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Encore une fois, Éric Ciotti nous emmène vers la dictature. S’il était interdit de filmer les policiers on ne serait pas informé de tout leurs abus. Cette loi est dangereuse, à la faveur du confinement, les policiers se sentent pousser des ailes, on l'a encore vu récemment. Je suis désolé, mais bien souvent la seule chose qui les retient, c'est le fait d'être filmé, et ils n'hésitent pas à casser les téléphones des gens qui les prennent en flagrant délit d'abus d'autorité.

Interdictions Photos Policiers 01 06 2020
    Une arrestation à Nice, le 6 avril 2020. (Image d’illustration) (Arié Botbol/Hans Lucas via AFP)

Une pétition a été lancée sur le site Change.org, dénonçant un texte liberticide et compromettant la dénonciation des violences policières.

Sa proposition de loi déclenche une polémique. Au lendemain de la mort de George Floyd au cours d’une arrestation violente aux Etats-Unis, qui a provoqué des manifestations dans toute la ville de Minneapolis, le député LR Eric Ciotti a déposé un texte visant à interdire toute diffusion d’images des forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions. Une initiative qui a attiré l’attention du journaliste David Dufresne, spécialiste des violences policières, qui a signalé la proposition de loi du député des Alpes-Maritimes dans un message publié sur Twitter mercredi.

La proposition de loi, qui projette d’amender la loi de 1881 sur la liberté de la presse, prévoit une amende de 15.000 euros et un an d’emprisonnement pour toute « diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel que soit le support, de l’image des fonctionnaires de la police nationale, de militaires, de policiers municipaux ou d’agents de douanes ».

Le parlementaire justifie ce texte par la volonté de protéger les forces de l’ordre ainsi que leurs familles : « La prise d’images de représentants de forces de l’ordre en intervention et leur diffusion sur divers médias, notamment les réseaux sociaux, peut constituer un risque pour chacun d’entre eux et leur famille », peut-on lire sur le document.

L’objectif est de « protéger les policiers », martèle également Alliance Police nationale, un des syndicats à l’origine de la proposition de loi, dans un tract diffusé sur Twitter.

« Des éléments de preuves »

Depuis, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer un texte liberticide, menaçant de compromettre la dénonciation de violences policières. C’est ainsi que le jeudi 28 mai, une pétition a été lancée sur le site Change.org, pointant que les réseaux sociaux sont souvent le « seul moyen de communication permettant de se rappeler de ces victimes […], et particulièrement les vidéos ».

Dans un communiqué [PDF], cosigné par une vingtaine d’associations et de journaux indépendants, le Syndicat national des Journalistes (SNJ) alerte sur le fait que renforcer l’anonymat des forces de l’ordre participerait de leur impunité : « Sans ces vidéos, la réalité des violences policières resterait trop souvent invisibilisée, niée dans son existence même », détaille le texte.

En effet, ces images, qui ont « permis à la société entière de progresser dans la prise de conscience de l’existence des violences policières », constituent des « éléments de preuves pour la justice, comme pour la mort de Cédric Chouviat, d’Aboubakar Fofana, et d’autres victimes », souligne le communiqué. Le SNJ va plus loin et exhorte à « renforcer les possibilités de leur identification dans le but de prévenir les violences policières ».

Atteinte à la liberté de la presse

Le SNJ s’inquiète également du caractère liberticide du texte : « Filmer, photographier, enregistrer les forces de l’ordre dans l’exercice de leur métier est un droit et doit le rester []  Il en va de la liberté de la presse », défend-il. Sur Twitter, le syndicat dénonce notamment « une nouvelle tentative de museler l’information, la liberté d’informer et d’être informé ».

Sa proposition de loi déclenche une polémique. Au lendemain de la mort de George Floyd au cours d’une arrestation violente aux Etats-Unis, qui a provoqué des manifestations dans toute la ville de Minneapolis, le député LR Eric Ciotti a déposé un texte visant à interdire toute diffusion d’images des forces de l’ordre dans l’exercice de leurs fonctions. Une initiative qui a attiré l’attention du journaliste David Dufresne, spécialiste des violences policières, qui a signalé la proposition de loi du député des Alpes-Maritimes dans un message publié sur Twitter mercredi.

La proposition de loi, qui projette d’amender la loi de 1881 sur la liberté de la presse, prévoit une amende de 15.000 euros et un an d’emprisonnement pour toute « diffusion, par quelque moyen que ce soit et quel que soit le support, de l’image des fonctionnaires de la police nationale, de militaires, de policiers municipaux ou d’agents de douanes ».

Le parlementaire justifie ce texte par la volonté de protéger les forces de l’ordre ainsi que leurs familles : « La prise d’images de représentants de forces de l’ordre en intervention et leur diffusion sur divers médias, notamment les réseaux sociaux, peut constituer un risque pour chacun d’entre eux et leur famille », peut-on lire sur le document.

L’objectif est de « protéger les policiers », martèle également Alliance Police nationale, un des syndicats à l’origine de la proposition de loi, dans un tract diffusé sur Twitter.

« Des éléments de preuves »

Depuis, de nombreuses voix se sont élevées pour dénoncer un texte liberticide, menaçant de compromettre la dénonciation de violences policières. C’est ainsi que le jeudi 28 mai, une pétition a été lancée sur le site Change.org, pointant que les réseaux sociaux sont souvent le « seul moyen de communication permettant de se rappeler de ces victimes […], et particulièrement les vidéos ».

Dans un communiqué [PDF], cosigné par une vingtaine d’associations et de journaux indépendants, le Syndicat national des Journalistes (SNJ) alerte sur le fait que renforcer l’anonymat des forces de l’ordre participerait de leur impunité : « Sans ces vidéos, la réalité des violences policières resterait trop souvent invisibilisée, niée dans son existence même », détaille le texte.

En effet, ces images, qui ont « permis à la société entière de progresser dans la prise de conscience de l’existence des violences policières », constituent des « éléments de preuves pour la justice, comme pour la mort de Cédric Chouviat, d’Aboubakar Fofana, et d’autres victimes », souligne le communiqué. Le SNJ va plus loin et exhorte à « renforcer les possibilités de leur identification dans le but de prévenir les violences policières ».

Atteinte à la liberté de la presse

Le SNJ s’inquiète également du caractère liberticide du texte : « Filmer, photographier, enregistrer les forces de l’ordre dans l’exercice de leur métier est un droit et doit le rester []  Il en va de la liberté de la presse », défend-il. Sur Twitter, le syndicat dénonce notamment « une nouvelle tentative de museler l’information, la liberté d’informer et d’être informé ».

Toutefois, la proposition de loi n’aurait que de minces chances d’être votée. « Certaines organisations syndicales nous ont demandé l’interdiction de filmer les policiers en manifestation. Une proposition que nous avons écartée », confie ainsi Laurent Nuñez, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, dans un entretien publié dans le quotidien « Libération » ce vendredi.

A noter que ce n’est pas la première initiative en la matière : en décembre, le sénateur Jean-Pierre Grand avait déposé un amendement semblable en commission des Lois, invoquant de la même façon la sécurité des policiers. Jugé non recevable, l’amendement avait été rejeté par le Sénat.

 

M. G.

Source : Nouvelobs.com

 

 

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