La Grande-Bretagne devient-elle ingouvernable ? (La-chronique-agora.com)

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Bonjour, j'espère que vous allez pour le mieux, les températures devraient commencer à baisser vendredi. Et ce matin c'est Bill Bonner qui ouvre notre petit tour de l'actualité nationale et internationale. La Grande-Bretagne sombre dans une crise profonde : émeutes, immigration, Premier ministre Starmer sur le départ, économie étouffée par les impôts et les dépenses publiques incontrôlées. Bill Bonner cite l'ouvrage prophétique "The Sovereign Individual" (1997) qui avait tout anticipé — nationalisme, hostilité à la mondialisation, effondrement de la gouvernance. Pendant ce temps, le Wall Street Journal conseille de couper les aides sociales pour financer l'armée. Le monde anglo-américain récite son scénario catastrophe, ligne après ligne.

grande bretagne

Le Royaume-Uni s’enfonce dans une crise politique et sociale dont les causes dépassent largement les seules émeutes. Entre immigration, dépenses publiques et impuissance du pouvoir, une vieille prophétie semble peu à peu prendre forme.

Demain, nous allons mettre le cap sur Londres. Voilà plusieurs années que nous n’y sommes pas allés. La pauvre Grande-Bretagne semble traverser l’une de ces périodes de vaches maigres. The Guardian rapporte :

« Émeutes et racisme : pourquoi le Royaume-Uni s’embrase-t-il ?

Les foules sont descendues dans la rue après une série d’incidents impliquant des immigrés. Dans ce genre d’affaires, les faits sont généralement embrouillés, assortis de réserves, de ‘si’ et de ‘mais’. Mais une foule qui tient déjà une corde n’a que faire des nuances. Ce qu’elle veut, c’est un cou autour duquel la passer. »

Ce week-end, le Financial Times s’est tourné, pour tenter de comprendre, vers nos vieux amis et associés James Dale Davidson et William Rees-Mogg. Publié en 1997, leur ouvrage The Sovereign Individual s’est révélé singulièrement prophétique, au point de devenir une sorte de texte sacré dans la Silicon Valley. Ils annonçaient déjà, selon le passage cité par le Financial Times :

« Une réaction nationaliste intense, voire violente […] une méfiance et une opposition croissantes à l’égard de la mondialisation et du libre-échange […] une hostilité envers l’immigration, en particulier envers les groupes visiblement différents […]. »

La prophétie est déjà à l’œuvre aux États-Unis, où Trump s’en est pris à l’immigration et a troqué le libre-échange contre un mur de droits de douane. À présent, les vents d’ouest semblent avoir transporté la contagion de l’autre côté de l’Atlantique, jusqu’en Grande-Bretagne.

Même le Premier ministre semble sur le point de passer à la potence. Newsweek :

« Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé sa démission, ouvrant la voie à une transition rapide à la tête du gouvernement. Le journal britannique rapportait samedi que Starmer avait conclu que sa position n’était plus tenable […]. »

Liz Truss a tenu deux mois à peine. Rishi Sunak est resté agrippé à l’épave pendant près de deux ans. Il semblerait maintenant que ce soit au tour de Starmer de se balancer au bout de la corde.

La Grande-Bretagne est-elle devenue ingouvernable ? S’est-elle enfoncée dans un trou si profond qu’aucune échelle digne de ce nom ne permettrait d’en atteindre le fond ? Ou l’ensemble du monde anglo-américain se contente-t-il de réciter, ligne après ligne, le scénario de The Sovereign Individual ?

La notion d’individu souverain vient à l’origine de Nietzsche. Il désignait ainsi l’homme devenu maître de lui-même. Davidson et Rees-Mogg l’ont replacée dans un cadre plus concret. Ils voyaient les grains s’accumuler au-dessus des pays riches, où de nombreuses personnes aux compétences réelles assez limitées continuaient de percevoir de confortables rémunérations. Ils prédisaient que les nouvelles technologies amputeraient sérieusement leurs revenus.

Mais, dans l’ensemble, ils regardaient avec optimisme l’essor du cyberespace. Ils y voyaient un territoire où l’homme pourrait échapper à un État parasite et mener une existence plus libre et plus prospère que jamais. Jusqu’ici, cette moitié plus lumineuse de la prophétie ne s’est guère manifestée.

En Grande-Bretagne, les événements semblent même prendre la direction exactement opposée. John Dienner :

« Malheureusement, la grande nation anglaise fonce à toute allure sur la voie du socialisme étatique. Après quatorze années de gestion incompétente par les conservateurs, le Parti travailliste a été porté au pouvoir il y a deux ans. Il a rapidement démontré qu’il n’avait pas la moindre idée de la manière de ranimer une économie anglaise étouffée par les impôts et les réglementations. Keir Starmer, son dirigeant et Premier ministre, est sur le point d’être chassé du 10 Downing Street par les membres de son propre parti. Le pays croule sous les problèmes, et aucun consensus ne se dégage sur la façon de les résoudre. »

Il n’y a pourtant là aucun grand mystère. Des deux côtés de l’Atlantique, l’histoire est à peu près la même : les gouvernements dilapident une part excessive de l’argent des citoyens, notamment dans des confinements absurdes, des chèques de relance, des programmes DEI, l’Irak, l’Iran… et ainsi de suite.

Voici toutefois le dernier conseil du Wall Street Journal pour gaspiller cet argent d’une manière qui suscite un peu moins de protestations :

« Le Royaume-Uni doit réduire les prestations sociales pour financer ses dépenses militaires. Alors que la menace russe s’intensifie en Europe, la pression augmente sur les membres de l’OTAN, dont le Royaume-Uni, afin qu’ils atteignent l’objectif de dépenses militaires de base fixé à 3 % du PIB. Pete Hegseth annonce parallèlement un ‘réexamen de l’OTAN 3.0’, tandis que Kemi Badenoch, cheffe du Parti conservateur britannique, propose d’aider le Premier ministre Keir Starmer à procéder aux réductions de dépenses sociales devenues indispensables. »

Elbridge Colby, sous-secrétaire américain à la Guerre, y est allé de sa propre déclaration solennelle :

« En cette période critique, il est de nouveau impératif que la puissance militaire britannique soit renforcée. Nous exhortons le Royaume-Uni à répondre à ce besoin avec urgence, ampleur et détermination. »

(Elbridge, notons-le, est le fils de Bill Colby, ancien directeur de la CIA et jadis consultant auprès de Davidson et Rees-Mogg. Le monde est petit.)

Qu’y a-t-il donc de si critique dans la période actuelle ?

Probablement rien. Rien, si ce n’est la nécessité de maintenir le flot d’argent.

Le contribuable supporte mal de voir l’argent de ses impôts — même lorsqu’il n’en paie pas personnellement — servir à dorloter les immigrés. Mais prononcez les mots « sécurité nationale » — ah, la formule magique ! — et la dépense franchit aussitôt les grilles, sans même avoir à présenter de billet.

 

Source : La-chronique-agora.com

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