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Ce ne sont, hélas, plus des supputations...

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Après d’innombrables péripéties, les élections en Grèce ont débouché sur une impasse. Il a été impossible de nommer un gouvernement, malgré les initiatives répétées du président de la République. Cet échec représente l’acte de décès de la monnaie unique, comme l’a écrit Paul Krugman.

Le scénario à venir

Les événements à venir semblent déjà écrits. Le nouveau vote devrait donner le pouvoir à Syriza, le parti de la gauche radicale, équivalent du Front de gauche. Si ce parti, qui avait créé la surprise le 6 mai en arrachant la seconde place au Pasok, arrive en première position, alors une grosse majorité du parlement sera hostile aux plans européens, ouvrant la voie à une majorité alternative, et non à une mise entre parenthèses de la démocratie, comme l’évoque Georges Ugeux.
 
Alexis Tsipras devrait alors former un gouvernement avec le DIMAR. Il pourrait avoir besoin du KKE communiste (ce que ce dernier exclut pour l’instant) soit de l’ANEL, le parti de droite issu de Nouvelle démocratie, mais hostile aux saignées de la troïka. Des négociations très tendues commenceront alors avec le FMI, la Commission et la BCE puisque le Syriza refuse de baisser les salaires des fonctionnaires et propose même d’en recruter cent mille de plus !
 
Il est totalement illusoire d’imaginer que les négociations pourront aboutir. Du coup, la troïka devrait refuser de verser les nouvelles tranches d’aide au pays, mettant la Grèce en défaut. Et malgré sa volonté de rester dans la monnaie unique, le nouveau gouvernement devra instaurer un contrôle des changes strict (s’il ne l’a pas fait avant), revenir à la drachme et prendre le contrôle de sa banque centrale pour trouver le moyen de financer son économie. Une forte dévaluation suivra.

Le premier domino tombe

La sortie de la Grèce de l’euro ne signifie pas forcément que la monnaie unique sera démontée rapidement. Les dirigeants européens diront sans doute que le pays n’aurait pas dû rentrer et que sa sortie permettra au contraire d’avoir une zone plus homogène qui pourra mieux fonctionner. De manière significative, les ministres européens préparent le terrain en évoquant la sortie, que ce soit en Allemagne ou en France, signe qu’ils s’y sont sans doute résolus.

 
Mais il est illusoire de croire que cette sortie règlera tous les problèmes. Par-delà la perte financière, chiffrée à 50 milliards d’euros par François Baroin, que NDA annonçait en 2010 à l’Assemblée, le scénario en place ressemble à la crise monétaire de 1992-1993, où le SME avait explosé sous la pression de la spéculation. Il est bien évident que le Portugal, l’Espagne et l’Italie continueront à être sous pression, sur les taux, la fuite des capitaux et les déséquilibres budgétaires.
 
C’est la pente suivie par la péninsule ibérique, qui vient de replonger dans une violente récession. On peut imaginer que les élections législatives de 2015 en Espagne ne produiront pas une majorité très favorable à l’austérité, surtout que la Grèce aura démontré entre temps les bienfaits d’un retour aux monnaies nationales. Ce serait alors la fin de l’euro, encore que la France pourrait toujours faire le choix suicidaire de conserver la même monnaie que l’Allemagne…
 
Les nouvelles élections législatives grecques seront l’acte de décès de la monnaie unique, en cas de victoire de Syriza. Certes, son agonie sera peut-être lente car les dirigeants en place ont trop investi de capital politique pour se dédire, mais la seule question est de savoir quand l’euro sera démonté.

956498-1130583.jpg Retrouvez Laurent Pinsolle sur son blog.

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Du même auteur
 
Source : Marianne2.fr
 

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