Julian Assange : « Les États-Unis vont connaître une révolution dans les cinq ans »

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Le fondateur de WikiLeaks affirme au Point.fr qu'il y aura "un renversement économique à cause des dépenses excessives militaro-industrielles".

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Julian Assange a livré au Point.fr sa vision du monde. © Warren Allott / AFP

De nos envoyés spéciaux à Londres, Guillaume Grallet et Anne-Sophie Jahn

De l'ambassade d'Équateur à Londres où il s'est réfugié en juin dernier, Julian Assange prédit dans une interview vidéo exclusive au Point.fr ni plus ni moins qu'une "révolution aux États-Unis". Cette dernière devrait, selon lui, avoir lieu "dans cinq ans ou avant". Une plaisanterie ? Certainement pas, tant et si bien que le fondateur de WikiLeaks soutient qu'il y aura "un renversement économique à cause des dépenses excessives pour le complexe militaro-industriel".

Pourquoi Julian Assange se focalise-t-il à ce point sur les États-Unis ? Quand on lui pose la question, "l'hacktiviste" australien de 39 ans se défend de toute obsession et explique que WikiLeaks a multiplié ces dernières années la sortie de "câbles", des documents ultraconfidentiels issus des services diplomatiques d'autres pays. Il poursuit son argumentaire en expliquant qu'Internet a été créé aux États-Unis et que "c'est là qu'il est le plus développé". Pour lui, ce qui se passe outre-Atlantique "a une influence dans quasiment tous les États".

Assange s'inquiète pour les libertés individuelles

Julian Assange n'hésite pas à rappeler que Jérémie Zimmermann, porte-parole de la Quadrature du Net et un des coauteurs avec lui du livre Menaces sur nos libertés (1), a été arrêté durant quelques heures sur le sol américain pour un interrogatoire à propos de ses liens avec WikiLeaks. Enfin, c'est aux États-Unis que doit commencer, après 1 000 jours de détention, le procès de l'analyste Bradley Manning, accusé d'être une des principales sources de WikiLeaks. Alors qu'il a plaidé coupable pour 10 des 22 chefs d'accusation retenus contre lui, ce dernier risque au minimum 20 ans de prison.

La situation d'autres pays du monde concernant les libertés individuelles n'est-elle pas encore plus préoccupante ? "La Chine mène la danse en termes de censure directe", répond au Point.fr Julian Assange, qui pointe par ailleurs des situations de piratage en Russie. Pour la petite histoire, Vladimir Poutine avait qualifié l'arrestation de Julian Assange de "non démocratique" et l'ancien président brésilien Lula avait exprimé sa "solidarité" en 2010 avec le créateur de WikiLeaks, tout comme Bianca Jagger, ex-femme de Mick Jagger native du Nicaragua. "Mais l'Occident est bien plus sophistiqué en termes de censure indirecte", tempête Julian Assange. Avant d'enfoncer le clou : "L'Occident a peut-être 20 ou 30 ans d'avance sur la Chine dans ce domaine." Au passage, le fondateur de WikiLeaks ne cache pas son envie de retourner aux États-Unis. Mais ce sera "après la révolution". Si elle a bien lieu...

(1) Menaces sur nos libertés, Comment Internet nous espionne, comment résister par Julian Assange, avec Jacob Appelbaum, Andy Müller-Maguhn, et Jérémie Zimmermann (éditions Robert Laffont). Vous pouvez retrouver l'intégralité de cet entretien dans la version papier du Point daté du 21 mars.

REGARDEZ les confidences de Julian Assange au Point.fr

 

Source : Lepoint.fr via Doudou & Chalouette

Information complémentaire :

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