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Je souhaite bonne chance au peuple italien, il faudra qu’il soit éclairé et tire enseignement du passé… (Enfin, c'est hélas valable pour la planète entière...)

Bp 19 04 2013
Beppe Grillo

Il y a presque deux mois, les Italiens ont élu députés et sénateurs. Le Parti démocratique (Pd), dit de centre-gauche, de Pier Luigi Bersani obtient, sans surprise, la majorité à la Chambre mais la situation au Sénat est plus compliquée, qui devient «ingouvernable» car deux grosses surprises viennent secouer la scène : le retour de Berlusconi, d’une part (dont le parti obtient près de 100 sièges dans chacune des chambres, donnant au centre-droit 125 sièges à la Chambre et 117 au Sénat) et l’éclosion du Mouvement Cinq Étoiles des «citoyens» de Beppe Grillo, avec 163 sièges au total.

Le Président de la République, Giorgio Napolitano charge Bersani de former un gouvernement mais celui-ci échoue, les grillini refusant radicalement et a priori de voter la confiance à qui que ce soit qui ne soit pas «cinq étoiles». À l’heure qu’il est, il n’y a toujours pas de gouvernement, et pour palier ce manque, le Président a nommé provisoirement dix «sages» pour s’occuper des affaires urgentes du pays, déclarant que, malgré ses résultats calamiteux aux élections, Monti était encore à la tête du gouvernement.

Mais pendant que l’on réfléchit à la formation d’un nouveau gouvernement et que l’on hésite à faire revoter les Italiens, le Président Napolitano est arrivé à la fin de son mandat de sept ans et c’est au tour maintenant des députés et des sénateurs, et de 58 représentants régionaux, d’élire un nouveau Président de la République. Au lendemain des élections, déjà, le site qualcosadisinistra.it lançait un appel, via le site de pétitions change.org, pour que Stefano Rodotà, homme de gauche, devienne Président (l’appel est ici : http://www.change.org/it/petizioni/per-stefano-rodotà-alla-presidenza-della-repubblica).

Aujourd’hui, l’appel a été signé par plus de 52 000 personnes et Rodotà est aussi le candidat choisi (via une élection en ligne) par le Mouvement Cinq Étoiles de Grillo. Enseignant universitaire de droit civil, Rodotà a été député en Italie ainsi qu’au Parlement Européen, où il a notamment participé à la rédaction de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. Il semblait y avoir un large consensus autour de cet homme de gauche à qui confier la tâche d’être garant de la constitution semblait, pour beaucoup, aller de soi.

Mais Bersani a préféré s’accorder avec le parti de Berlusconi et faire en sorte que les députés du Parti démocratique votent, avec ceux du Peuple de la liberté (parti de Berlusconi), pour Franco Marini. Certains parlent de suicide politique de Bersani, d’autres l’appellent le «sicaire du Parti démocratique», la place Montecitorio à Rome est assiégée par des citoyens qui ont scandé toute la journée le nom de Rodotà et par de nombreux militants du Pd qui ont brûlé ou déchiré leur carte du parti pour hurler leur déception et leur désaccord. De nombreux sièges locaux ont été envahis par des militants en colère qui ont affiché partout plusieurs panneaux, «OCCUPY PD» ET «RODOTÀ PRESIDENTE», ou encore «NON VI VOTIAMO PIÙ» (nous ne voterons plus pour vous). Avec cet accord avec Berlusconi, c’est la gauche, de ce centre-gauche déjà bien à droite à certains égards, qui disparaît totalement.

Il y a eu deux scrutins hier mais en vain : pour qu’un candidat devienne Président, il faut qu’il obtienne les deux tiers des voix et les votes des bersaniens et des berlusconiens n’ont pas suffi à élire Marini lors du premier scrutin. Comme la règle change à partir du quatrième scrutin (la majorité absolue suffit alors), c’est le vote blanc qui l’a emporté largement lors du deuxième scrutin, et qui l’emportera sûrement encore, ce matin, lors du troisième. Le quatrième aura sûrement lieu cet après-midi. Attendons.

Mais pendant ce temps, et face au geste de Bersani et à l’égarement de ses électeurs, Paolo Ferrero, le secrétaire nationale de Rifondazione comunista, soutenu au moment des élections par Jean-Luc Mélenchon en France et Alexis Tsipras en Grèce, notamment, lance un appel sur son blog à tous ceux qui «aujourd’hui déchirent leur carte du Pd» : après le «suicide» du Parti démocratique, écrit-il, «nous, communistes, proposons à toutes les forces de gauche, à tous les hommes et à toutes les femmes de gauche, à ceux qui sont en train de déchirer leur carte du Pd, de donner vie à un nouveau processus fondateur d’un nouveau discours de gauche, à construire sur des bases démocratique et participatives, qui soit clairement alternatif au néo-libéralisme, aux droites et à ce centre-gauche désastreux».

Espérons que son appel soit entendu et partagé car ce qui manque le plus au pays en ce moment, au-delà du gouvernement et du Président de la République, c’est bien une gauche solide qui réussisse à faire entendre sa voix et ses idées.

Par Marie Morisset

 

Source : Blogs.mediapart.fr

Informations complémentaires :

 

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