Avec 136 milliards d’euros de créances douteuses supplémentaires, la rentabilité des banques est sous pression...

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C’est un boulet de 880 milliards pour les principales banques de la zone euro, soit 4 % du total de leur bilan. Cette somme correspond au total des prêts dits « non performants » (c’est-à-dire en retard de paiement depuis au moins 90 jours), détectés par la BCE au sein des 130 banques de la zone euro passées au scanner par ses soins.

Avant ce « bilan de santé », les banques ne reconnaissaient « que » 743 milliards d’euros de ces prêts douteux. La BCE a constaté qu’elles en décelaient 18 % de plus. La Banque centrale européenne a ainsi requalifié 136 milliards d’euros de prêts en créances douteuses supplémentaires au cours de son enquête. Dans le détail, sur ces 136 milliards, environ 54 milliards proviennent de la méthode suivie par la BCE : une définition harmonisée de ces « expositions non performantes » (ou « NPE » dans le jargon de la BCE) a été appliquée aux différents pays de la zone euro, ce qui a dégradé des créances jusque-là considérée comme sans histoire. Le solde – 80 milliards d’euros – provient de nouveaux « cadavres » effectivement découverts dans les placards des banques. Ces nouveaux « NPE » se concentrent sur les prêts aux grandes entreprises (+ 35 milliards d’euros) et au financement immobilier (+ 37 milliards d’euros).

Bien moins volumineux, le financement au transport maritime (« shipping ») voit ses créances douteuses progresser de 26,6 %. Il faudra encore du temps pour approfondir les données fournies par la BCE et comprendre précisément où se situent les zones de risque. Seule certitude : ces nouveaux risquent pèsent fortement sur la rentabilité des banques. Mécaniquement, un prêt non performant amène la banque à passer des provisions et, dans le pire des cas, à enregistrer une perte. En outre, les impayés sont autant d’intérêts qui ne rentrent pas et qu’il faut refinancer autrement.

Au total, le poids de ces crédits non performants, mais aussi d’autres exercices de valorisation des bilans bancaires, doivent ­conduire à des « ajustements » de valeur d’actifs de 48 milliards d’euros. Ces derniers « se sont traduits ou se traduiront par des ajustements prudentiels [donc un renforcement des fonds propres, NDLR] à ou des dépréciations comptables, la répartition entre ces deux éléments n’étant pas connue à ce jour », souligne Fabrice Odent, associé chez KPMG. Une interrogation de taille.

À noter

En proportion de la taille de leurs bilans, les banques grecques, chypriotes et slovènes sont celles qui ont le plus sous-estimé leurs créances douteuses.

 

Source :  Lesechos.fr

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