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par Éric Verhaeghe

Der Spiegel Macron
Je ne suis pas arrogant, je dis et je fais ce que j'aime...

Le mot est passé, du Parti Communiste jusqu'au MEDEF : il faut faire barrage au Rassemblement National et sauver le soldat Macron coûte-que-coûte, sous une multitude de prétextes fallacieux allant du retour du nazisme jusqu'à la pluie de sauterelles économiques qui s'abattront sur la France en cas de désobéissance de l'électorat. Bien entendu, ces prétextes actionnés mille fois pour éviter tout changement dans le ronron du système mondialiste ne repose que sur des écrans de fumée. Voici pourquoi.

Faire barrage au Rassemblement National… comme en son temps il fallait faire barrage au Front National. La rengaine est la même depuis plus de 30 ans. Elle fut inventée à une époque où Internet n’existait pas plus que le COVID ou le téléphone portable, où le Rideau de Fer était encore debout et les frontières aussi.

Depuis cette invention, le monde n’est plus le même, mais la politique française elle, garde les mêmes lubies et les mêmes slogans, peu à peu vidés de leur sens. Il faut donc continuer à crier “faites barrage au Rassemblement National” la main cœur, l’air héroïque d’un indigné le plus ostentatoire possible, sous peine de déchoir aux yeux de l’artistocratie et des salons parisiens (sans oublier ceux de Neuilly et de Montreuil, bien entendu).

Le même barrage de Montreuil à Neuilly, un signe qui ne trompe pas

La liste des forces qui appellent à faire barrage au Rassemblement National serait trop longue pour être dressée exhaustivement.

On retiendra juste qu’on peut assez facilement la faire commencer à Montreuil, avec cette publication de la CGT dont le titre dit tout : “Pas une voix du monde du travail pour l’extrême droite”. Et l’achever avenue Bosquet, au siège du MEDEF, dont le Président a déclaré que : “Le programme économique de Marine Le Pen conduirait le pays à décrocher par rapport à ses voisins et à le mettre en marge de l’Union européenne“.

Mais on pourrait tout pareillement reprendre les propos de Nicolas Sarkozy qui a appelé à voter Macron ce matin.

C’est quand même curieux, cet unanimisme qui réconcilie d’un coup des gens qui, officiellement, sont des ennemis de classe.

Tout se passe comme si les acteurs d’une pièce de théâtre arrêtaient soudain la pièce qu’ils étaient en train de jouer pour protester contre la vente de la salle.

En tout cas, tout ce petit monde ne s’y prendrait pas autrement s’il voulait nourrir l’opinion dans la conviction qu’un système en trompe-l’œil l’opprime, l’asphyxie, avec des divergences ou des antagonismes de pure apparence, mais une communauté d’intérêt profonde qui bloque toute évolution, toute réforme, toute remise en cause des rentes acquises.

Une conviction s’impose de façon transparente : la politique française est une mascarade à bout de souffle dont le seul objectif est de protéger les gamelles des cooptés. Au nom de l’intérêt général, de la démocratie et de la survie économique du pays.

L’imposture du barrage au fascisme

Dans l’anthologie des prétextes hypocrites que l’on peut lire chaque jour dans le journal, au nom desquels la démocratie et le libre choix du candidat doivent céder à la place à la dictature de la bien-pensance et de la mise à l’index mondialiste, le texte de la CGT vaut son pesant de cacahuètes :

Avant comme après les élections, la CGT s’opposera aux reculs sociaux et construira avec les travailleurs et les travailleuses les luttes nécessaires à la défense de leurs intérêts.

Donc, si l’on comprend bien, le Rassemblement National amènerait des reculs sociaux.

Pourquoi pas, qui sait ?

Mais ce qui gêne, c’est l’étrange accommodement de la CGT avec le principal recul social depuis la guerre : lorsque, selon son idéologie mondialiste du vaccin, Emmanuel Macron a posé le principe de la vaccination obligatoire dans les hôpitaux sous peine de suspension, c’est-à-dire de perte d’emploi sans indemnité, on ne se souvient pas que la CGT ait émis la moindre protestation. Et la CGT aurait très bien pu affirmer son goût pour le vaccin à ce moment-là… Mais en prônant une indemnisation pour ceux qui étaient exclus.

Et bien, rien, à ce moment-là. Ce syndicat qui prétend (comme la CFDT) défendre les “travailleurs” n’a (comme la CFDT) pas eu un mot de solidarité pour ceux qui n’avaient plus aucun droit.

