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À l'autre bout de la chaîne, plutôt que de leur tendre la main, on met les déshérités une 2e fois à la rue... Avez-vous conscience que tout ce gâchis est politique ?

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Christophe Robert, porte-parole du collectif pour une nouvelle politique du logement des personnes sans abri et
mal logée et Christophe Louis du collectif "Les Morts de la rue" (Louis Morice pour le "Nouvel Observateur")

Un collectif d'associations interpelle les candidats pour une nouvelle politique du logement et demandent "la fin de la gestion au thermomètre de l'hébergement".

Plus de 90 personnes sont mortes dans la rue depuis le début de l'année en France. Plus de 40.000 attendent d'être jetée à la rue depuis le 15 mars, date de la fin de la trêve des expulsions locatives. D'ATD Quart Monde à l'Union Nationale pour l'Habitat des jeunes, un collectif de 33 associations constitué en 2008 s'est rassemblé, jeudi 29 janvier, devant le Conseil d'Etat à Paris, appelant à la mobilisation pour une nouvelle politique du logement des personnes sans abris et mal logées.

Construction de logements sociaux, moratoire sur les expulsions locatives sans solutions de relogement, accueil tout au long de l'année de toute personne sans-abri, les associations demandent un engagement ferme des politiques.

Robert Spizzichino pour le Front de Gauche, Dominique Versini pour le Modem, Emmanuelle Cosse pour EELV, Danièle Hoffman-Rispal pour le PS, Etienne Pinte pour l'UMP... des candidats à la présidentielle ont délégué leurs représentants à ce rendez-vous. Un militant de Jacques Cheminade s'est aussi invité et distribue des tracts dans le public. La campagne offre une tribune idéale et permet aux associations de maintenir la pression pour réclamer un engagement des candidats. "Pas besoin de slogans du type 'Zéro SDF', nous avons besoin d'actes. Les candidats doivent faire connaître leur projet. Nous voulons non seulement des mesures d'urgence mais aussi des mesures structurelles", lance Christophe Robert, porte-parole du collectif.

Hypocrisie du système hivernal

Avec la fermeture des centres d'hébergement d'urgence et la reprise des expulsions locatives, le plan hivernal prend fin au cœur de la campagne présidentielle. "Sur Paris, la préfecture a décidé de maintenir 3.600 places jusqu'à la fin du mois de mai. Après, l'élection sera passée", ironise une bénévole d'Emmaüs. Le collectif dénonce l'hypocrisie du système hivernal : "Nous demandons la fin de la gestion au thermomètre de l'hébergement", explique Matthieu Angotti, directeur général de la Fédération Nationale des Associations d'Accueil et de Réinsertion Sociale (FNARS).

Au 31 mars, 19.000 places d'hébergement d'urgence seront fermées. Si, en Ile-de-France, la préfecture garantit des places jusqu'en juin, elle s'appuie sur le dispositif existant. "Il n'y a pas d'augmentation du contingent. Les places en question sont déjà engagées sur le Dalo. Il faudrait remettre en attente des personnes déjà considérées comme prioritaires ? Ce n'est pas une solution", se désole Christophe Louis du collectif "Les Morts de la rue". Ce dernier remet aussi en cause l'orientation des personnes concernées : "Tous ne sont pas prêts à rentrer dans du logement et beaucoup ne sont pas en situation de pouvoir le faire. En fait, très peu sont éligibles pour un logement et la préfecture ne propose aucune autre solution." Pour le collectif, "les politiques de l'accès au logement doivent être élaborées, mises en œuvre et évaluées avec la participation des personnes accueillies et accompagnées."

Arrêtés municipaux contre les expulsions locatives

Dans une France où 700.000 personnes vivent sans logement personnel, dans des campings, dans des voitures, dans des abris, Christophe Robert estime que le système de protection est en train de craquer : "Nous avons honte des économies sur les APL, honte des arrêtés anti-mendicité, honte de la non application de la loi Dalo. Nous sommes fiers des maires qui ont pris des arrêtés contre les expulsions après le 15 mars." Des maires qui voient leurs décisions annulées par le tribunal administratif.

Si le collectif interpelle les candidats, c'est d'abord parce qu'il estime que "l'Etat est garant de l'accès et du maintien dans un logement décent". Selon lui, "la campagne électorale reste muette" sur la question de l'exclusion du logement. Eva Joly, François Bayrou, François Hollande et Jean-Luc Mélenchon ont pourtant bien signé le Contrat social, présenté par la Fondation Abbé Pierre lors de son assemblée sur l'état du mal-logement. Pas encore officiellement candidat et représenté par Henri Guaino lors de cette journée, Nicolas Sarkozy ne l'a pas encore signé.

Indivisibilité des droits

Le mal logement s'enracine et les associations se sentent affaiblies dans leur capacité à apporter une réponse digne. La Ligue des Droits de l'Homme se veut partie prenante dans ce combat. "Nous nous plaçons dans l'indivisibilité des droits et un logement précaire abrite un citoyen précaire, amoindri. Un citoyen qui ne peut pas prendre toute sa place et réfléchir dans la campagne actuelle. L'exclusion d'un logement digne a en effet des retombées dans tous les domaines : la santé, la famille. Nous sommes dans une société éclatée", explique son président, Pierre Tartakowsky pour qui, "quelque chose est en train de se défaire sous nos yeux. On s'habitue à voir des gens crever sur le trottoir : on devient tous un peu psychopathes."

 

Source : tempsreel.nouvelobs.com

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