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Comment ne pas se faire taper sur les doigts par la Commission européenne et passer pour des idiots devant ses homologues européens pour cause de budget ne respectant pas le fameux seuil de déficit public à 3 % du PIB ? D'ordinaire prompts à nous faire la morale, nos voisins germains auraient, cette fois, choisi de détourner le regard contre la promesse de futures réformes "structurelles". Comme quoi, ça n'est pas si compliqué d'oublier quelques minutes ce seuil supposé magique...

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Macron Deal 22 10 2014
Poree Audrey-POOL/SIPA

Comme de par hasard, Emmanuel Macron et Michel Sapin étaient en vadrouille à Berlin, hier, pour rencontrer leurs homologues respectifs et annoncer qu'ils allaient travailler main dans la main pour stimuler l'investissement. Mais chut, soyons discrets et ne disons pas que cet accord intervient parce que les deux gouvernements auraient négocié en loucedé pour que le budget 2015 de la France, malgré un déficit public annuel à 4,3 % du PIB, passe comme une lettre à la poste du côté de Bruxelles.

L'idée est pourtant simple : la France apporterait, avec ses mauvaises nouvelles pour l’année prochaine, un plan de réduction du fameux déficit et des réformes structurelles. En échange de quoi les Allemands s’opposeraient aux sanctions que la Commission européenne voudrait imposer à la France. En résumé, la France, pareille à la comtesse du Barry sur l'échafaud, vient de demander « encore un instant Monsieur le bourreau » !

Bien évidemment, pour l’instant, les deux gouvernements ont démenti être en train de préparer un tel tour de passe-passe, jurant qu'il n'existe aucun « pacte », comme le martèle Michel Sapin, pour faire capoter le véto bruxellois sur le budget 2015. Pourtant, selon Der Spiegel, tout a été négocié en coulisse, entre les deux pays. Le magazine allemand tient de la bouche d’un « haut placé du gouvernement allemand » qu’un rejet du budget français ferait tout aussi mal à la France qu’à l’Allemagne et ainsi « pèserait massivement sur la relation franco-allemande ».

Macron lui-même laisse entendre qu'il y a bien un « deal », du moins sur les investissements« Il y a la volonté de mettre en place ce deal qui est que nous, nous fassions des réformes. (...) En contrepartie, et c'est ça le bon deal, c'est que les Allemands, rassurés par le travail que nous faisons, puissent investir pour eux-mêmes et qu'ils nous aident à porter un vrai plan d'investissement en Europe, les fameux 300 milliards de Juncker, parce que c'est ça la bonne relance. »

De quoi remettre en perspective le ton assuré de Macron, qui déclarait récemment« Je suis totalement sûr qu’il n’y aura pas d’opinion négative de la part de la Commission », à propos du budget 2015. A posteriori, on comprend un peu mieux pourquoi. En revanche, on comprend moins maintenant l'obsession à propos des 3 % dont ont fait preuve, jusqu'à présent, l'exécutif français et nos voisins allemands. Comme quoi, ça n'était pas si douloureux d'oublier quelques minutes ce seuil supposé magique...

 

Source : Marianne.net

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