Cela aussi, tout le monde est au courant, mais tout le monde s'en fiche. Du moment que nos enfants ont du Nutella à manger...

Par (15 juin 2012)
« Si Dieu le veut, Felda fera mieux que Facebook. » C’est par ce commentaire que le Premier ministre de Malaisie a dévoilé l’introduction en Bourse à Singapour, le 25 juin prochain, de la compagnie malaisienne Felda Global Ventures Holding (FGVH). Première productrice d’huile de palme de Malaisie [1] et numéro trois mondial, FGVH aurait déjà attiré de nombreux actionnaires et investisseurs, pour plus de 15 milliards de dollars, selon le Wall Street Journal. Si ces montants se concrétisent, il s’agirait de la deuxième plus grosse introduction en Bourse depuis le début de l’année, derrière celle de Facebook [2].
Pour assurer la commercialisation de son huile, FGVH a conclu en mai un partenariat industriel avec le groupe français Louis Dreyfus (LDC) [3], négociant de matières premières agricoles. Ce dernier avait remporté en 2008 le prix Pinocchio des Droits humains « pour avoir exploité des populations indigènes Guarani dans des conditions proches de l’esclavage », dans la production d’éthanol au Brésil. En Malaisie, le groupe Louis Dreyfus prévoit la constitution d’une joint venture avec FGVH, dédiée à la commercialisation de 1,1 million de tonnes par an d’huile de palme.
Cette entrée au capital d’investisseurs internationaux suscite des résistances dans la société malaisienne. Certains, parmi les 112.000 paysans sociétaires des coopératives publiques, dénoncent une perte de contrôle sur leurs ressources et craignent que les intérêts des petits producteurs soient négligés. Sans oublier les problèmes provoqués par l’inflation de plantations de palmiers à huile (déforestation, perte de terres vivrières…). Un recours en justice a même été entrepris mais vient d’être rejeté par les autorités. Pour calmer le jeu, le gouvernement malaisien aurait promis à chaque famille une enveloppe de 15.000 ringgits (environ 4000 euros). Encore un exemple de plus de l’avidité des investisseurs financiers dans la conquête des matières premières.
Notes
Source : Bastamag.net
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