire un don ponctuel via paypal

Faire un don ponctuel ou mensuel via Tipeee

Ne perdez rien de notre actualité, rejoignez-nous sur Twitter (X), Youtube, ou Facebook ou encore Telegram (pas de filtrage algorithmique), avec la censure de Google, nous avons plus que jamais besoin de votre soutien.

Tous les commentaires publiés sont sous la responsabilité de leurs auteurs respectifs. Crashdebug.fr ne saurait être tenu responsable de leur contenu ou orientation.

Vidéo bloqué qui ne se lance pas ?

Comment nous contacter ?

Vous avez des questions ?

Merci,

Sites ami(e)s