La Grèce a-t-elle été le cheval de Troie d’un coup d’Etat sur l’Europe orchestré par la Commission Trilatérale ?

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L’ensemble de la zone euro est désormais sous la tutelle des élites européistes. Cette mesure entrera en vigueur au début 2011, comme l’a indiqué hier soir lors de la réunion d’urgence le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, pour lequel il s’agit d’une « une condition sine qua non ». Quant à Jean-Claude Juncker, le patron de l’Eurogroupe, il a encore surenchéri en indiquant que cette mesure était « vertueuse ». Tout indique que la Grèce a été le cheval de Troie de ce coup d’Etat, orchestré par la Commission Trilatérale.

Réunion de la Commission Trilatérale à Dublin

C’est le Premier ministre irlandais, Brian Cowen, qui a prononcé le discours inaugural de la réunion de la Commission Trilatérale (1), qui s’est tenue à l’hôtel « Four Season » de Dublin le 6 mai dernier, devant 200 représentants influents de la politique et de la finance mondiale, tel Paul Adolph Volcker, ancien directeur de la Réserve fédérale des États-Unis (Fed) et actuel conseiller du président Barack Obama en tant que directeur du « Conseil pour la reconstruction économique ».

« Les Etats doivent prendre des mesures fiscales pour satisfaire les marchés », a notamment indiqué M. Cowen, avant de reconnaître que la mise en place d’un gouvernement économique allait demander une rapide modification des traités européens, précisant encore que l’Allemagne serait prête à jouer tout son poids pour aller dans ce sens.

De son côté, Paul Volcker a indiqué que « seule une centralisation du pouvoir économique pourrait permettre à l’Europe d’aller de l’avant. »

Aucun « média autorisé » n’a relevé cette réunion de la Commission Trilatérale, hormis quelques quotidiens irlandais, dont Independant.ie (2)

 

Ce dispositif permet surtout de soutenir en amont les banques européennes impliquées dans la dette grecque, en mettant de « l’huile dans les rouages », de sorte à éviter que le moteur ne ralentisse au-delà du nécessaire. Il est en effet utile de faire chuter l’euro jusqu’à ce qu’il atteigne la parité avec le dollar et permette (sous prétexte de « satisfaire les marchés », comme l’a indiqué Brian Cowen) la mise en place des mesures d’austérité semblables à celles qui ont été imposées à la Grèce ces dernières semaines (abandon des régimes sociaux, augmentations des taxes et impôts, réduction des salaires, allongement de la durée du travail, etc.). Ces 750 milliards n’existant pas dans les caisses européennes, il faudra donc les emprunter sur les marchés financiers pour les offrir aux États qui en feront ensuite cadeau aux banques.

 

La nouvelle politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) devrait encore contribuer l’affaiblissement de l’euro, puisqu’elle est maintenant autorisée à recourir à la “planche à billets”. Jean-Claude Trichet a beau répéter que la BCE n’a pas l’intention de le faire, le lancement hier d’une opération spéciale d’absorption de liquidités afin de neutraliser l’effet inflationniste de ses achats d’obligations d’État ne signifie rien d’autre. Une information qui nous parvient à l’instant (3) indique que la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) conseille d’avancer l’adhésion à la zone euro de la Lettonie, de la Pologne et de la Hongrie au 1er janvier 2011 au lieu de 2015. On joue donc à nous faire peur quand on nous indique que la monnaie unique est menacée. Elle est seulement en pleine reconfiguration, afin de devenir plus « concurentielle ».

Dans un réajustement de leur propagande, les officines de désinformation médiatique voudraient maintenant faire croire que la chute de l’euro est une chance pour les populations, cela dans le but d’apaiser les mouvements de contestation qui commencent à gronder un peu partout. Il ne s’agit en réalité que de semer la confusion dans les esprits au moment où l’élite européiste prépare un nouveau catalogue de mesures (dont les premières seront annoncées vendredi soir après une réunion de l’Eurogroupe) afin d’assujettir une fois pour toutes les nations européennes, et en premier lieu le Portugal et l’Espagne, pour lesquels les agences de notations ne devraient pas tarder à dégrader la note de la dette.

Bien sûr la chute de l’euro profite à l’Allemagne, comme nous l’avons déjà indiqué (4). Ses exportations ont progressé de 20,5 % par rapport à mars 2009 et bondi de 34,7 % vers les pays non européens. Mais concernant la France c’est un pur mensonge, mis à part pour les producteurs de champagne, de cognac et les fabricants de sacs à main. Les  exportations françaises dépendent davantage de « gros contrats » liés aux transports, au nucléaire et aux ventes de matériel militaire, qui ne bénéficient pas directement d’une baisse de la monnaie unique.

 

Mais peu importe car, pour nos gouvernements, chaque journée permet un nouveau mensonge. Celui du jour prétend que, sous couvert d’égalité, il est nécessaire de baisser les retraites des hommes, car leurs allocations sont plus élevées que celles des femmes. Demain, on nous dira qu’il faut abaisser celles des femmes, car elles vivent plus longtemps. Puis ensuite, pourquoi ne pas privatiser l’ensemble des écoles ? Pourquoi ne pas prendre exemple sur les Chinois, qui dorment sur le lieu de travail, comme le proposait il y a peu cet imbécile de de Serge Dassaut ? Pourquoi ne pas payer une taxe dès la naissance, sorte de droit de vie, renouvelable tous les trimestres, un peu comme l’impôt sur les chiens tel qu’il est déjà pratiqué en Allemagne ? Pourquoi ne pas nous dire, finalement, une vérité, de temps en temps : pour l’État, le citoyen est un mal nécessaire. A peu près supportable tant qu’il est rentable, mais tout a fait méprisable lorsque les nuages s’amoncellent.

 

Mecanopolis

 

 

Notes :

1. Au sujet de la Trilatérale, voir cet article du 10 mai 2010

2. L’excellent blog Rénovez Maintenant 67 revient en détail sur les manipulations autour de la crise des Etats, et Science21 consacre de nombreux articles sur l’actualité du groupe Bilderberg et la Commission Trilatérale.

3. Information envoyée ce soir par notre camarade Clovis Casadue, issue de sa chronique à paraitre jeudi dans la revue FLASH

4. Lire à ce sujet notre article du 23 mars 2010


Source : mecanopolis





Reproduction libre avec indication des sources

et Antoine Decaen

En réalité, ce n’est pas l’euro qui est menacé, mais les peuples d’Europe.

Par contre, la hausse du billet vert par rapport à la devise européenne ne manquera pas de plomber les secteurs qui dépendent de produits importés en provenance de la zone dollar, notamment le pétrole et les matières premières. Une perspective qui ne manquera pas de faire chuter encore la croissance des pays de la zone euro, et qui aura une conséquence directe sur les emplois et le pouvoir d’achat.

L’euro est-il vraiment en danger ?

A qui profitent les 750 milliards du « plan d’aide »  ?