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Alors que les États-unis cherchent à tout prix à mettre la main sur Edward Snowden, ce dernier continu à faire des révélations. Comme on vous l’a indiqué depuis longtemps, vous ne serez pas surpris par ces basses manœuvres,

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F.

 

Snowden 03 08 2013

Image de la chaîne de télévision Russia24 montrant Edward Snowden (de dos au centre) discuter avec

son avocat à l'aéroport de Moscou, jeudi 1er août. | AP/

Le sommet bilatéral Russie-Etats-Unis, envisagé par les diplomaties des deux pays avant la tenue du G20 à Saint-Pétersbourg, au début septembre, aura-t-il lieu ? Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carney, s'est publiquement interrogé, jeudi 1er août, sur "son utilité". En cause : l'octroi par Moscou d'un visa de séjour temporaire d'un an à Edward Snowden, 30 ans. Cet analyste de la National Security Agency (NSA) américaine avait révélé en juin l'ampleur des écoutes et du suivi des communications électroniques menés par ce service secret dans le monde et aux Etats-Unis. Il avait fui Hongkong après ses révélations au quotidien britannique The Guardian puis au Washington Post et se trouvait depuis le 23 juin dans la zone de transit de l'aéroport Cheremetievo, à Moscou, d'où il cherchait à obtenir l'asile d'un pays d'accueil.

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Lire : Edward Snowden "remercie" la Russie où il veut refaire sa vie

L'affaire place l'administration américaine en position difficile. A son accession à la présidence, Barack Obama avait fait du reset ("la remise à plat") de la relation avec Moscou un axe de sa diplomatie. Mais depuis la réélection controversée de Vladimir Poutine, en 2012, la relation s'est dégradée. La veille de l'arrivée de l'ancien analyste sur le sol russe, la justice américaine l'avait inculpé d'"espionnage" et d'autres délits. Depuis, elle avait présenté à l'Etat russe une requête d'extradition, le ministre américain de la justice, Eric Holder, s'engageant par écrit, le 23 juillet, à ce que M. Snowden ne soit pas torturé ni condamné à mort en cas de procès (ce dernier ayant évoqué ces menaces en cas d'extradition).

Le président Poutine, qui avait initialement qualifié la venue de M. Snowden de "cadeau de Noël non désiré", a donc finalement opté pour accueillir l'encombrant "lanceur d'alerte", le Kremlin s'étant progressivement offusqué des "interférences" américaines. La Maison Blanche s'est dite "extrêmement déçue" par ce qu'elle a qualifié d'"événement non positif". Pour autant, son porte-parole a rappelé que la relation avec Moscou était "fondée sur le réalisme" et que son pays gardait "de nombreux intérêts avec les Russes". Ainsi, le président Obama avait publiquement remercié son homologue pour l'aide apportée à l'enquête après l'attentat terroriste commis par deux Américains d'origine tchétchène à l'arrivée du marathon de Boston, le 15 avril.

L'OPINION PUBLIQUE AMÉRICAINE PARTAGÉE

Mais jeudi, le sénateur républicain John McCain a évoqué une "claque à la face de tous les Américains" et appelé à "repenser sur le fond notre relation à la Russie de Poutine". Le sénateur républicain Lindsay Graham a estimé que l'événement indiquait "clairement l'absence de respect de Vladimir Poutine pour Barack Obama". En revanche, un conseiller du président russe, Iouri Ouchakov, a jugé l'affaire "trop peu significative pour avoir un impact sur les relations politiques" entre les deux États.


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Le document accordant un droit d'asile temporaire à Edward Snowden.
| REUTERS/MAXIM SHEMETOV

Mais le problème n'est pas que diplomatique. L'affaire prend une ampleur inédite aux Etats-Unis, où l'opinion apparaît partagée face à la vindicte de l'Etat contre les lanceurs d'alerte. Sur le site du New York Times, un internaute de Des Moines (Iowa) synthétise ainsi un point de vue répandu : "La moitié du pays voudrait voir Snowden pendu, l'autre lui allouer une médaille. Voilà ce qui arrive lorsqu'on crée un Etat qui nous surveille tous. (...) Je ne sais pas si Snowden ou Manning sont des héros ou des traîtres, mais si leurs actes nous auront aidés à choisir entre la liberté et la sécurité, alors ils auront bien servi leur pays."

Cette affaire pourrait-elle constituer un tournant négatif majeur pour l'administration Obama ? Beaucoup commencent à le considérer. "Le risque est important", estime James Bamford, l'auteur de The Shadow Factory : The Ultra-Secret NSA from 9/11 to the Eavesdropping on America ("L'Appareil caché : l'ultrasecrète NSA, du 11-Septembre aux écoutes clandestines des Américains", Doubleday, 2009), qui publie, dans la Review of Books, l'analyse la plus précise des révélations d'Edward Snowden sur les activités de la NSA aux Etats-Unis et les mensonges des responsables du renseignement. Selon lui, "l'impact des révélations est beaucoup plus fort que celles de Bradley Manning". D'abord, après leurs répercussions négatives sur les relations de Washington avec la Chine et l'Europe, c'est désormais aussi le cas avec la Russie. Et surtout, "elles ne concernent pas seulement des menées contre des "terroristes" dans des guerres à l'étranger, mais montrent l'énorme dimension de l'espionnage par l'Etat américain de ses propres citoyens".

DE PLUS EN PLUS D'OPPOSANTS INQUIETS DE L'ÉROSION DES LIBERTÉS PUBLIQUES

Sur ce plan, Barack Obama, dans sa volonté de protéger la liberté d'agir en secret des services spéciaux, apparaît comme majoritairement soutenu par ses adversaires républicains, alors que nombre de ses partisans se retrouvent du côté de ses adversaires : vent debout contre la Maison Blanche, un sénateur démocrate comme Richard Blumenthal a traité, jeudi, l'action de la NSA de "mauvaise pour la vie privée et pour la démocratie". Or, note encore M. Bamford, depuis que l'affaire Snowden a éclaté, le camp des opposants se renforce. "Il regroupe des tendances hétérogènes : des progressistes, des défenseurs des droits civiques, mais aussi des libertariens et des conservateurs inquiets de l'érosion des libertés publiques." Le risque, pour le pouvoir, est que le scandale "enfle soudainement si l'opinion publique se convainc que les libertés sont bafouées."

Mercredi, la Maison Blanche, dans une tentative de calmer la colère de certains élus, a déclassifié une série de documents afin de démontrer que la surveillance des Américains était menée dans le respect de la légalité. "Tentative vaine ", concluait l'éditorial du New York Times, jeudi. Ces documents "ne clarifient rien d'important". Au contraire, ils soulèvent "de nouvelles questions majeures quant à savoir si les agences de renseignement ont induit en erreur le Congrès et l'opinion publique".

M. Obama se trouve face à un dilemme : justifier le secret devient chaque jour plus ardu, jouer la transparence invite à plus de transparence encore.

Lire aussi : L'outil qui permet de détecter "quasiment tout ce que fait un individu sur Internet"

 

Source : Lemonde.fr

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