On va encore dire que je suis un oiseau de mauvaise augure... Mais je ne partage pas du tout l’optimisme de Nicos Anastasiades, qui dit que la crise chypriote est « passée ».
Car, certes, ils ont mis à contribution les fonds privés de Laïki, et ont reçu les 10 milliards d’aide de l’Europe en échange.
Mais sachant ce qui s’est passé pendant le week end, combien de « fonds » ont-ils réellement saisi chez Laïki pour recapitaliser Bank of Cyprus ?
De plus, s'il n'y a pas de bank run sur Laïki, c'est bien parce que le peuple est limité à 300€ de retrait par jour et 5000€ par mois...
Alors je pense qu’ils vont un peu vite en besogne.
Quoi qu'il en soit, le précédent bancaire est crée... Et que ce soit pour Chypre ou la Grèce, l’Europe ne les laissera jamais reprendre leur indépendance monétaire...
Car les autres pays pourraient voir qu'il y a une vie en dehors de l'€uro, et ça ils veulent l'éviter à tout prix...

L'Institut de la finance internationale (IIF), qui représente les intérêts de plus de 470 établissements financiers à travers le globe, a mis en garde, jeudi 28 mars, contre une "réelle possibilité" de voir Chypre sortir de la zone euro après son sauvetage financier controversé. Pour Philip Suttle, chef économiste de l'organisation, Nicosie "est en train de pâtir de tous les coûts liés (...) à (la monnaie unique), sans avoir aucun des bénéfices", du fait notamment de la dépréciation des dépôts bancaires.
Sous la pression de ses créanciers de la troïka (Fonds monétaire international, Union européenne, Banque centrale européenne), le pays a en effet accepté la faillite de la banque Laïki, l'une des plus importantes du pays, et une mise à contribution des gros déposants en contrepartie d'une aide de 10 milliards d'euros. "La seule issue serait une dévaluation", impossible avec la monnaie unique, observe Philip Suttle, ajoutant qu'une sortie de Chypre de la zone euro n'aurait, selon lui, pas "nécessairement" de répercussions ailleurs en Europe.
L'IIF se dit pourtant inquiet des conséquences du plan de sauvetage chypriote sur les autres établissements européens en difficulté. "Il est quasiment certain que cela va augmenter les coûts de financement (...) des banques faibles ou perçues comme faibles", en particulier en Espagne, au Portugal ou en Italie, a indiqué Philip Suttle. "Cela aggrave d'une certaine manière les défis qui attendent ces pays", a-t-il ajouté.
Source : Lemonde.fr
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