Julian Assange recadre les rumeurs diffusées par des sites islamistes, et par leurs lecteurs paranoïaques-conspirationnistes

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Je suis désolé d'être pesant, mais j'ai un peu triché sur la vidéo ; ). Je ne prétends pas détenir la vérité, mais je pense que pour s'en rapprocher tous les points de vue doivent être pris en considération. Car au-delà des déclarations d'Assange sur Israël à l'heure de l'ACTA et de son cousin de Raytheon Perfect Citizen, on est en droit de se demander s'il ne servira pas de prétexte aux Américains pour encore plus de censure, notamment sur Internet ? À ce sujet je vous ai aussi mis l'article pour la définition du mot "Conspirationnisme" par Mediapart ;). Il est à noter que même si c'est gratifiant de travailler pour la communauté, je le fais anonymement et à mes dépends. Ceci je l’avoue par réflexe de survie et en espérant un sursaut d'indignation. Car hélas, depuis le début en confrontant ce qui était mis en avant en creusant un peu sur le Web (et ce sans adhérer à n’importe quelle théorie), et la tournure des évènements, notamment aux USA depuis globalement 6 ans, dont 1 an reporté sur Crashdebug. Eh bien, sans être prophétique, je suis effectivement assez inquiet et donc vigilant. Aussi je me permets même de porter à la connaissance de mes compatriotes sur le blog des informations que je trouve pertinentes. Mais sans succès, car cela ne semble pour l’instant pas troubler leur quiétude, et notamment  celle des journalistes professionnels, pour qui sans doute l’analyse des webbot ne reste qu’une chimère high tech d’un inconscient collectif basé sur des intuitions.

Mais alors « les pros » ? Je ne mets pas en doute votre analyse, mais ces « Intuitions » comme la méfiance qu'inspirent les Bilderberg, le CFR and Co ? Ces prétendues ‘chimères’ vous enquêtez dessus quand ? Qu’on se fasse une idée différente de « l’inconscient collectif » et des reportages sauvages sur le web ? Faites votre boulot et rétablissez la vérité...

Ou est-ce que c’est, parce que les plus significatifs d’entre vous assistent depuis le début aux réunions des Bilderberg, en promettant de ne rien révéler, qu'il y a une Omerta totale des médias sur le sujet ? Et que (sans nous), le dernier billet dans Mediapart sur les Bilderberg survivait 24 h sur son site ?

Vous voyez, on a tous un point de vue... À la différence que nous, on est encore motivé et libre sans aucun steack à protéger… (droit de réponse via contact en haut à droite)
 
Folamour,
 

Julian Assange recadre les rumeurs d'intoxication  par des sites islamistes, et leurs lecteurs paranoïaques-conspirationnistes, qui l'accusent de travailler pour Israël et d'être acheté.

Julian Assange n'est pas pro-Israël Par Emma Paoli , le 24 décembre 2010 (lien)

Des documents confidentiels israéliens seront bientôt publiés sur la plateforme Wikileaks selon les dires de Julian Assange, interviewé jeudi par la chaîne arabe Al-Jazira.

Soupçonné d'entretenir une entente secrète avec Israël, le fondateur de Wikileaks souhaitait rappeler à la chaîne d'information Al-Jazira que l'Etat ne bénéficie d'aucune impunité particulière.

Julian Assange affirme détenir plus de 3700 documents confidentiels israéliens, dont seulement 2 % ont été rendus public pour l'instant. Les prochaines publications concerneront entre autres la guerre d'Israël au Liban en 2006 et l'assassinat à Dubaï d'un haut responsable du Hamas, Mahmoud Al-Mabhouh, attribué aux services secrets israéliens.

"Terrorisme de la haute technologie"

Par ailleurs, Julian Assange, libéré sous caution par la justice britannique, ne cesse de multiplier les déclarations. Il a lancé mercredi sur la chaîne américaine MSNBC un appel aux journalistes, les avertissant des menaces pesant sur le libre exercice de leur profession. Selon lui, ces derniers seront les prochaines cibles des autorités américaines. Cette alerte fait écho aux poursuites judiciaires qu'encourt The New York Times pour sa détention de 250 000 télégrammes diplomatiques, dont il assure une diffusion régulière.

Quant aux attaques du vice-président des Etats-Unis, Joe Biden, présentant la plateforme comme "terrorisme de la haute technologie", Julian Assange lui a retourné le compliment : "Les terroristes ici, ce n'est pas nous... il y a des menaces répétées de la part des gens appelant à m'assassiner."

