En tout cas, si les gros acteurs de la filière sont prêts à payer le transport pour ce type de marchandise, c'est que la main-d'œuvre à l'autre bout de la planète doit être payée une misère, sinon aucun intérêt de ne pas produire sur place...
Encore une fois sous la pression de la libre concurrence, c'est un modèle qui vacille...
Cette raffinerie pourrait très bien être rachetée par l'État (ou une chaîne de grande distribution) pour produire une essence locale meilleur marché (que le gouvernement pourrait aider en la taxant moins), voire approvisionner nos stocks stratégiques en exclusivité.
Comme on l'a vu avec l'alimentation ou d'autres circuits, Il faut à l'inverse réduire le nombre d'intermédiaires et aller au plus court.
Mais encore une fois ici (comme pour Florange) il faut investir, et ne pas être dans l'effet d'annonce ou la logique mondialiste du gain immédiat,
Bref, on croise les doigts...

Les administrateurs judiciaires doivent se prononcer avant ce mardi midi sur les quatre offres de reprise du site, qui emploie 470 personnes.
Les quelque 470 salariés de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne près de Rouen, menacée d’une fermeture imminente, sont suspendus au verdict des administrateurs judiciaires et du juge commissaire qui doivent décider d’ici mardi à midi si l’un ou plusieurs des quatre candidats à la reprise est susceptible de sauver l’usine.
Outre le panaméen NetOil et le libyen Murzuq Oil, qui s’étaient manifestés auparavant, deux candidats «surprise» - Oceanmed Seasky System Limited, basé à Hong Kong et GTSA, une firme luxembourgeoise - ont déposé vendredi des dossiers de candidature pour reprendre cette raffinerie placée en liquidation judiciaire le 16 octobre.
Ces dossiers ont été étudiés pendant le week-end de Pâques par les administrateurs judiciaires et le juge commissaire du tribunal de commerce de Rouen qui devaient décider, au plus tard à 12 heures mardi, si certains d’entre eux «peuvent constituer une offre permettant de saisir le tribunal d’une demande d’audience», a indiqué vendredi la direction de Petroplus.
Mais le temps presse : le sursis accordé en janvier par le tribunal à la raffinerie qui a autorisé la poursuite d’activité jusqu’au 16 avril est le dernier légalement possible. L’intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC de la raffinerie a ainsi appelé le tribunal à convoquer directement une audience pour désigner un repreneur avant le 16 avril.
«Il est hors de question que les administrateurs judiciaires décident seuls de la survie ou de la mort de la raffinerie», a commenté lundi un des porte-parole de l’intersyndicale Nicolas Vincent (CGT). «On veut que le tribunal (de commerce) se réunisse et on veut aussi que le gouvernement se prononce par rapport aux offres qui sont présentées», a-t-il ajouté.
Selon l’autre porte-parole, Yvon Scornet, les dossiers présentés par Oceanmed Seasky System Limited et la société pétrolière libyenne Murzuq Oil sont complets sur le plan financier mais il leur manque encore certaines autorisations administratives. «On demande au gouvernement que leur passage devant les administrations soit accéléré par les ministères», de façon à ce que tous les dossiers soient prêts pour passer au tribunal, a ajouté Yvon Scornet. Le syndicaliste a aussi précisé que, selon lui le dossier de NetOil était finalisé et que celui de GTSA se limitait en fait à une simple «lettre d’intention, sans contenu réel».
Un CE extraordinaire se tiendra en tout début d’après-midi mardi à la raffinerie, où une assemblée générale du personnel était annoncée pour mercredi.
Modernisation
Au total, plusieurs dizaines de candidats se sont manifestés pour reprendre la raffinerie depuis son dépôt de bilan en janvier 2012 mais jusqu’à présent aucun n’a été en mesure déposer un dossier complet. Le tribunal a pourtant repoussé à huit reprises la date limite de dépôt de leurs offres.
Les juges consulaires attendent des candidats qu’ils apportent des garanties sur leur capacité à approvisionner le site en pétrole brut mais aussi à le moderniser. La raffinerie a besoin pour fonctionner de 15 millions d’euros de pétrole brut par jour. Sa remise à niveau est estimée entre 400 et 500 millions d’euros.
Aucun des majors du secteur tels ExxonMobil, Total, BP ou Shell ne s’est intéressé à cette raffinerie ancienne et de taille moyenne avec sa capacité de distillation de 150 000 barils par jour. Ils estiment qu’investir dans l’achat d’une raffinerie en Europe n’a guère de sens tant les marges sont faibles et la concurrence des produits importés forte.
La recherche d’un repreneur s’effectue alors que des négociations sont engagées entre direction et syndicats pour élaborer un Plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Le comité d’entreprise sera prochainement sollicité pour donner son avis sur son contenu.
En cas de fermeture, une centaine de salariés de Petroplus pourraient être reclassés dans l’industrie pétrolière principalement dans la vallée de la Seine, selon Francis Duseux, P-DG d’Esso France, filiale d’ExxonMobil.
Ouverte en 1929, la raffinerie, qui emploie 470 salariés, avait déposé son bilan le 24 janvier 2012 à la suite de la faillite de sa maison-mère suisse.
Source : Liberation.fr
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