Et ces imposteurs, ces déserteurs de la cause sociale, prétendent aujourd’hui incarner le monde du travail et lui donner des consignes de vote au nom de ses intérêts ?

On prendra bien soin de leur infliger la leçon qu’ils méritent, ces faux-monnayeurs, en votant Rassemblement National le 24 avril.

L’imposture de la dictature

Une autre fiction préhistorique est alimentée par la CGT. C’est celle de la victoire du nazisme qui accompagnerait Marine Le Pen. On lira par exemple cette phrase :

L’histoire le montre, il y a une différence de nature entre les partis républicains qui accèdent au pouvoir et le cèdent et l’extrême droite qui une fois arrivée au pouvoir le confisque.

Justement, si les partis prétendument républicains cédaient si facilement le pouvoir, il n’y aurait ni barrage contre le RN, ni “cordon sanitaire”.

Sans surprise, les mêmes qui appellent à mettre un parti en quarantaine de façon constante depuis plusieurs décennies, au nom de la démocratie, ont, sans que rien ne les y oblige, décidé d’activer le contrôle général des populations : QR Code à toutes les étapes de la vie quotidienne, fichage désormais autorisé des citoyens sur toute la gamme de leurs opinions, y compris religieuses ou syndicales, mesures d’exception prises en cascade au nom d’une urgence sanitaire qui a duré deux ans.

Comme l’a reconnu Emmanuel Macron, ces dispositifs de surveillance et d’exclusion seront réactivés à l’automne s’il est réélu.

Et je ne parle même pas ici des innombrables violations du droit de propriété commises au titre de l’obligation vaccinale, qui a permis d’imposer sans indemnité à des médecins ou des praticiens indépendants la cessation de leur activité.

Ces violations scandaleurses de l’état de droit soulignent que la dictature, ce n’est pas demain avec le Rassemblement National, c’est aujourd’hui avec le régime en place.

On prendra bien soin de rompre avec le dit régime en votant Rassemblement National le 24 avril.

L’imposture de l’impasse économique

Impossible de ne pas épingler ici la farce du MEDEF concernant la prétendue impasse économique dans laquelle se trouvera la France après une victoire du Rassemblement National.

On comprend bien pourquoi le MEDEF, comme la CPME, colportent ces rodomontades : ils ont tous été gavés de prêts garantis par l’Etat, d’aides en tous genres, de subventions pendant 2 ans, au point de ruiner le pays et de creuser des galeries minières dans les sous-sols. Sans surprise, ces toxicomanes ont peur du manque et demandent une garantie d’approvisionnement dans les narcotiques qui leur font prendre le cloaque français pour un eldorado.

La vérité, là encore, oblige à rappeler que l’impasse économique, ce n’est pas demain avec Marine Le Pen, c’est aujourd’hui avec Emmanuel Macron, qui s’est révélé être le pire gestionnaire des comptes publics depuis Jacques Chirac, ce qui n’est pas rien.

Mais cette vérité d’intérêt général n’intéresse guère ceux qui ont tiré leurs marrons du feu et n’ont jamais gagné autant de fric qu’avec le COVID. L’essentiel est que la drogue continue à faire son effet. Une addiction vaut bien un gros mensonge.

Et pour rétablir des vérités élémentaires, on votera consciencieusement Rassemblement National le 24 avril.

Macron est plus détestable que Marine Le Pen

Comme beaucoup de Français, je ne suis un ami ni de Marine Le Pen ni du Rassemblement National.

La question n’est pas de savoir si on l’aime ou pas, comme à chaque deuxième tour des présidentielles où il faut éliminer un candidat lorsque celui qu’on a choisi au premier tour est rayé de la liste.

La question est de savoir si l’on doit voter pour un candidat que l’on exècre sous prétexte qu’il serait immoral ou socialement honteux de voter pour un candidat que l’on exècre moins.

Mon conseil est d’appliquer la loi de la démocratie : il faut se décider en son âme et conscience pour ce que l’on croit juste, sans se préoccuper des intimidations et des menaces proférées par la caste dirigeante.

Et comme l’occasion nous est donnée de dégager cette caste qui mène consciencieusement, doctement, idiotement ce pays à la ruine depuis plus de quarante ans, il ne faut pas laisser passer sa chance.

Il faut les dégager.

 

Source : Lecourrierdesstrateges.fr

 

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