 Le conspirationnisme (ou "complotisme") est une idéologie paranoïaque née de la généralisation de théories du complot (lien)

Elle consiste à prétendre (i.e. affirmer sans preuves, mais par l'instigation du doute) que des autorités quelconques (étatiques, transnationales, militaires, religieuses, financières, etc.) dissimulent leur connaissance d'un certain nombre de faits ainsi que le contrôle de leurs opposants (par la désinformation, la menace, etc.) dans le cadre d'un objectif inavoué.

En tant que croyance, il permet de fournir une théorie expliquant qu'une affirmation puisse être vraie sans que les non-conspirationnistes en voient les effets concrets dans la vie de tous les jours 1.

Principes

Induction

A défaut d'être prouvée, la conspiration est présentée crédible selon les principes suivants :

  1. Généralisation 2
    1. Induction : Des mensonges et erreurs de la part d'autorités (étatiques, scientifiques, militaires, etc.) ont existé dans le passé => Ils sont donc possibles / ils peuvent donc toujours exister aujourd'hui.
    2. Déduction : La conspiration particulière prétendue serait tout aussi fondée <= puisque les conspirations sont possibles 3.
  2. Justification ad hoc : L'existence du complot est étayée, entre autres, pas éléments subjectifs non avérés tel que :
    • un procès d'intention (les auteurs supposés du complot ont tel ou tel objectif)
    • autre prétention non prouvée, comme souvent l'objet du complot lui-même (par exemple un complot visant à cacher l'existence d'extraterrestres sera justifié par... l'impact qu'aurait la révélation de leur existence).
  3. Inversion de la charge de la preuve : Le complot est considéré crédible faute d'être réfuté, notamment parce que par définition il n'est pas prouvable s'il est efficace (et s'il est efficace, c'est peut-être qu'il existe). Il constitue dès lors une hypothèse infalsifiable. La preuve, le fait que l'on puisse se poser la question - pourquoi pas légitimement - de l'existence d'une conspiration n'implique pas que celle-ci soit prouvée.

Cette généralisation se doit d'être suffisamment peu caractérisée (ne pas indiquer quelles conditions permettraient à la conspiration dpour que ce phénomène se reproduise ? Quelles sont celles qui permettent de l'éviter ? etc.) qui permet de ne 'être invalidée que par peu de choses, de sorte que seule la nature et/ou la position des accusés (des "autorités" ou "puissances" quelconques, occultes ou non) semble justifier cette "loi".

Projection

La théorie joue donc un rôle prépondérant dans le conspirationnisme. A défaut de preuves, la théorie est projetée (adaptée) sur les faits (au lieu de l'inverse) par une interprêtation ad hoc, ces derniers donnant ainsi l'impression de la valider.

Ainsi toute déclaration, explication d'un phénomène jusqu'ici inexpliqué, aveux de canular, élément de l'actualité devient, non plus le point de départ d'un raisonnement, mais la finalité du chemin par laquelle la théorie de la conspiration doit passer. etc. Des exemples de telles interprétations ad hoc de faits peuvent être :

  • des événements :
    • Un exemple particulier de cette interprétation ad hoc des faits et que toute contestation de la conspiration ne peut que la confirmer (puisqu'elle ne peut être que l'oeuvre des conspirateurs eux-mêmes souhaitant protéger leur forfait).
  • l'absence d'événements :
    • A contrario, l'absence de contestation pourra être interprêtée comme une confirmation implicite. Ca n'a pas été nié officiellement implique donc c'est vrai par une sorte dérive sémantique proche du dicton enfantin c'est le dernier qui a parlé qui a raison.
    • De même, le fait que la vie "réelle" ne montre apparemment rien de la conspiration (les gens semblent vivre "normalement", les états semblent avoir des préoccupations "ordinaires", etc.) est interprêté comme, au choix :
      • une efficacité du secret, une démonstration de la toute puissance des autorités qui fomentent la conspiration, qui seraient ainsi capables d'imposer une telle "normalité apparente". L'absence de preuve devient en quelque sorte la preuve du secret, la preuve du complot.
      • le simple reflet d'une phase préalable, de préparation du complot en développement progressif. La menace approche et, en bons croyants, ne seront sauvés que ceux qui s’y seront préparés.

