L'Allemagne n'est plus à l'abri d'une perte de son « triple A »

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Eh bien, ce matin, pour ces quelques pages concernant l'actualité internationale, ce n’est pas triste. On apprend déjà sur La Croix, que même la sacro-sainte Allemagne est dans le collimateur des agences de notations, qui profitent de la tension actuelle de la crise de la dette en zone €uro pour attaquer la stabilité de leur « triple A ». Et ils ne se gênent pas pour annoncer de concert qu’ils réexamineront « à la fin du troisième trimestre » le triple A accordé à la France et à l'Autriche (déjà placés sous perspective négative en février).

N’oubliez pas que ces agences de notations ne sont que des instruments, qui ne notent que ce qui les arrange. Quid de la situation des État-Unis et de sa dette phénoménale dont on n’entend jamais parler, qui du reste entraîne mécaniquement le monde entier vers cet abysse financier de la dette... Sauf que dans cette guerre mondiale, eux, ils ont des munitions infinies… Et nous on les achète à prix d'or aux : BANQUIERS privés ! A votre avis alors, comment ça va finir ? Enfin on l’a assez dit… Mais vu la conjoncture un peu partout, ça ne fait pas de mal de le répéter... ; )))

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Wolfgang Schaeuble, le ministre allemand des finances l'affirme : l'Allemagne restera une « ancre de stabilité » dans la zone euro.
ASSIOCIATED PRESS

L'agence de notation financière Moody's n'exclut plus de retirer à l'Allemagne, première économie en Europe, le fameux «triple A» reflétant sa solidité financière, en raison de «l'incertitude croissante » qui entoure la crise de la dette en zone euro.

Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker a exprimé mardi 24 juillet son «ferme engagement pour assurer la stabilité de la zone euro dans son ensemble »

Lundi 24 juillet, Moody's a annoncé qu'elle abaissait de «stable» à «négative» la perspective de l'Allemagne mais également des Pays-Bas et du Luxembourg, deux autres pays de la zone euro qui jouissent eux aussi de la note Aaa, la meilleure possible, censée leur permettre d'emprunter à moindre coût sur les marchés financiers.

Le ministère allemand des Finances a aussitôt réagi en clamant que Berlin continuerait d'être une «ancre de stabilité » dans la zone euro. «L'Allemagne va tout faire avec ses partenaires pour surmonter le plus rapidement possible la crise de la dette européenne» , a ajouté le ministère.

Perspectives négatives

Dans son communiqué, Moody's a également indiqué lundi qu'elle réexaminerait «à la fin du troisième trimestre » le triple A accordé à la France et l'Autriche, deux autres pays de la zone euro qu'elle avait déjà placés sous perspective négative en février. Concrètement, le placement sous perspective négative signifie que l'agence n'exclut pas un abaissement de la note souveraine en cas de dégradation de la situation.

Même si elle n'en fait pas son «scénario de travail », l'agence justifie tout d'abord sa décision par «la probabilité de plus en plus forte d'une sortie de la Grèce de l'euro»  et de l'«impact plus large» qu'un tel événement aurait sur des pays déjà exsangues (Espagne, Italie) et sur l'ensemble de la zone euro.

Quel que soit le sort de la Grèce, Moody's s'inquiète surtout de la «probabilité de plus en plus forte» " que l'UE soit contrainte d'aider à nouveau d'autres Etats de la zone euro et que ce «fardeau » pèse avant tout sur les pays les plus solides de la zone. «Etant donné leur plus grande capacité à absorber le coût lié à cette aide, ce fardeau devrait principalement peser sur les Etats les mieux notés  (financièrement, ndlr) de la zone euro », écrit l'agence.

Une crise contagieuse

Au total, six pays de cette région bénéficient encore d'un «triple A» accordé par Moody's mais seule la Finlande jouit encore d'une «perspective stable », que l'agence a confirmée lundi 24 juillet en soulignant la faible exposition de son économie et de son système bancaire aux vicissitudes européennes.

Mi-juillet, Moody's avait dégradé de deux crans, de A3 à Baa2, la note de solvabilité de l'Italie, évoquant déjà un risque de «contagion » de la crise de la zone euro et suscitant de nombreuses protestations à Rome mais aussi au sein de l'Union européenne. La dégradation des notes souveraines n'est pas toujours suivie d'effets sur les marchés.

Ainsi, en août 2011, l'agence Standard and Poor's, l'une des trois à dominer le marché mondial de la notation, avait retiré son triple A aux États-Unis qui empruntent pourtant aujourd'hui à des taux historiquement bas sur les marchés financiers.

Assurer la stabilité de la zone Euro

Affirmant dans un communiqué que les «fondamentaux » de ces pays sont «sains », Jean-Claude Juncker, qui est aussi Premier ministre du Luxembourg, déclare: «dans ce contexte, nous réaffirmons notre ferme engagement à assurer la stabilité de la zone euro dans son ensemble» .

«Nous prenons bonne note de la décision de Moody's qui confirme la notation élevée d'un nombre important d'Etats de la zone euro, soutenue par les fondamentaux sains qu'ont ces (trois) pays et d'autres au sein de la zone euro », souligne-t-il.

 

Source : La Croix avec Afp

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