La milice de Kadhafi tire sur les manifestants à Tripoli

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Alors, bien sûr, la Libye est sur toutes les lèvres. Mais pour cette page internationale, je ne serai pas complet ce matin en n'évoquant pas l'Irak, la Côte d'Ivoire, la Tunisie, le Yémen ... (informations complémentaires). Alors que cela se calme en Algérie, et que le Maroc reste étonnamment calme, tout le monde est tétanisé et focalisé sur la Libye, où sous les yeux ébahis, une communauté internationale immobile, est sous le choc et accroc à son précieux pétrole... Un autre Trojan illuminé résiste au formatage... Alors que sur place c'est un véritable massacre ! Vous l'estimez à combien le baril de brent de la révolution libyenne ? Je rappelle que, même si des cas isolés de membres de l'armée ont quitté le leader en plus de sa garde prétorienne, il garde la main sur 6 des 7 compagnies de 20,000 hommes composées de militaires et de mercenaires professionnels, certainement armés de ce qui se fait de mieux sur le 'libre marché' (par exemple en provenance de France ?). Comme vous allez le lire ci-dessous, alors que le territoire semble bloqué, et qu'il annonce vouloir armer ses partisans, forcément ça s'annonce viril... Pour info, Mouammar Kadhafi 1.0 est un virus qui résiste depuis 42 ans à une tentative de désinstallation par an... Je vous ai mis ci-dessous son discours d'hier hallucinant, c'est tragique... Cela va-t-il finir comme avec Hitler ?

Update 02.09.2011, Avec du recul il est intéressant de prendre connaissance de cette information : Libye - Le principal motif de l'agression : le Dinar Or (VOSTF)

BENGHAZI, Libye (AP) — Face à l'intransigeance de Moammar Kadhafi, le sentiment d'urgence s'est accru vendredi au sein de la communauté internationale, qui multipliait les réunions pour tenter d'arrêter le bain de sang en Libye. Au même moment à Tripoli, les forces fidèles au dirigeant libyen tiraient sur des manifestants qui tentaient d'organiser leur premier grand rassemblement dans la capitale depuis plusieurs jours.

Illustration spectaculaire du délitement du pouvoir de Tripoli, la mission libyenne auprès des Nations unies à Genève a démissionné collectivement vendredi en pleine session extraordinaire du Conseil des droits de l'Homme sur la Libye. Les ambassadeurs libyen à Paris, auprès de l'UNESCO et à Lisbonne ont fait de même, ainsi que le plus haut diplomate libyen en Suède.

Malgré cela, le colonel Kadhafi promet toujours d'écraser la rébellion et de "défendre la nation". Le "Guide" s'est adressé une nouvelle fois à ses partisans, cette fois depuis les remparts du "Château rouge", un fort historique surplombant la place Verte, dans le centre de Tripoli, où s'étaient massés environ un millier de personnes agitant des portraits du dirigeant et des drapeaux verts.

Le poing levé, il les a appelés à "riposter" et "se préparer à défendre la nation et défendre le pétrole, la dignité et l'indépendance". Au "moment voulu, nous ouvrirons les dépôts d'armes pour que tous les Libyens et les tribus s'arment, et que la Libye devienne rouge de feu", a-t-il affirmé.

L'un de ses fils, Saïf al-Islam, assurait de son côté dans un entretien à CNNTurk que sa famille allait "vivre et mourir en Libye".

Dans les villes rebelles de l'Est, des dizaines de milliers de personnes ont défilé pour soutenir les manifestants de Tripoli. Ces derniers avaient afflué dans le centre de la capitale, près de la place Verte, à la sortie de la prière du vendredi dans les mosquées, en scandant des slogans réclamant le départ de Kadhafi.

Ils ont trouvé sur leur route des soldats et des miliciens qui ont ouvert le feu, notamment depuis des toits, selon des témoins. L'un d'eux a dit avoir vu trois manifestants tués dans le secteur de Souq al-Jomaa proche de la place et un autre faisait état d'un quatrième mort dans un autre quartier, Fashloum, des informations qui ne pouvaient être confirmées dans l'immédiat.

Des hommes armés ont tiré sur des milliers de personnes qui se dirigeaient vers le centre-ville depuis Tajoura, un quartier pauvre de l'est de Tripoli, selon un participant qui disait avoir vu un homme près de lui recevoir une balle dans la nuque. D'autres signalaient des tirs près de la place Verte même, où des dizaines de miliciens ont tiré en l'air pour disperser des manifestants venant d'une mosquée voisine.

"La situation est chaotique dans certaines parties de Tripoli en ce moment, disait un autre témoin, qui faisait partie des protestataires dans la place d'Algérie voisine. Il a dit avoir vu des miliciens tirer en l'air. Des partisans de Kadhafi armés fonçaient en voiture dans certaines rues. Des habitants terrés chez eux signalaient également des tirs dans d'autres parties de la capitale.

Les opposants au régime avaient appelé à défiler après la prière du vendredi, dans la première tentative de manifestation contre Kadhafi depuis que des miliciens ont lancé une répression sanglante contre des manifestants en début de semaine, laissant des dizaines de morts. Les messages envoyés sur les portables exhortaient les habitants de Tripoli à faire "de ce vendredi, le Vendredi de la Libération", selon des témoins.

Les forces loyales à Kadhafi ont exercé une féroce répression sur Tripoli, au coeur du territoire restant encore sous le contrôle du Guide de la révolution, au pouvoir depuis 1969. Depuis les premières manifestations le 15 février dernier, les anti-Kadhafi contrôlent quasiment toute la moitié Est du pays.

Même dans la région du nord-ouest autour de la capitale, plusieurs villes sont tombées aux mains de la rébellion. Les miliciens et troupes qui tentaient de regagner des territoires conquis par l'opposition dans les villes de Zaouia et Misurata ont été repoussées dans des combats qui ont fait au moins 30 morts. L'opposition disait aussi contrôler désormais deux des principaux ports pétroliers du pays, Brega et Ras Lanouf, dans le golfe de Syrte.

Vendredi à Genève, la Haut commissaire aux droits de l'Homme auprès de l'ONU, Navi Pillay, a estimé que des milliers de personnes avaient probablement été tuées par les forces de sécurité libyennes, et exhorté la communauté internationale à "intervenir".

Réuni en session extraordinaire, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a condamné à l'unanimité l'attitude de la Libye, ordonné l'ouverture d'une enquête sur de possibles crimes contre l'humanité et recommandé la suspension du pays de l'instance, ce qui constituerait une première.

Plus tard dans la journée, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon devait participer à une réunion du Conseil de sécurité pour discuter de sanctions contre la Libye.

Une réunion d'urgence de l'OTAN sur la Libye était également organisée vendredi, au cours de laquelle pourrait être discuté le déploiement de navires et avions de surveillance en Méditerranée. Selon son secrétaire général Anders Fogh Rasmussen, l'Alliance ne compte en revanche pas intervenir en Libye, une telle action requérant de toute façon un mandat de l'ONU.

"Notre position est claire. Monsieur Kadhafi doit partir", a lancé le président français Nicolas Sarkozy, depuis Ankara. Il a en revanche exprimé la "réserve" de la France quant à une intervention armée. AP

Source : Le Nouvel Obs

Informations complémentaires :

France-Soir : Sarkozy : "Kadhafi doit partir"
20 Minutes : Libye: Kadhafi s'accroche à un pouvoir de plus en plus limité
20 Minutes.fr : Les réfugiés de Libye, une future crise humanitaire?