Précaution

Il faut se garder d'amalgamer la question du conspirationnisme avec celle de la vigilance, toujours nécessaire. C'est d'ailleur ce même regard critique qui permet de mettre en question le conspirationnisme.

La vigilance est un réflexe sain dans l'examen du propos des autres, et il est certainement tentant pour un esprit, légitimement inquiet face aux possibilités de manipulation (et d'autant plus qu'il est cultivé), d’appliquer son propre principe de précaution. Relayer des théories de conspirations ou les théoriser soi-même, serait en quelque sorte prévenir le mal. Un mal qui n'existe peut-être pas, mais pour lequel au moins on se sera préparé, on aura levé l'alerte s'il existe.

Et quitte à se préparer, autant se préparer au pire. Un pire qui n’est cependant jamais certain. A la mesure de la globalisation de nos vies, les craintes à la base du conspirationnisme sont régulièrement remplacées par d'autres, pires encore, dans une escalade qui entretient le conspirationnisme depuis toujours. Après les lobbies et les sociétés secrètes, les "gouvernements mondiaux" occultes orchestrant un "Nouvel Ordre Mondial" (New World Order, ou NWO), ce ne peut être qu'une conspiration d'envergure globale (pourquoi pas cosmique ?) qui nous menace... peut-être.

Décrire son inquiétude, la dessiner, et en alerter les autres, avec qui vous ne serez plus seul pour l'affronter. Peut-être ceux-ci vous rassureront-ils en démystifiant votre peur, ou peut-être réussirez-vous à leur transmettre votre virus. Ils loueront alors votre intelligence, qui a su reconnaître ce danger (hypothétique, mais on l'a déjà oublié) qu’ils n'avaient pas vu.

Motivation

Pourquoi en vient-on au conspirationnisme ? Difficile à dire, tant le parcours de chacun peut être différent, mais on peut proposer quelques pistes :

  • Ego : Une personne dénonçant continuellement des conspirations se positionne implicitement comme plus intelligente que celles qui se font avoir. Dans sa relation aux autres, elle peut donc se positionner à la fois comme supérieure, voire une personne quasi-héroïque capable de sauver et aidant ceux qui ne sont considérés "non informés", "naïfs" ou incapables de reconnaître les conspirations en question.
  • Phobie : Dans une sorte de principe de précaution poussé à l'extrême, une personne conspirationniste, même si elle sait en son fort intérieur que ce qu'elle dénonce n'est peut-être pas vrai, va préférer toujours imaginer le pire (que ce soit vrai) dans l'espoir de prévenir le mal potentiel (en le dénonçant). Au pire si ça n'existe pas la théorie conspirationniste dit donc entre les lignes : faites attention à ce que ça n'arrive pas !
  • Politique : Certaines théories de conspirations sont liées et entremêlées d'autres idéologies, souvent haineuses (envers des catégories de population, sur des critères racistes ou non) ou revanchardes (envers les "autorités" qui seraient corrompues, injustes, ne pensant qu'à leur propre profit et nous mentent). Par exemple une haine des autorités américaines pourra participer à l'idée d'une conspiration du 11 septembre.

Instrumentaliser

A paranoïaque, paranoïaque et demi

La paranoïa a la vie dure. Au point que, quand on la conteste, on la renforce ou en crée une autre. Le conspirationnisme est une dérive... qui profite aux conspirateurs !

Toutefois, lorsque la motivation d'un conspirationniste est réellement d'obtenir la vérité plutôt que de "charger" tels ou tels ennemis, celui-ci revienne vers un jugement plus objectif [3].

Home
De même que les croyants à une religion voient le monde et ses événements à travers le prisme de leur religion sans que les non-croyants en fassent la même interprétation Sorte de réductionnisme à l'envers, où au lieu d'amalgamer l'inexpliqué à l'expliqué, on amalgame le particulier au général D'autres éléments censés étayer la théorie de conspiration sont bien sûr avancés aussi, mais ceux-ci ne permettent pas d'emporter l'adhésion sans quoi la conspiration ne resterait pas au stade de théorie. La généralisation est alors avancée comme un argument censé combler ce manque de preuve définitive : oui, ce n'est pas entièrement prouvé, mais mon absence de preuve ne veut pas dire que ce que je dis est faux, car des choses comparables sont arrivées dans le passé. La possibilité du vrai suffit Jerome Blattner Sagan, C. E.: Metzger, Mike: "Letter of Resignation"
 
Source : Mediapart
 
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