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C'est un réel sujet, dont il ne faut pas avoir peur, car je rappelle que l'anonymat sur internet est un mythe, nous avons toutes et tous une adresse IP sur le réseau et le gouvernement a des outils très poussés pour identifier les gens en ligne sur les réseaux sociaux.

Aussi si vous êtes victime de cyberharcèlement ne restez pas sans rien faire et portez plainte. Et puis rassurez-vous avec la vidéo surveillance avec reconnaissance faciale en temps réel que le gouvernement essaye tranquillement d'instaurer pour les JO de 2024, il y aura peut être bientôt la possibilité de poursuivre le harcèlement de rue en temps réel aussi...., et puis si vous ne traversez pas dans les clous... etc.... et puis après on en viendras à prédire, 'ce que vous pourriez faire ou penser'....

Voilà la société qui nous attend.... L'enfer est pavé de bonnes intentions....

 

Un jour, Marion poste une vidéo sur internet pour dénoncer le harcèlement de rue. Julie, elle, écrit un article sur les gérants d'un bar à cocktail vantant l’esprit colonial. Ni l’une ni l'autre ne se doutent qu’elles vont devenir les victimes d’un véritable déferlement de haine en ligne.

Cyberharcellement
La haine en ligne Crédits : Justin Paget - Getty

Les histoires sont nombreuses. Elles commencent par la mise en ligne d'une chanson que certains n'ont pas trouvé réussie, un sketch qui n’a pas rencontré le goût de tous ou une analyse qui a créé polémique. En somme, pas grand-chose. Oui mais voilà, ce fait qui aurait pu ou dû rester anecdotique prend de l’ampleur et, alors, la réception peut devenir d’une violence impitoyable. 

Aujourd’hui deux histoires où la haine en ligne provoque la souffrance dans la vraie vie. Marion et Julie, toutes-deux victimes de cyberharcèlement, témoignent. Leur faute : pour l'une, avoir publié une vidéo dénonçant le harcèlement de rue et, pour l'autre, avoir écrit un article de presse révélant l'apologie du colonialisme dont se rendait coupable un bar à cocktails lyonnais. 

- Marion a 30 ans. Elle est une comédienne, scénariste et vidéaste de renom. En mai 2016, elle publie une vidéo sur le harcèlement de rue et, dès juin, elle devient l'objet d'une haine collective et presque exclusivement masculine, de menaces de morts, d'agressions systématiques.

« Mon cyberharcèlement a commencé au moment des jeux olympiques, je pensais donc que les gens auraient autre chose à faire. Eh bien non, me harceler était le sport le plus intéressant. »

« Pendant les deux ans où je me suis faite harceler, il n'y a du y avoir que 4 femmes sur 40 000 menaces de morts et insultes. »

Dès lors, des "raids organisés" s'attèlent à l'attaquer sur chacune de ses productions, qu'elles soient politiques ou non, faisant de sa vie quotidienne un calvaire.

« J'en venais à avoir peur de l'espace public. C'est très étrange de se sentir haïe, de savoir qu'il y a des gens sur cette terre qui veulent qu'on meure. »

« Il s'est reproduit le schéma que je dénonçais dans ma vidéo. On m'a dit que c'était à moi, c'est à dire la victime, de changer de comportement. »

Insultée par des pseudonymes et ne disposant que de peu d'outils juridiques, se défendre devenait une tâche impossible. Beaucoup des marques, de collègues et des diffuseurs ont cessé de collaborer avec elle tant chacune de ses apparitions était sujette à d'incessantes cabales haineuses. Souvent accablée, Marion ne s'est pas contentée de subir et, face à ce phénomène démesuré, a estimé qu'il était d'autant plus nécessaire de poursuivre son combat avec une implication redoublée. 

- Julie est une journaliste lyonnaise de 37 ans. Il y a 3 ans, on lui commande un articule sur un bar dans un journal local. Elle s'y rend, commande un cocktail et des tapas, et interviewe les tenanciers. Ceux-ci commencent à lui parler de l'époque coloniale comme "accueillante". Quand elle les questionne sur l'esclavage, ils lui est indiqué qu'il ont placé des photos à ce sujet dans les toilettes.

Avec l'appui de son rédacteur en chef, elle décide de publier un article pour dénoncer cette expérience. Les réseaux sociaux s'emballent immédiatement. Beaucoup partagent son indignation, quelques-uns troll et, surtout, elle découvre, par le biais d'un profil anonyme, une publication particulièrement haineuse à son encontre. Cette publication regroupe menaces de morts et et de viols, appels au meurtre et au harcèlement, racisme, fascisme dans le cadre d'un sexisme et d'un néonazisme assumé. 

S'en suivent deux autres articles du même acabit où son adresse est divulguée, provoquant un flot de haine, des gens l'attendant devant chez elle où sonnant à sa porte à trois heures du matin...

« Quand j'ai avertit la police, on m'a répondu que tant qu'il ne m'était physiquement rien arrivé, ils ne pouvaient rien faire. Ca ne participe pas de la réparation. »

« Le cyberharcèlement est compliqué à faire comprendre car il est impalpable. Ce n'est pas parce que c'est invisible que ça n'existe pas, ça se loge dans tous les pores de la peau. »

Ce traumatisme a toujours de graves répercussions sur sa santé physique et psychologique et l'a menée à abandonner l'enseignement qu'elle donnait à l'université. Julie a déposé cinq plaintes contre ses agresseurs dont l'un a pris l'avocat d'Alain Soral et Dieudonné dans le cadre d'une audience qu'elle qualifie de "pleine de haine".

Contre toute attente, Julie a perdu son procès en appel:

Son harceleur a été relaxé pour vice de procédure.

Reportage : Noémie Landreau 

Réalisation : Yaël Mandelbaum

Merci à  Julie Hainaut, Marion Séclin et Simon Piel.

Chanson de fin: "Long live the (D)evil" de Moriarty, Album : Epitaph, Label: Air Rytmo, 2015

Source(s) : Franceculture.fr via odilon sur SeenThis

Informations complémentaires :

 

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