La gauche reprend les commandes au Danemark

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Et pourtant, les Danois n'ont pas à se plaindre, ils sont hors de l'€uro, ils n'ont pas vu leur étalon être multiplié par 6,5...

Lars Lokke Rasmussen a reconnu sa défaite. Helle Thorning-Schmidt va devenir la première femme Premier ministre du pays.

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Helle Thorning-Schmidt souhaite forger une alliance de gouvernement avec les centristes. © Lefteris Pitarakis / AP / Sipa

Les électeurs danois ont confié jeudi le pouvoir au bloc de gauche conduit par la sociale-démocrate Helle Thorning-Schmidt et renvoyé le gouvernement de centre droit dans l'opposition après dix ans aux affaires. "Nous l'avons fait ! Ce jour est un jour de changement", a lancé Helle Thorning-Schmidt qui, à 45 ans, va devenir la première femme à occuper le poste de Premier ministre du Danemark. La chef de file du "Bloc rouge" a su convaincre les électeurs qu'elle serait à même de relancer l'économie du pays, promettant une relance des investissements dans l'éducation et les infrastructures. Ces dépenses seraient partiellement financées par une heure de travail hebdomadaire supplémentaire, soit douze minutes par jour.

"Nous avons de nouveau démontré ce soir que les sociaux-démocrates constituent une grande force qui occupe une position centrale dans la société danoise" a-t-elle ajouté. Après le dépouillement de la quasi-totalité des suffrages exprimés, le "Bloc rouge" devrait obtenir 92 des 179 sièges du Folketing, le parlement danois. Sans attendre la proclamation des résultats officiels, le Premier ministre sortant, le libéral Lars Lokke Rasmussen , a reconnu sa défaite. "Demain (vendredi) à 11 heures, je remettrai la démission du gouvernement à la reine", a-t-il déclaré sur la chaîne TV2. "Il n'y a plus de motif de rester au gouvernement."

Son alliance, le "Bloc bleu" (centre droit) exerçait le pouvoir depuis dix ans, période au cours de laquelle le Danemark, à l'instar d'autres pays, a connu une crise économique sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.

L'économie nourrit le ressentiment

"Tout indique que nous allons avoir un nouveau gouvernement", a déclaré Margarethe Vestager, chef des sociaux-libéraux qui joueront sans doute un rôle-clé dans la coalition "rouge". Helle Thorning-Schmidt a du reste annoncé sans tarder qu'elle souhaitait forger une alliance de gouvernement avec la formation centriste.

L'état de l'économie a constitué le grand thème de la campagne, les partis de la coalition au pouvoir se voyant accusés de ne pas avoir réussi à préserver la croissance. Lars Rasmussen avait exhorté les électeurs à lui rester fidèles pour empêcher la gauche de défaire ce qu'il avait accompli. Le Danemark est le dernier en date des pays européens à évincer des équipes en place sur fond de difficultés économiques. Le gouvernement socialiste espagnol risque une défaite électorale le 20 novembre et, en Allemagne, la chancelière Angela Merkel a perdu une série de scrutins régionaux depuis mai 2010.

Le Danemark a évité dans une grande mesure les traumatismes qu'ont subis d'autres pays ouest-européens parce qu'il reste extérieur à la zone euro. Mais la crise économique a transformé ses confortables excédents en déficits qui pourraient atteindre 4,6 % du produit intérieur brut (PIB) l'an prochain. Les partis politiques du pays divergent sur l'adhésion éventuelle de leur pays à l'euro. Les Danois ont voté contre l'euro par référendum en 2000 et la couronne danoise fluctue autour de l'euro avec une marge de variation étroite.

Source : Le Point

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